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	<title>Alex DePani - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Mon, 18 Mar 2024 15:24:27 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Pharmaceutique : l’enjeu non prescrit à la COP15</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/01/18/pharmaceutique-lenjeu-non-prescrit-a-la-cop15/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex DePani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jan 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[poissons]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les effets secondaires méconnus des médicaments.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/01/18/pharmaceutique-lenjeu-non-prescrit-a-la-cop15/" data-wpel-link="internal">Pharmaceutique : l’enjeu non prescrit à la COP15</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vers 3h30 du matin le 19 décembre dernier, le président de la Conférence de Montréal sur la Biodiversité (COP15) Huang Runqiu a annoncé qu’un accord historique avait été conclu par les dirigeants mondiaux présents afin de ralentir la perte de biodiversité à travers la planète dans les années à venir. Tous les pays participants se sont engagés à protéger <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">30% de leurs terres</a>, de leurs territoires océaniques ainsi que de leurs zones côtières d’ici 2030. De plus, les délégués se sont entendus pour réduire de moitié <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le gaspillage alimentaire</a> et diminuer de 500 milliards de dollars à l’échelle mondiale les subventions annuelles aux industries nocives à la biodiversité. À titre de comparaison, seulement 17% des territoires sur l’ensemble de notre planète sont considérés comme «protégés» en 2022 ; ce pourcentage descend à 10% lorsqu’il est <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">question des zones marines</a>. De plus, à l’échelle mondiale, <a href="https://www.statista.com/statistics/1219836/global-food-waste-by-sector/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">près d’un milliard de tonnes</a> d’aliments sont perdus ou gaspillés annuellement et en 2019, près de <a href="https://www.iisd.org/system/files/2021-02/fossil-fuel-subsidies-canada-covid-19.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">600 millions de dollars</a> ont été versés en subventions à l’industrie pétrolière au Canada.</p>



<p>Malgré <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2022-12-19/cop15/un-accord-historique-adopte-dans-la-bisbille.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">les critiques</a> exprimées à l’égard du manque d’ambition de l’accord, le cadre adopté est une première sur plusieurs plans. Tel que mentionné dans l’<a href="https://www.delitfrancais.com/2023/01/11/cop15-bon-cop-bad-cop/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">article</a> paru dans la dernière édition du&nbsp;<em>Délit</em>, l’accord a été conclu en mettant en avant la place des femmes dans le processus décisionnel sur la perte de la biodiversité ainsi que celle du droit et du savoir des peuples autochtones lors des prises de décision. Bien que cela représente un pas dans la bonne direction, il ne faut pas se faire d’illusions : le cadre adopté est loin de couvrir toutes les bases. En effet, un enjeu bien précis a complètement été délaissé lors de la COP15 : l’impact de la consommation des produits pharmaceutiques sur les écosystèmes planétaires.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«Les dernières avancées technologiques en surveillance environnementale ont pourtant révélé un portrait assez sombre de l’effet de l’industrie pharmaceutique sur divers écosystèmes»</p>
</blockquote>



<p><strong>Pas juste pour les frères Kratt</strong></p>



<p>Avant d’aller plus loin, il est important de rappeler que la perte de biodiversité est un enjeu qui nous concerne tous. Le grand nombre d’espèces qui vivent sur Terre ont une utilité bien au-delà de leur présence sur un menu Steakhouse ou comme acteur vedette dans les épisodes de&nbsp;<em>Zoboomafoo</em>. En régulant les chaînes alimentaires ou en contribuant aux cycles de divers nutriments essentiels à la vie, certaines <a href="https://www3.carleton.ca/fecpl/courses/ESS.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">espèces de poissons</a> ainsi que <a href="https://academic.oup.com/bioscience/article/56/4/311/229003" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plusieurs espèces d’insectes</a> jouent un rôle pour maintenir la qualité de vie de l’espèce humaine. La situation des champs agricoles du comté de Mao en Chine est un exemple parfait des conséquences dramatiques que peut avoir la perte de biodiversité : la disparition de pollinisateurs naturels tels que l’abeille a mené à l’embauche de «<a href="https://bioone.org/journals/mountain-research-and-development/volume-32/issue-2/MRD-JOURNAL-D-11-00108.1/The-Human-Pollinators-of-Fruit-Crops-in-Maoxian-County-Sichuan/10.1659/MRD-JOURNAL-D-11-00108.1.full" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pollinisateurs humains</a>», armés de petits pinceaux et de pots de pollen. Ces méthodes frôlant le ridicule rendent la production de biens essentiels beaucoup plus difficile qu’elle devrait l’être dans des circonstances normales. En effet, on dépense temps, argent et énergie sur des processus qu’un écosystème en bonne santé serait en mesure d’effectuer sans aide. Cela va de soi pour toutes les économies, que ce soit celle d’une communauté autochtone au fin fond de l’Amazonie ou celle d’une communauté occidentale telle que la Californie.</p>



<p><strong>Des remèdes qui polluent?</strong></p>



<p>La perte de biodiversité peut donc avoir un impact négatif sur le fonctionnement des communautés. Au niveau de l’industrie, il est important de tenir responsable tout acteur ayant un rôle à jouer dans cet enjeu. Le premier coupable qui vient à l’esprit est naturellement l’industrie fossile. Certains pointeraient aussi du doigt l’industrie agroalimentaire ainsi que celle de la mode. Qu’en est-il de l’industrie pharmaceutique? Peu médiatisé, son impact sur la biodiversité semble passer sous le radar. Les dernières avancées technologiques en surveillance environnementale ont pourtant révélé un portrait assez sombre de l’effet de cette industrie sur divers écosystèmes, notamment sur les milieux de vie aquatiques. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«Il est possible de retrouver des traces de produits pharmaceutiques dans presque toutes les rivières et ruisseaux à travers le monde»</p>
</blockquote>



