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	<title>Anaël Bisson - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/author/anael-bisson/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 05 Apr 2022 22:42:36 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Concours: La vengeance est un plat qui ne se mange pas</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/04/06/concours-la-vengeance-est-un-plat-qui-ne-se-mange-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anaël Bisson]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Apr 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Visuelles]]></category>
		<category><![CDATA[concours]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[création visuelle]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[vengeance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous trouverez ici les trois gagnant·e·s du quatrième concours de création du Délit, organisé en collaboration avec la Comission des affaires francophones à l’occasion de la Francofête. Les participant·e·s devaient traiter de l’un des deux thèmes suivants dans leur oeuvre&#160;: «&#160;Vengeance – les nappes saignent de cire de bougie » et «&#160;Je déteste&#160;».&#160; 350 FAHRENHEIT&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/04/06/concours-la-vengeance-est-un-plat-qui-ne-se-mange-pas/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Concours: La vengeance est un plat qui ne se mange pas</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/04/06/concours-la-vengeance-est-un-plat-qui-ne-se-mange-pas/" data-wpel-link="internal">Concours: La vengeance est un plat qui ne se mange pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Vous trouverez ici les trois gagnant·e·s du quatrième concours de création du </em>Délit<em>, organisé en collaboration avec la Comission des affaires francophones à l’occasion de la Francofête. Les participant·e·s devaient traiter de l’un des deux thèmes suivants dans leur oeuvre&nbsp;: «&nbsp;Vengeance – les nappes saignent de cire de bougie » et «&nbsp;Je déteste&nbsp;».&nbsp;</em></p>



<p></p>



<p><strong>350 FAHRENHEIT</strong></p>



<p>Anaël Bisson – <em>Première place</em></p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p>Dîner aux chandelles&nbsp;</p>



<p>Dans notre appartement enflammé</p>



<p>Ce soir, mon sang te sert de cire&nbsp;</p>



<p>mes auriculaires de cigarettes</p>



<p>mes cuisses de pièce de résistance</p>



<p>mes cils d’assaisonnement&nbsp;</p>



<p>Ce soir, tu me mangeras toute crue</p>



<p>Je te noircirai l’intérieur</p>



<p>Je décaperai le papier peint de tes poumons&nbsp;</p>



<p>Je peindrai ton dos de morsures</p>



<p>Tu ne seras que décombres</p>
</div></div>



<p>On appellera ça un lundi soir</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p>Une lampée de cyanure</p>



<p>Une gorgée de vin&nbsp;</p>



<p>Une croquée de fruit à peine mûr&nbsp;</p>



<p>Tu fais semblant d’avoir faim</p>



<p>Pendant que notre cabane flambe</p>



<p>Tu fais semblant de ne pas entendre&nbsp;</p>



<p>les miaulements du chat&nbsp;</p>



<p>qui fond sous le canapé&nbsp;</p>



<p>Tu fais semblant de ne pas sentir&nbsp;</p>



<p>Notre attachement qui s’embrase&nbsp;</p>



<p>Notre tendresse en combustion</p>
</div></div>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p>On mélangera notre bain moussant à leurs tisons</p>



<p>Et on se noiera dedans</p>
</div></div>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p>Je déguste mais</p>



<p>j’ai les nerfs à vif</p>



<p>Ton front coule dans l’assiette</p>



<p>Et nos bagues sur nos fourchettes</p>



<p>J’ai vraiment cru qu’elles resteraient de la couleur</p>



<p>de la vingtaine et des baisers de matin</p>



<p>Mais ce soir elles ne sont plus que rouille&nbsp;</p>



<p>vert-de-gris et fausses promesses</p>
</div></div>



<p>On les portera jusqu’à ce que le métal touche l’os&nbsp;</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p>Assieds en tailleur sous le restant de table à manger</p>



<p>On se regarde dans les yeux</p>



<p>Les tiens sont secs</p>



<p>Et mes larmes à moi n’éteindront rien</p>



<p>Je te demande qui va quitter en premier</p>



<p>Tu me dis que tu te plais bien ici</p>



<p>Je te crache au visage</p>



<p>Ça part en fumée</p>



<p>Je te réponds qu’il y a plus à voir dans ce monde</p>



<p>Que nos cendres entremêlées</p>



<p>Tu hausses les épaules&nbsp;</p>



<p>Te couches sur le dos</p>



<p>Fais des anges dedans</p>



<p>Sors la langue</p>



<p>Les attrapes</p>



<p>Ce n’est qu’une haine saisonnière&nbsp;</p>



<p>On ne prend même plus la peine</p>



<p>de faire semblant</p>



<p>de vouloir se dire au revoir</p>
</div></div>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p>Nous autres, on s’hait&nbsp;</p>