<p>Les ingrédients pharmaceutiques actifs (IPA), potentiellement nocifs pour la biodiversité, peuvent s’introduire dans les écosystèmes de deux manières principales. La première est la voie des eaux usées. En effet, les molécules des <a href="https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/174012/9789241508537_eng.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">IPA ne sont pas entièrement métabolisées</a> lorsqu’on les ingère ; après avoir été à la salle de bain, les IPA se retrouvent parmi les autres polluants dans nos égouts. Les molécules des IPA sont filtrées <a href="https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/174012/9789241508537_eng.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">beaucoup plus difficilement</a> que la majorité des déchets qui passent par l’usine de traitement des eaux usées. Ces déchets peuvent alors se retrouver dans les systèmes de canalisation d’eau potable ou bien se voir déchargés dans un<br>lac ou une rivière. Une autre voie de contamination des eaux usées résulte de la disposition volontaire de médicaments par les ménages : voyant que sa prescription de pilules est expirée, un citoyen peu soucieux pourrait bel et bien vider le contenu de sa boîte dans les toilettes. Ces médicaments expirés <a href="https://www.ijert.org/research/reuse-api-active-pharmaceutical-ingredients-from-expired-dosage-form-IJERTV8IS060251.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">contiennent toujours des IPA</a> et peuvent donc encore avoir un impact sur la biodiversité marine. De plus, l’élevage animal, que ce soit dans des fermes terrestres ou aquacoles, est une source majeure de contamination des écosystèmes. Lors de l’élevage des poissons, des médicaments comme la <a href="https://www.fda.gov/animal-veterinary/aquaculture/approved-aquaculture-drugs" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">chloramine‑T et la formaline</a>, sont souvent déversés directement dans les cages (en filet perméable), sans souci pour l’écosystème marin situé à l’extérieur de l’enclos.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«Il existe des preuves concrètes qu’une exposition chronique à la large famille de perturbateurs endocriniens, comprenant autant les pesticides que l’EE2, pourrait être responsable de problèmes de fertilité chez ces espèces marines ainsi que chez l’être humain»</p>
</blockquote>