<p>et on fait l’amour dans l’âtre</p>
</div></div>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p>Nous autres, on s’hait&nbsp;</p>



<p>et on fera l’amour&nbsp;</p>



<p>au sommet de la cheminée</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>
</div></div>
</div></div>



<p><strong>Imaginaire défectueux</strong></p>



<p>Célia Pétrissans – <em>Deuxième place</em></p>
</div></div>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="nv-iframe-embed"><iframe title="Imaginaire défectueux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/PELQXeBPMzQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p></p>



<p></p>



<p><strong>Dictionnaire d’une tragédie</strong></p>



<p>Agathe Nolla – <em>Troisième place</em></p>



<p></p>



<p><strong>Bougie</strong><em> (nom féminin)</em></p>



<p>Appareil d’éclairage formé d’une mèche tressée enveloppée de paraffine qui décore les messes de Noël, les repas de famille, ou les cercueils des maris. Durant la cérémonie d’enterrement, elle dépose deux petites bougies blanches, de part et d’autre de la croix sculptée qui emprisonne celui qu’elle avait aimé. Elles se consomment et brûlent toute la grâce et la candeur de la jeune veuve.</p>



<p><strong>Cire</strong> <em>(nom féminin)</em></p>



<p>Matière molle, jaunâtre, produite par les abeilles, colorée dans la production de chandelles carmin, par exemple, qui ornementent la table du diner. En proposant du pain rompu au siège vide du commensal, sa maladresse bouscule la chandelle dont la cire gicle, formant deux perles luisantes qui se raidissent.</p>



<p><strong>Nappe</strong><em> (nom féminin)</em></p>



<p>Pièce de linge dont on recouvre la table pendant les repas. Rarement lavée, elle est sacrifiée pour préserver la virginité du bois, et souvent, devient un palimpseste d’émotions vomies, crachées, puis avalées. Ce soir-là, elle ne mange pas. Le menton collé au torse, des larmes se ruent contre les cils inférieurs et forment une cascade dédoublée à débit léger qui imprègne la nappe de deux flaques salées où gisent les gouttes de cire sèche.</p>



<p><strong>Saigner</strong> <em>(verbe intransitif)</em></p>



<p>Perdre du sang (sens propre) ; être le siège d’une vive souffrance (sens figuré) ; action nécessaire pour somatiser un décès (sens actuel). Brusquement, elle saisit la chandelle carmin et fait répandre son sérum brûlant le long de son avant-bras gauche, puis droit, avant de recouvrir sa poitrine. Elle fixe les sillons carmin sous lesquels son cœur palpite encore. Martyr, la bouche entre-ouverte, son regard dérive vers le plafond, hypnotisée par l’éclat du lustre, pour y trouver Dieu.</p>



<p><strong>Vengeance</strong><em> (nom féminin)</em></p>



<p>Action de se venger; dédommagement moral de l’offensée, elle, par punition de l’offenseur, Dieu. «Nous n’irons plus à l’église», pleure-t-elle. Elle souffle les bougies dont la fumée dessine des prochains schémas sournois.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Délier la poésie (Partie 3)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anaël Bisson]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2021 19:29:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[concours de poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45618</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sélection de poèmes pour conclure la troisième édition du concours.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vous trouverez, dans les prochaines pages, les cinq textes finalistes de la troisième édition du concours de poésie organisé par <em>Le Délit.</em> Le·a gagnant·e sera annoncé·e lors de notre édition du 24 novembre et se méritera le recueil de poésie <em>Les univers parallèles</em> de Laurie Bédard, gracieusement offert par la librairie Alire.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/CulturePoésieBaleine.jpg" alt class="wp-image-45488"><figcaption><span class="media-credit">alexandre gontier</span></figcaption></figure>



<p><strong>Anaël Bisson</strong></p>



<p><strong><em>Les baleines à brosses</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Les algues dans ta trachée</p>



<p>te rappellent les arômes de ton enfance</p>



<p>te rappellent ton père</p>



<p>viscosité des souvenirs passés date</p>



<p>qui te collent à la peau comme le sable te colle aux pieds</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Petite, il te disait de regarder par la fenêtre du wagon de métro</p>



<p>entre les traces laissées par tes doigts</p>



<p>pour mieux voir les tortues de mer&nbsp;</p>



<p>qui peuplaient les souterrains imaginaires</p>



<p>de cette ville engloutie par vos eaux&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu ne savais pas qu’il noierait ton innocence</p>



<p>sous les rues de Montréal</p>



<p>que l’intérieur de tes poumons serait habillé de mousse verte &nbsp;&nbsp;&nbsp; et de ménés grisâtres</p>



<p>que le fleuve s’infiltrerait &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; dans ton corps à toi</p>



<p>par les crevasses qu’il tailladerait &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; dans ses bras à lui</p>



<p>avec les mille et un fragments d’un seul corail&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu ne savais pas que les espèces marines de la ligne verte s’éteindraient</p>



<p>pour faire plus de place&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; aux fous qui errent sur les quais</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;plus de place &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; à tes vomis de lendemain de veille</p>



<p>après avoir léché trop de sel sur tes poignets&nbsp;</p>



<p>pour mieux te rappeler l’océan et oublier tout le reste</p>



<p>pour faire plus de place&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; à ses pulsions occasionnelles</p>



<p>d’apprendre à nager le crawl sous les rails</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; à tous ses plongeons manqués&nbsp;</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; ses frousses soudaines du tremplin jaune</p>



<p>devant le regard blasé des opérateurs</p>



<p>qui savent qu’il n’aime pas la sensation de l’eau dans ses narines</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;qu’il a peur de la décharge électrique</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;que les gens comme lui ne sautent jamais</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Depuis tes douze ans et trois quarts</p>



<p>tu te vantes d’avoir vu toutes les stations</p>



<p>comme si ça voulait dire autre chose</p>



<p>qu’aidez-moi-je-ne-vais-nulle-part</p>



<p>comme si tu ne connaissais pas comme seule étreinte</p>



<p>que celle du métal des tourniquets sur ton corps-calcaire</p>



<p>comme si la STM n’avait pas arraché le soleil à ta peau</p>



<p>comme si tu ne trouvais pas refuge dans la voix féminine&nbsp;</p>



<p>qui bégaie code 904 sur la ligne orange</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; on attend l’autorisation pour peut-être repartir mais</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; ne t’impatiente pas</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; de toute façon personne ne t’attends nulle part&nbsp;</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; code 904 sur la ligne orange</p>



<p>dans le creux de ton oreille</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Quand tu remontes à la surface</p>



<p>tu prends les escaliers roulants&nbsp;</p>



<p>tu laisses la voix des passants&nbsp;</p>



<p>remplacer les bourrasques dans ta tête</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu respires enfin&nbsp;</p>



<p>et dans les rues bondées&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on te regarde comme si tu n’étais pas née&nbsp;</p>



<p>d’un ricochet manqué&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; galet difforme</p>



<p>d’un french sans écume dans le parking du cinéma Imax</p>



<p>après un documentaire trop bleu sur les créatures abyssales</p>



<p>d’un interlude silencieux entre deux apnées de poudre</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on te touche comme si tu n’étais pas née&nbsp;</p>



<p>sous huit couches des sédiments&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; de moitiés d’hommes&nbsp;</p>



<p>sous la pression de leurs jointures&nbsp;&nbsp;&nbsp; sur les côtes de leurs femmes&nbsp;</p>



<p>Stromatolithe&nbsp;</p>



<p>conservée sous les couches de bouchons de lièges</p>



<p>de je-vous-salue-Marie chuchotés dans le placard&nbsp;&nbsp;&nbsp; et d’éclats de verres old-fashioned&nbsp;</p>



<p>moulée par les vibrations&nbsp;</p>



<p>des cris et des tirs d’un fusil de chasse</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on te parle comme si tu n’étais pas&nbsp;</p>



<p>un grain de sable dans une palourde vide</p>



<p>une presque perle &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; qui ne brille pas&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu oublies que c’est avec des morceaux de ton corps</p>



<p>qu’ils ont fait l’île Sainte-Hélène</p>



<p>que c’est toi qui es crucifiée sur le Mont-royal</p>



<p>que les bateaux du Vieux-Port</p>



<p>baignent dans les larmes de ta mère</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Le soir, dans ta chambre</p>