<p><strong>Sérotonine déprimante</strong></p>



<p>Il est possible de retrouver des traces de produits pharmaceutiques dans <a href="https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/174012/9789241508537_eng.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">presque toutes les rivières et ruisseaux</a> à travers le monde. Heureusement, de nombreux IPA ne sont pas présents en <a href="https://pdf.sciencedirectassets.com/271852/1-s2.0-S0045653520X00063/1-s2.0-S0045653520305440/am.pdf?X-Amz-Security-Token=IQoJb3JpZ2luX2VjEF8aCXVzLWVhc3QtMSJIMEYCIQDjII4Ik74Uhf%2FsKOEII0aYpxsfo%2B%2FS3oUfZwn2OIriXAIhAPiXUvE0e6WP28vHgWyP%2BtdA6QBwWFmxuZVvbWO%2FHswIKtUECJj%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2FwEQBRoMMDU5MDAzNTQ2ODY1IgxD1ohM2%2F%2F85URnCaMqqQTBRUx3EG%2FbgiN7dLcrG%2BrdmO8Dtq4hck20bFXU5nNEGy4H8ayPPm4hhFdtC7B%2FwFrDuGgYpP0TA6RrqzEkzdxWIaeot%2B1jhDrOktQPgGjZJ6GH1XPFGjtdMabz6uaBHjxY9PBIa2ODPnD7YwHGtcXVF%2BpuWclICUnV%2FBjWzg%2BThIuVfHbVPZmjM0aDsNaSN7dwt4zJWZzX%2FR3tlMNpQiqq5hsEmEnYF2fGFAfmLbtPHSpIUAtdm9uLBnIOmLsfoNodgO2vPfwCt0PzDTM6Pm56EgHIwIPIvVwoTfAi4yBFW6InmxFSLp%2Bg3y4r79DpsJaEgPCgBVBDKuS4yiNodJkFlorw2X3BVBUFE3PAgS7qUch03mQrNP6Mg%2B3tZwrWtQrWLtoHyc8LvlnDlAcWsjm6ev%2F53hHkST%2BgnMk0cWpZ4H8YLKVLAYGCaUZN%2BXQjJPkfqX05GGs8o%2F8gBlDtJtewgk97LI%2BQdHFKtL9vMm27OPiss203tzIXVnI%2FpC70lAN1UM0RrF7wo9tuPL%2FpjixcYzmTl2ye4pVV5nTfoqmdA2kC%2B34jaPWWihjazpUpT29xltgenAcyutF1n7H2Ji2cp8EbvZFjYRxWU3Xbx0S7C3AVielJiOUNShRJ211TCdP7JtKPUuxvxGcNUSvEEnWlts5u5diVawClSypD2ymC%2BP5oK9JvY%2B9xRJD5GRY8axxOa43gYtqEaUA96ZJ84woCs8I8whHlIieRMKibjp0GOqgBJ06YDtLGJZ6HTGAmVpo7QQtl0shP4FSaP0EBq0NqcfoiYV2tTuG93h1HwljdMcN7JAH9KWo%2FQoYMJJT3yEJACUiNmF90R2QLp46jPzB7x8uyxifFzBoQMxO15Ebuc1j8%2FmAGUyuewNg3NGBP5NwPQsBIjRjAhnt48HO1iR3%2FvkqOqi1etXvoP%2F%2B2a8bfswOLkFVTBmvCdoqViM%2BPrIxDE4peYjtmSXhh&amp;X-Amz-Algorithm=AWS4-HMAC-SHA256&amp;X-Amz-Date=20221222T001042Z&amp;X-Amz-SignedHeaders=host&amp;X-Amz-Expires=300&amp;X-Amz-Credential=ASIAQ3PHCVTYUH5A26H6%2F20221222%2Fus-east-1%2Fs3%2Faws4_request&amp;X-Amz-Signature=55e0bfa8b898b8b0748d9946eb21881609562a8e907cf5109a7837c917af1fba&amp;hash=ba9f0e9597fcdf0ff25c243ff1388ebcf60339f2bc48e350c2af5f6b505d6f64&amp;host=68042c943591013ac2b2430a89b270f6af2c76d8dfd086a07176afe7c76c2c61&amp;pii=S0045653520305440&amp;tid=pdf-fbcbfacf-3fe1-4e42-b4de-cff945e17684&amp;sid=493f109925ec79444b682e648216aad50fedgxrqa&amp;type=client" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">concentration suffisante</a> pour présenter un danger imminent pour la santé des écosystèmes. La littérature scientifique mentionne tout de même qu’il est <a href="https://pdf.sciencedirectassets.com/271852/1-s2.0-S0045653520X00063/1-s2.0-S0045653520305440/am.pdf?X-Amz-Security-Token=IQoJb3JpZ2luX2VjEF8aCXVzLWVhc3QtMSJIMEYCIQDjII4Ik74Uhf%2FsKOEII0aYpxsfo%2B%2FS3oUfZwn2OIriXAIhAPiXUvE0e6WP28vHgWyP%2BtdA6QBwWFmxuZVvbWO%2FHswIKtUECJj%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2FwEQBRoMMDU5MDAzNTQ2ODY1IgxD1ohM2%2F%2F85URnCaMqqQTBRUx3EG%2FbgiN7dLcrG%2BrdmO8Dtq4hck20bFXU5nNEGy4H8ayPPm4hhFdtC7B%2FwFrDuGgYpP0TA6RrqzEkzdxWIaeot%2B1jhDrOktQPgGjZJ6GH1XPFGjtdMabz6uaBHjxY9PBIa2ODPnD7YwHGtcXVF%2BpuWclICUnV%2FBjWzg%2BThIuVfHbVPZmjM0aDsNaSN7dwt4zJWZzX%2FR3tlMNpQiqq5hsEmEnYF2fGFAfmLbtPHSpIUAtdm9uLBnIOmLsfoNodgO2vPfwCt0PzDTM6Pm56EgHIwIPIvVwoTfAi4yBFW6InmxFSLp%2Bg3y4r79DpsJaEgPCgBVBDKuS4yiNodJkFlorw2X3BVBUFE3PAgS7qUch03mQrNP6Mg%2B3tZwrWtQrWLtoHyc8LvlnDlAcWsjm6ev%2F53hHkST%2BgnMk0cWpZ4H8YLKVLAYGCaUZN%2BXQjJPkfqX05GGs8o%2F8gBlDtJtewgk97LI%2BQdHFKtL9vMm27OPiss203tzIXVnI%2FpC70lAN1UM0RrF7wo9tuPL%2FpjixcYzmTl2ye4pVV5nTfoqmdA2kC%2B34jaPWWihjazpUpT29xltgenAcyutF1n7H2Ji2cp8EbvZFjYRxWU3Xbx0S7C3AVielJiOUNShRJ211TCdP7JtKPUuxvxGcNUSvEEnWlts5u5diVawClSypD2ymC%2BP5oK9JvY%2B9xRJD5GRY8axxOa43gYtqEaUA96ZJ84woCs8I8whHlIieRMKibjp0GOqgBJ06YDtLGJZ6HTGAmVpo7QQtl0shP4FSaP0EBq0NqcfoiYV2tTuG93h1HwljdMcN7JAH9KWo%2FQoYMJJT3yEJACUiNmF90R2QLp46jPzB7x8uyxifFzBoQMxO15Ebuc1j8%2FmAGUyuewNg3NGBP5NwPQsBIjRjAhnt48HO1iR3%2FvkqOqi1etXvoP%2F%2B2a8bfswOLkFVTBmvCdoqViM%2BPrIxDE4peYjtmSXhh&amp;X-Amz-Algorithm=AWS4-HMAC-SHA256&amp;X-Amz-Date=20221222T001042Z&amp;X-Amz-SignedHeaders=host&amp;X-Amz-Expires=300&amp;X-Amz-Credential=ASIAQ3PHCVTYUH5A26H6%2F20221222%2Fus-east-1%2Fs3%2Faws4_request&amp;X-Amz-Signature=55e0bfa8b898b8b0748d9946eb21881609562a8e907cf5109a7837c917af1fba&amp;hash=ba9f0e9597fcdf0ff25c243ff1388ebcf60339f2bc48e350c2af5f6b505d6f64&amp;host=68042c943591013ac2b2430a89b270f6af2c76d8dfd086a07176afe7c76c2c61&amp;pii=S0045653520305440&amp;tid=pdf-fbcbfacf-3fe1-4e42-b4de-cff945e17684&amp;sid=493f109925ec79444b682e648216aad50fedgxrqa&amp;type=client" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">difficile d’évaluer</a> les effets à long terme d’une exposition chronique à un environnement contenant un mélange d’IPA, même s’ils sont présents en faible concentration. Un principe de précaution serait donc déjà une condition suffisante pour prêter attention à notre consommation de produits pharmaceutiques.</p>



<p>Les soucis ne s’arrêtent pas là. Même une faible concentration d’IPA peut modifier le comportement des écosystèmes après une courte période d’exposition. <a href="https://www.sciencedaily.com/releases/2010/07/100706204430.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Une étude</a> effectuée au Royaume-Uni en 2010 indique que la présence d’IPA provenant d’antidépresseurs dans les eaux côtières du pays influence le niveau de sérotonine du&nbsp;<em>Echinogammarus marinus</em>, une espèce de crevette essentielle à la bonne santé de l’écosystème de la région. Ces crustacés drogués modifient leur comportement : ils ont tendance à remonter plus proche de la surface qu’à l’accoutumée. Ces derniers se font donc cibles faciles pour les oiseaux de mer et pour les poissons qui sont leurs prédateurs. </p>



<p><a href="https://www.sciencedaily.com/releases/2010/07/100706204430.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Selon le Dr Alex Ford </a>de l’Institut des sciences maritimes de l’Université de Portsmouth, cette tendance, si elle se maintient, a le potentiel de complètement dérégler l’équilibre naturel de l’écosystème. Considérant que la quantité d’antidépresseurs prescrits au Royaume-Uni <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8450889/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a plus que triplé</a> dans les vingt dernières années et que les IPA de ces derniers finissent presque toujours dans l’hydrosphère, il y a raison de s’inquiéter de la survie de l’écosystème maritime dans les décennies à venir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Malgré l’impact prouvé des produits pharmaceutiques sur nos écosystèmes, il est désolant de voir qu’aucune des 23 cibles présentées lors du cadre de la COP15 ne mentionne cet enjeu »</p>
</blockquote>



<p><strong>Des poissons infertiles</strong></p>



<p>Les IPA contenant des<a href="https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/174012/9789241508537_eng.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> hormones</a> se sont également avérés être en mesure de causer de sérieux dommages aux écosystèmes marins. Des ingrédients tels que l’éthinylestradiol (EE2), présent dans presque toutes les pilules contraceptives, possèdent des <a href="https://www.researchgate.net/publication/6897082_Orlando_EF_Guillette_LJ_Jr_Sexual_dimorphic_responses_in_wildlife_exposed_to_endocrine_disrupting_chemicals_Environ_Res_104_163-173" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">propriétés nocives</a> similaires à d’autres polluants tels que les pesticides ou les détergents lorsqu’introduits dans un milieu aquatique. Il suffit d’une <a href="https://www.nature.com/articles/485441a" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">très faible concentration d’EE2</a> dans un écosystème pour avoir un impact sur la capacité de reproduction des espèces marines. En effet, cet œstrogène de synthèse peut, à très faible concentration, <a href="https://www.pnas.org/doi/full/10.1073/pnas.0609568104" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">affecter la fertilité</a> de plusieurs espèces marines lors d’une exposition chronique. Lors d’une expérience menée par une équipe de scientifiques canadiens en 2007, de faibles quantités d’EE2 (0,000005 partie par million) <a href="https://www.pnas.org/doi/full/10.1073/pnas.0609568104" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont été déversées</a> dans un lac situé au Nord-Ouest de l’Ontario afin d’observer l’effet de cet ingrédient sur la population de tête-de-boule (petit poisson servant de nourriture à la truite). Une altération du développement des gonades masculines a été observée chez l’espèce étudiée, menant à la quasi-disparition des têtes-de-boules de l’écosystème <a href="https://www.pnas.org/doi/full/10.1073/pnas.0609568104" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">après seulement sept ans d’exposition</a>. De nombreuses études ont démontré que plusieurs lacs et rivières à travers le monde contiennent des <a href="https://www2.gov.bc.ca/assets/gov/environment/air-land-water/water/waterquality/water-quality-guidelines/approved-wqgs/phacs-tech.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">concentrations d’EE2 supérieures</a> à celles utilisées dans l’expérience mentionnée ci-dessus.</p>



<p>Est-ce que cela pourrait aussi expliquer la <a href="https://www.preventionweb.net/publication/late-lessons-early-warnings-science-precaution-innovation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">baisse de fertilité</a> chez de nombreux autres animaux marins, tels que la loutre ou l’ours polaire? La communauté scientifique n’a pas encore été en mesure de prouver de <a href="https://www.preventionweb.net/publication/late-lessons-early-warnings-science-precaution-innovation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">lien de causalité.</a> Cependant, il existe <a href="https://www.who.int/publications/i/item/9789241505031" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des preuves concrètes</a> qu’une exposition chronique à la large famille de perturbateurs endocriniens, comprenant autant les pesticides que l’EE2, pourrait être responsable de problèmes de fertilité chez ces espèces marines ainsi que chez l’être humain. Cette inquiétude scientifique a fait son chemin dans la sphère politique : l’EE2 a été reconnu comme un <a href="https://www.nature.com/articles/485441a" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">IPA à réglementer</a> par la Commission européenne en 2012. Peu d’actions concrètes ont suivi : incorporer une technologie qui permettrait de filtrer les IPA tel que l’EE2 au traitement des eaux usées a été considéré <a href="https://www.preventionweb.net/publication/late-lessons-early-warnings-science-precaution-innovation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">beaucoup trop dispendieux</a>. D’autres actions, telles qu’implanter des réglementations <a href="https://www.preventionweb.net/publication/late-lessons-early-warnings-science-precaution-innovation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">forçant les compagnies pharmaceutiques</a> à développer des produits plus sécuritaires, n’ont pas été considérées. Les projets de réglementation du EE2 en Europe sont au point mort ; d’autres pays <a href="https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/registre-environnemental-loi-canadienne-protection/listes-substances/toxiques/annexe-1.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">comme le Canada</a> ne considèrent même pas l’EE2 dans leur longue liste de substances toxiques. À ce jour, le débat sur les bénéfices et conséquences d’une réglementation ne fait pas l’objet d’un<a href="https://www.preventionweb.net/publication/late-lessons-early-warnings-science-precaution-innovation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> grand engagement public</a>. Selon <a href="https://www.preventionweb.net/publication/late-lessons-early-warnings-science-precaution-innovation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Susan Jobling</a>, professeure en toxicologie environnementale de l’Université Brunel, il est facile pour des bureaucrates de juger que le public n’est pas prêt à «payer le prix» pour réglementer cet œstrogène si <a href="https://www.preventionweb.net/publication/late-lessons-early-warnings-science-precaution-innovation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le public ne sait même pas </a>que c’est un enjeu qui les concerne.</p>