<p>tu tournes sans fin</p>



<p>en espérant que la force centrifuge</p>



<p>enlève l’eau dans tes poumons&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>et la mette à tes pieds</p>



<p>comme la mer qui les lavait</p>



<p>du sang sur lesquels ils ont marchés</p>



<p>avant même qu’il ne coule</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Ton corps est troué</em></p>



<p>tu le remplis de mauvais poèmes et de lait&nbsp;</p>



<p><em>le vent siffle au travers</em></p>



<p>tu hurles par dessus</p>



<p><em>chuchote ce qu’il manque &nbsp;&nbsp;&nbsp; au pli</em></p>



<p><em>de ton coude</em></p>



<p>le verre est toujours vide &nbsp;&nbsp;&nbsp; tu le cales et tu coules</p>



<p><em>les îles qui s’y glissent</em></p>



<p>Dérivent entre tes seins</p>



<p><em>les absences qui élargissent tes hanches</em></p>



<p>Dorment en cuillère avec toi la nuit</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>tu ne sais plus habiter la ville</em></p>



<p>tu l’embrasses les yeux fermés</p>



<p><em>lui invente des passants recousus</em></p>



<p>pour qui tu n’as pas de visage</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>ça résonne au-dedans de toi</em></p>



<p>comme tous leurs silences d’ailleurs</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>et le sel&nbsp;</em></p>



<p><em>remonte dans ta gorge.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Délier la poésie (Partie 2)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anaël Bisson]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2021 19:25:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[concours de poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45616</guid>

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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-text-align-right">Vous trouverez, dans les prochaines pages, les cinq textes finalistes de la troisième édition du concours de poésie organisé par <em>Le Délit.</em> Le·a gagnant·e sera annoncé·e lors de notre édition du 24 novembre et se méritera le recueil de poésie <em>Les univers parallèles</em> de Laurie Bédard, gracieusement offert par la librairie Alire.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/CulturePoésie-524x1000.jpg" alt class="wp-image-45489"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gontieralexandre/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexandre Gontier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Catherine Légaré</strong></p>



<p><strong><em>Le corps au calme</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu penses&nbsp;</p>



<p>comme tu respires</p>



<p>les grands airs salins</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu confonds un littoral avec ta mémoire</p>



<p>tu inventes des souvenirs</p>



<p>pour les hommes&nbsp;</p>



<p>qui s’échouent près de tes cuisses</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tes narines sont</p>



<p>des cavernes de cristal</p>



<p>où des noms résonnent en écho</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>un cri un SOS un appel à hier&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>l’infini traverse ta poitrine</p>



<p>une route galeuse</p>



<p>qui mène aux versants marins&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>c’est tout le fleuve qui coule entre tes jambes</p>



<p>tous les tremblements qui partent de ton corps</p>



<p>tout le monde qui s’abreuve à toi</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>la gorge au large tu hurles</p>



<p>et les albatros se reposent sur ta langue&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on fait des trésors de tes seins</p>



<p>des nénuphars de tes yeux</p>



<p>des pétales de tes lèvres</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu es observée au loin</p>



<p>une presqu’île aux mille légendes</p>



<p>ta bouche est un secret sur lequel je me repose</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>et j’ai un océan entier pour te bercer.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Pierre-Olivier Bergeron-Noël</strong></p>



<p><em><strong>Le fracas de tes ravages</strong></em></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Me cacher&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; vivre sous les ronces&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>quand ta langue déverse sa rouille&nbsp;</p>



<p>dans mes affres à vifs&nbsp;</p>



<p>feu garroché</p>



<p>tempête de sable dans la gorge</p>



<p>tout tangue</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu aboies&nbsp;</p>



<p>la sauvage calcification&nbsp;</p>



<p>de tes douleurs aux ombres d’écueils&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>l’asphyxie banalisée&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>ton épieu&nbsp;</p>



<p>plongé entre la glace et ton reflet&nbsp;</p>



<p>*</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu nous décomposes</p>



<p>et la bile renaît&nbsp;</p>



<p>sous la guillotine</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>entre les jours&nbsp;</p>



<p>mon visage ondule&nbsp;</p>



<p>près de ma carcasse étirée sur la rive</p>



<p>à l’odeur du soleil absent&nbsp;</p>



<p>je goûte le fer de mes gémissements</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>la lente corrosion des scarabées</p>



<p>l’incendie attendu</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>ton étreinte comme des barbelés</p>