<p>Antidépresseurs et pilules contraceptives ne sont pas les seuls médicaments pouvant affecter la biodiversité marine, et les IPA peuvent avoir des impacts bien au-delà de l’hydrosphère. Le diclofénac, un médicament anti-inflammatoire, a mené au <a href="https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/174012/9789241508537_eng.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">quasi-effondrement</a> de nombreuses populations de vautours en Asie ; le rapace charognard <a href="https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/174012/9789241508537_eng.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ne pouvait tolérer</a> les hautes concentrations de médicament présentes dans les carcasses de bétail, leur principale source de nourriture. En effet, lorsqu’il est question de l’impact des IPA sur nos écosystèmes, on ne peut blâmer une seule gamme de produits.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Eaux-contaminees-copy-1000x750.jpeg" alt class="wp-image-50477" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Eaux-contaminees-copy-1000x750.jpeg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Eaux-contaminees-copy-330x248.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Eaux-contaminees-copy-768x576.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Eaux-contaminees-copy-1536x1152.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Eaux-contaminees-copy.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/c-veysset/?media=1" data-wpel-link="internal">Clément Veysset</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«Sachant maintenant que les médicaments ont un impact réel sur notre environnement, réduire notre impact sur les éco-systèmes passe par une réexamination de notre rapport à leur consommation»</p>
</blockquote>



<p><strong>Présent dans l’écosystème, absent à la COP15</strong></p>



<p>Malgré l’impact prouvé des produits pharmaceutiques sur nos écosystèmes, il est désolant de voir qu’<a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">aucune des 23 cibles</a> présentées lors du cadre de la COP15 ne mentionne cet enjeu. La cible numéro sept est la seule qui s’en rapproche en mentionnant une volonté de réduire de moitié l’utilisation de pesticides et «<em>autres produits chimiques hautement hasardeux&nbsp;</em>(<em>tdlr</em>)». Ingrédients pharmaceutiques actifs, pesticides, produits de soin personnel et produits chimiques halogénés polyhydroxylés (utilisés entre autres dans les produits antimicrobiens) ont tous été prouvés comme <a href="https://www.who.int/publications/i/item/9789241505031" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étant nocifs aux écosystèmes</a> ; les enjeux liés à chacun de ces produits mériteraient tous leur article respectif dans les pages du&nbsp;<em>Délit</em>. Le terme «produit chimique hautement hasardeux» reste cependant très vague : est-ce que le lobby des industries pharmaceutiques et des soins de santé, qui est de loin <a href="https://www.statista.com/statistics/257364/top-lobbying-industries-in-the-us/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le plus influent</a> en Amérique du Nord, tentera de fuir sa part de responsabilité en jouant à l’intérieur de cette zone grise? Une compagnie de <a href="https://lobbymap.org/page/Our-Methodology" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rigoureux enquêteurs indépendants</a> chez&nbsp;<em>InfluenceMap&nbsp;</em>a déjà signalé <a href="https://influencemap.org/report/Industry-Associations-Biodiversity-Policy-19612" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une résistance</a> du lobby des pesticides sur les politiques proposées lors de la COP15. S’il est difficile de révéler tout ce qui se passe derrière les rideaux, il est possible de constater que la réduction des risques liés aux pesticides est un des seuls objectifs quantifiés ayant été révisé à la baisse en comparant <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le cadre final </a>(objectif de 50%) avec <a href="https://www.cbd.int/doc/c/abb5/591f/2e46096d3f0330b08ce87a45/wg2020-03-03-en.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le cadre original </a>(objectif de 66%). Cela ne présage rien de bon lorsqu’il est question d’imposer à l’industrie pharmaceutique (ou à toute autre industrie ayant un impact négatif sur la biodiversité) l’obligation de voir au-delà des profits en effectuant leur juste part.</p>



<p>Il semble donc nécessaire de réitérer que la seule façon concrète de réduire notre impact sur notre environnement, c’est de <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/19/panneaux-solaires-pas-toujours-verts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">consommer moins</a> et d’adopter un mode de vie plus simple. <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">La cible 16</a> du cadre de la COP15, prônant des habitudes de consommation durables, risque donc d’être la plus importante si nous espérons pouvoir attaquer le problème de la perte de la biodiversité à sa source. Les produits pharmaceutiques sont parmi les nombreux exemples de produits que l’on <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6731049/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">surconsomme</a>, au bonheur des compagnies qui les développent et les vendent, mais aux dépens de nos écosystèmes et de notre biodiversité. La solution ne réside évidemment pas dans leur abolition, mais plutôt dans leur modération. Si la quantité de prescriptions distribuées au Royaume-Uni, un des seuls pays ayant cette information recensée pour le grand public, est un bon indicateur de ce qui se passe dans le reste du monde, il est évident que nous nous dirigeons dans la mauvaise direction. Si l’individu moyen consomme <a href="https://www.statista.com/statistics/418091/prescription-items-dispensed-in-england/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">50% plus de médicaments</a> qu’il y a quinze ans, est-il plus heureux, en meilleure santé? Sachant maintenant que les médicaments ont un impact réel sur notre environnement, réduire notre impact sur les écosystèmes passe par une réexamination de notre rapport à leur consommation.&nbsp;</p>



<p>Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/01/11/cop15-bon-cop-bad-cop/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">https://www.delitfrancais.com/2023/01/11/cop15-bon-cop-bad-cop/</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/01/18/pharmaceutique-lenjeu-non-prescrit-a-la-cop15/" data-wpel-link="internal">Pharmaceutique : l’enjeu non prescrit à la COP15</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Responsabilité fiscale: une idée socialiste?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/responsabilite-fiscale-une-idee-socialiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex DePani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[progressisme]]></category>
		<category><![CDATA[responsabilité fiscale]]></category>
		<category><![CDATA[socialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48605</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas juste aux conservateur·rice·s de surveiller leur portefeuille.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/responsabilite-fiscale-une-idee-socialiste/" data-wpel-link="internal">Responsabilité fiscale: une idée socialiste?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un vendredi soir de fin de session, lors d’un «<em>chilling</em>» chez une amie d’une amie dans le quartier du Plateau Mont-Royal, on pourrait dire que l’atmosphère était adéquate pour qu’un regroupement d’étudiant·e·s en sciences sociales puissent entamer des conversations sur la gestion de notre société. Assis sur un tabouret, bière Sapporo à la main, j’écoutais une jeune femme exprimer sa frustration envers la «droite», ainsi que leur manque de volonté à fournir des services sociaux et de l’aide adéquate à ceux qui en ont potentiellement besoin. En le temps d’une chanson (<em>Bad Habits</em>, de Ed Sheeran), elle arriva à la conclusion noire et blanche qu’il est impossible d’être «socialement progressif» tout en étant «fiscalement conservateur·rice».&nbsp;</p>



<p>Malgré ma grande indifférence envers la gauche ou la droite, à moins qu’il soit question d’indications routières de mon·ma copilote lors d’une balade en voiture, je ne pouvais m’empêcher de mettre en question cette logique. La responsabilité fiscale ne devrait-elle pas avoir une place plus importante, tant à la Chambre des communes qu’à un <em>party</em> d’universitaires ambitieux·ses, lorsqu’on cherche des pistes vers un bien-être collectif équitable?</p>



<p><strong>Intervention gouvernementale et inflation</strong></p>



<p>Avant de se lancer dans notre réflexion, définissons tout d’abord les termes «socialement progressif·ve» ainsi que «fiscalement conservateur·rice». Être socialement progressiste ne veut pas dire voter pour Québec Solidaire et suivre Manon Massé sur Instagram. À mes yeux, le progressisme social signifie briser les chaînes du passé, en ayant une vision ouverte aux nouvelles idées ainsi qu’à de nouvelles réformes politiques afin d’atteindre un bien-être collectif optimal. Le conservatisme fiscal consiste tout simplement à porter une grande attention à nos dépenses afin de maintenir un budget équilibré, si l’on se base sur <a href="https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/442758" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la vision d’Edmond Burke</a>, homme politique et philosophe irlandais. &nbsp;</p>



<p>Cela étant dit, analysons maintenant le plus récent épisode où la «responsabilité fiscale» a été fortement politisée. Les derniers mois furent difficiles financièrement pour la famille québécoise moyenne, même si la COVID-19 semble passer d’une pandémie à une endémie. Et non, même s’il y a bien des raisons de ne pas aimer Vladimir Poutine en 2022, ce dernier <a href="https://thehill.com/opinion/finance/3265529-are-crushing-prices-really-putins-fault/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">n’est pas à blâmer</a> pour nos malheurs actuels. Lors des deux dernières années, les dépenses faramineuses de nos gouvernements, à tous les paliers, ont eu comme effet secondaire indésirable de contribuer à l’inflation, qui a atteint des niveaux jamais observés <a href="https://statistique.quebec.ca/fr/document/indice-prix-consommation-ipc/tableau/indice-des-prix-a-la-consommation-ipc-indice-ensemble-canada-quebec-rmr-montreal-quebec-donnees-mensuelles-non-desaisonnalisees" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">depuis le début des années 90</a>. Pour financer ces <a href="https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/economie-francaise/comptes-publics/le-budget-de-letat/le-deficit-budgetaire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déficits</a>, les gouvernements de nombreux pays ont augmenté la quantité d’argent mise en circulation. En effet, le gouvernement canadien a augmenté cette somme d’argent <a href="https://tradingeconomics.com/canada/money-supply-m2" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">d’environ 30%</a> depuis 2020 (sous la mesure M2, pour les mordus d’économie); ce total grimpe à <a href="https://tradingeconomics.com/canada/money-supply-m1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">environ 50%</a> lorsqu’on exclut toutes formes d’actifs (sous la mesure M1), tels que l’argent sécurisé dans nos comptes d’épargne. Cela, combiné avec le fait que l’on s’attend à ce que le produit intérieur brut (mesurant la quantité de biens et services produits au Canada) soit approximativement au même niveau que <a href="https://www.macrotrends.net/countries/CAN/canada/gdp-gross-domestic-product" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">celui de 2019</a>, peut expliquer en partie pourquoi on semble payer plus cher pour tout ces jours-ci. Bien qu’il est certainement vrai que <a href="https://www.businessinsider.com/personal-finance/causes-of-inflation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plusieurs facteurs</a> peuvent contribuer à l’inflation, on peut comprendre aisément comment cette intervention gouvernementale a contribué à l’augmentation du coût de la vie actuel.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« La responsabilité fiscale ne devrait-elle pas avoir une place plus importante, tant à la Chambre des communes qu’à un <em>party</em> d’universitaires ambitieux·ses, lorsqu’on cherche des pistes vers un bien-être collectif équitable? »</p></blockquote>



<p>Imaginons que deux individus, nommons-les Béa et Benicio, soient les deux premiers humains envoyés pour habiter sur la planète Mars. Pour survivre, Béa, ancienne boulangère d’un charmant établissement de la rue St-Denis, décide de produire du pain; Benicio, ancien employé au club-bar Le Rouge, décide de mettre à bon usage ses talents de mixologue pour produire des cocktails sur la Planète Rouge. Les deux individus ont besoin des produits de l’un·e et de l’autre afin de garder leur bonne santé ainsi que leur bon moral; ils s’entendent alors pour s’échanger les fruits de leurs efforts en usant de dollars canadiens. Béa ne peut cuisiner que 10 pains par jour, et Benicio ne peut concocter plus de 10 cocktails. On réalise que chacun·e ayant cent, deux cents, ou même trois cents dollars en poche importe peu: Béa ne pourra pas demander plus de mojitos à Benicio s’il n’est pas en mesure de lui en offrir plus, et Benicio ne pourra pas savourer plus de petites miches que Béa ne peut cuisiner. Donc, si le gouvernement canadien décidait d’envoyer demain matin par fusée supersonique cent dollars de plus aux deux nouveaux martien·ne·s, nous ne verrions pas&nbsp;deux citoyen·ne·s avec un plus grand pouvoir d’achat, mais plutôt des cocktails et des pains plus dispendieux. En effet, si l’autre à plus d’argent dans sa poche, il sera en mesure de payer plus cher! Nos deux martien·ne·s doivent donc payer plus de billets verts pour avoir un pain ou bien un cocktail. En d’autres mots, pour une somme fixe, un individu peut obtenir moins de biens et de services qu’auparavant.</p>