<p>tes crachats&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>me trouent les viscères&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>nos corps&nbsp;</p>



<p>se brodent au mercure brûlant des heures&nbsp;</p>



<p>qui passent sans retour&nbsp;</p>



<p>*</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>la nuit dans mes rêves&nbsp;</p>



<p>le fer de ta coque se déchire&nbsp;</p>



<p>sur ta chair&nbsp;</p>



<p>&nbsp;j’en arrache les lamelles&nbsp;</p>



<p>comme des lattes pourries&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu hurles mais j’étouffe le fracas de tes ravages&nbsp;&nbsp;</p>



<p>avec des planches&nbsp;</p>



<p>et toute une artillerie de battements de cœur</p>



<p>que tu ne croyais plus jamais entendre&nbsp;</p>



<p>de mon vivant&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center"><meta charset="utf-8">***</p>



<p class="has-text-align-right"><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/" data-wpel-link="internal"><strong>Continuer à la troisième partie »</strong></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Délier la poésie (Partie 1)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anaël Bisson]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2021 16:33:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[concours de poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45587</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sélection de poèmes pour conclure la troisième édition du concours.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-4/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 1)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vous trouverez, dans les prochaines pages, les cinq textes finalistes de la troisième édition du concours de poésie organisé par <em>Le Délit.</em> Le·a gagnant·e sera annoncé·e lors de notre édition du 24 novembre et se méritera le recueil de poésie <em>Les univers parallèles</em> de Laurie Bédard, gracieusement offert par la librairie Alire.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Angelina Guo</strong></p>



<p><strong><em>Tu ne sais plus habiter ton corps</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>le lieu : to burst</p>



<p>ton corps est troué</p>



<p>le vent siffle au travers</p>



<p>chuchote &nbsp; &nbsp; ce qu’il manque au pli</p>



<p>de ton coude</p>



<p>les îles qui s’y glissent</p>



<p>les absences élargissent tes hanches</p>



<p>tu ne sais plus habiter la ville</p>



<p>lui inventes des passants recousus</p>



<p>ça résonne au-dedans de toi&nbsp;</p>



<p>et le sel</p>



<p>remonte dans ta gorge</p>



<p>and bursts</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>into a hollow knot</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu ne sais plus habiter ton corps</p>



<p>sa surface qui s’épluche</p>



<p>ne sais même plus</p>



<p>de quand date ce vent</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>de quel équilibre</p>



<p>est faite ta tête</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>même les hommes</p>



<p>qui parcourent tes artères</p>



<p>se plaignent de tes failles</p>



<p>ton toucher osseux</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>chuchotent&nbsp;</p>



<p>au creux de ton ventre</p>



<p> &nbsp; &nbsp; j’entends la mer</p>



<p> &nbsp; &nbsp; je n’y crois plus&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>et tandis que ton coude</p>



<p>s’enroule</p>



<p>autour de leur faim</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>le lieu se dissipe</p>



<p>ton armure rétrécit</p>



<p>ne laissant sur le lit</p>



<p>qu’une pelure de pomme&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Amélie Ducharme </strong></p>



<p><strong><em>Presque là</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>sens-tu que&nbsp;</p>



<p>je fonds sous&nbsp;</p>



<p>la couette que&nbsp;</p>



<p>je baigne dans&nbsp;</p>



<p>ce chaud de&nbsp;&nbsp;</p>



<p>5 heures 57&nbsp;</p>



<p>mais il manque&nbsp;</p>



<p>ton oreiller&nbsp;</p>



<p>je sais t’habiter&nbsp;</p>



<p>me sens-tu qui&nbsp;</p>



<p>sors les doigts puis saisis ce petit toi&nbsp;</p>



<p>appels récents&nbsp;</p>



<p>favoris j’ai&nbsp;</p>



<p>le choix&nbsp;</p>



<p>de fermer&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center">les yeux&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right">et fondre&nbsp;</p>



<p><em>allo?&nbsp;</em></p>



<p>à deux pas mais&nbsp;&nbsp;</p>



<p>me sens-tu&nbsp;</p>



<p>presque là&nbsp;</p>



<p>lève la couette et&nbsp;</p>



<p>tends-moi&nbsp;&nbsp;</p>



<p>l’oreiller</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p class="has-text-align-right"><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/" data-wpel-link="internal"><strong>Continuer à la deuxième partie »</strong></a></p>
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