<p>Le problème – au Québec, au Canada, ainsi que dans bien d’autres endroits dans le monde depuis les deux dernières années&nbsp;–, c’est que face à cette augmentation d’argent mis en circulation et cette production stagnante, le·a citoyen·ne moyen·ne ne semble pas avoir reçu son 30% d’argent de poche supplémentaire (ou 50%, selon la mesure utilisée). Contrairement au monde de Benicio et Béa, notre économie est extrêmement complexe et semble mener à beaucoup d’inefficacité et d’argent perdu lorsque le gouvernement dépense sans imputabilité. En effet, moins le gouvernement est imputable, moins l’argent imprimé risque d’aboutir dans la poche du·e la consommateur·rice, que ce soit dû à de mauvais investissements ou à des <a href="https://www.businessinsider.com/personal-finance/causes-of-inflation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">scandales de corruption</a>. &nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Être socialement progressiste ne veut pas dire voter pour Québec Solidaire et suivre Manon Massé sur Instagram&nbsp;»</p></blockquote>



<p><strong>Salaires qui ne suivent pas</strong></p>



<p>En effet, lorsqu’on compare la distribution d’argent liquide «imprimé» <a href="https://tradingeconomics.com/canada/money-supply-m1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">en 2020</a> et l’argent supplémentaire qui finissait dans notre poche cette année-là, quelques chiffres semblent ressortir. Malgré l’immense augmentation d’argent mis en circulation, le revenu annuel du·e la Canadien·ne moyen·ne n’a augmenté que de <a href="https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/en/tv.action?pid=1110023901" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">4,3% en 2020</a>. Certes, il est compréhensible que le·a Canadien·ne moyen·ne ressorte plus pauvre, en termes de revenus, après avoir passé à travers une crise sanitaire, mais cette disparité demeure très inquiétante. Cette augmentation d’argent mis en circulation devrait avoir <a href="https://www.stlouisfed.org/on-the-economy/2021/october/what-risks-future-inflation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un effet temporaire sur l’inflation</a>; il est à espérer que cette période temporaire ne soit pas de trop longue durée.</p>



<p>Si l’on regarde ce que l’avenir nous réserve, d’autres inquiétudes peuvent survenir. La hausse de l’inflation, notamment <a href="https://www.stlouisfed.org/on-the-economy/2021/october/what-risks-future-inflation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">enclenchée par nos dépenses gouvernementales</a>, sera-t-elle suivie par une augmentation de nos salaires? En tenant compte d’<a href="https://www.jstor.org/stable/145206?casa_token=WCapvh7IIbcAAAAA%3AxAEr208mz7KgFP3jpGUSesA1m6FmD2RQzKctbkYNuGzQeKfBXYN4U_vAOFl388eJYVRn44G7jscSsVk8y0eu1mhV0TWcmiRmXIvt_V1_kP_ycp4BRg&amp;seq=2" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une étude effectuée</a> par la professeure en économie Jean Baldwin Grossman, il est raisonnable de s’attendre à une augmentation parallèle du salaire de divers métiers et du salaire minimum dû au désir à court terme de tout·e professionnel·le de maintenir un «avantage relatif» vis-à-vis de ceux·lles qui gagnent moins qu’eux·lles. Le salaire minimum québécois, ayant augmenté de manière significative entre 2021 et 2022 (passant d’un taux horaire de 13,50$ à 14,25$, une augmentation de 5,6%) laisse toujours à désirer en ce qui concerne <a href="https://statistique.quebec.ca/fr/document/indice-prix-consommation-ipc/tableau/indice-des-prix-a-la-consommation-ipc-indice-ensemble-canada-quebec-rmr-montreal-quebec-donnees-mensuelles-non-desaisonnalisees" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’augmentation du coût de la vie</a> du·e la&nbsp; Montréalais·e moyen·ne (7,3%) ainsi que du·e la Québécois·e moyen·ne (7,3%). Considérant que le·a Québécois·e moyen·ne obtient <a href="https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1110023901&amp;pickMembers%5B0%5D=1.7&amp;pickMembers%5B1%5D=2.1&amp;pickMembers%5B2%5D=3.1&amp;pickMembers%5B3%5D=4.3&amp;cubeTimeFrame.startYear=2016&amp;cubeTimeFrame.endYear=2020&amp;referencePeriods=20160101%2C20200101" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">95% de son revenu</a> de son salaire d’employé, il y a raison de craindre pour son pouvoir d’achat dans les années à venir.&nbsp;</p>



<p><strong>Taux d’intérêts à la hausse</strong></p>



<p>Une dernière réflexion peut être entamée afin de pleinement comprendre l’effet pervers sur le·a citoyenne moyen·ne, et notamment sur les ménages à faible revenu, d’une augmentation des dépenses gouvernementales nourrie par une augmentation de l’argent «imprimé» en circulation. Ces derniers temps, on a souvent entendu aux nouvelles que la Banque Centrale du Canada a <a href="https://www.banqueducanada.ca/2022/07/fad-communique-2022-07-13/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">augmenté</a> son <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2022-07-13/le-taux-directeur-bondit-a-2-5-au-canada.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">«taux directeur»</a> afin de contrer l’inflation. Mais quel est ce taux «directeur»?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Contrairement au monde de Benicio et Béa, notre économie est extrêmement complexe et semble mener à beaucoup d’inefficacité et d’argent perdu lorsque le gouvernement dépense sans imputabilité&nbsp;»</p></blockquote>



<p>Le taux directeur, déterminé par la Banque Centrale, <a href="https://www.banqueducanada.ca/2019/02/combien-ca-coute-linflation-au-canada/?_gl=1*15exe4r*_ga*MjAwMTIzNjAyNi4xNjU3NzIyODA3*_ga_D0WRRH3RZH*MTY1Nzc2Nzg1Ny4yLjAuMTY1Nzc2Nzg1Ny4w&amp;_ga=2.91892190.558548379.1657722807-2001236026.1657722807" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">va dicter le taux d’intérêt</a> que chaque banque canadienne décide d’implanter, soit le montant d’argent qu’on doit «compenser» à la banque lorsqu’on rembourse un prêt, au-delà de la somme exacte empruntée. En d’autres mots, si Benicio, notre charismatique martien, décide d’acheter trois miches de pain à Béa aujourd’hui et de la rembourser demain, il lui devra peut-être sept dollars, soit deux dollars par pain et un dollar en guise de compensation pour son paiement décalé. Si Béa augmente son taux d’intérêt, elle va peut-être exiger deux dollars de compensation au lieu d’un seul; Benicio devra donc à Béa huit dollars au lieu de sept. Nous voyons donc qu’augmenter les taux d’intérêt décourage les emprunts! En nous décourageant d’emprunter, la Banque Centrale nous décourage de dépenser, ce qui ralentit nos achats <a href="https://www.bankofcanada.ca/2019/02/price-check-inflation-in-canada/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">et donc ralentit l’inflation</a>. Cependant, cette politique monétaire est loin d’être idéale afin d’alléger les souffrances de la classe moyenne.</p>



<p>En effet, tous·tes ceux·lles qui n’ont pas eu le choix de faire un emprunt à long terme, que ce soit pour payer une hypothèque ou des études universitaires, se font prendre de court. Une jeune famille immigrante à faible revenu a beau faire attention à ses dépenses, elle n’a guère d’autre choix que d’emprunter de l’argent à la banque si elle veut s’acheter une modeste demeure dans l’arrondissement Saint-Léonard. Les parents signent le contrat avec la banque, remboursant le prêt à celle-ci sur 30 ans avec <a href="https://www.investopedia.com/terms/v/variableinterestrate.asp" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un taux variable</a>, lequel fluctue selon le taux d’intérêt en vigueur. Lorsque le taux d’intérêt grimpe quelques années plus tard, cette famille vivant de chèque en chèque n’a aucune marge de manœuvre lorsque la banque lui demande d’augmenter ses paiements mensuels. N’ayant aucune action à la bourse, aucune fortune héritée de riches parents décédés, ces derniers se retrouvent, malgré eux, dos au mur. Ne pouvant plus se permettre leur maison, les parents doivent laisser les clés à la banque et changer d’adresse; leur fille va devoir changer d’équipe de soccer, leur garçon ne pourra plus suivre ses cours de piano.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Qu’on se considère à gauche, à droite, au centre, la tête à l’envers ou je ne sais quoi, nous n’avons pas le choix de considérer la responsabilité fiscale lors des prises de décisions »</p></blockquote>



<p>Certes, tout le monde compose avec l’augmentation des taux d’intérêts, mais tous·tes ne sont pas en aussi bonne position pour se défaire de leurs dettes, donc des intérêts devant être remboursés à la banque. Une <a href="https://blogs.lse.ac.uk/usappblog/2015/05/12/income-inequality-causes-higher-debt-leverage-among-all-but-the-richest-households-and-makes-economies-more-vulnerable-to-financial-crises/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étude américaine</a> démontre que pendant que le ratio de la dette sur le revenu (une bonne mesure de la capacité à rembourser une dette) du 5% des Américain·e·s les plus riches est demeuré constant entre 1983 et 2007, le revenu n’a fait qu’augmenter pour le 95% restant, particulièrement après le tournant du millénaire. Donc, même si les plus riches ont souvent les <a href="https://www.debt.org/faqs/americans-in-debt/demographics/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plus grosses dettes</a>, ces dernières ne représentaient que 60% de la valeur leurs actifs (maison(s), voitures de sport, actions boursières, collection de vins français); le 95% restant voit ce ratio grimper à 140% de leurs actifs datant de la fin de la période d’étude. Il serait surprenant que cette inégalité soit corrigée en date d’aujourd’hui; en effet, la tendance s’est fort probablement maintenue.&nbsp;</p>



<p>Donc, tout ça pour dire que le gouvernement n’aurait pas dû intervenir sur les marchés au début de la pandémie? Rangez les fourches, cela n’est pas l’intention de cet article, ne vous inquiétez pas. Nous devons plutôt nous dire que les services qui semblent offerts «gratuitement», un financement pour un certain programme offert par «la bonne foi du gouvernement», ou même <a href="https://www.lesoleil.com/2022/05/31/legault-promet-un-nouveau-cheque-sil-est-reelu-04badc89ecc4233153ffffd783c48506" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un beau chèque pour contrer l’inflation</a>, ne le sont pas nécessairement. En effet, toutes les dépenses au-dessus de nos moyens finiront par nous revenir dans les dents de façon plus sournoise que l’on pense, particulièrement chez les moins nanti·e·s. Nous devrions songer à toujours tirer le plus de nos investissements, ainsi qu’à en faire le plus avec notre argent, en analysant l’ampleur des bénéfices et conséquences pour notre société. La responsabilité fiscale ne signifie pas un «laissez-faire» complet des gouvernements. Qu’on se considère à gauche, à droite, au centre, la tête à l’envers ou je ne sais quoi, nous n’avons pas le choix de considérer la responsabilité fiscale lors des prises de décisions. C’est même le cas pour le·a «socialement progressiste», s’il·elle se préoccupe réellement du bien-être de la société.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/responsabilite-fiscale-une-idee-socialiste/" data-wpel-link="internal">Responsabilité fiscale: une idée socialiste?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Contribution santé pour les non-vaccinés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/02/09/contribution-sante-pour-les-non-vaccines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex DePani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Feb 2022 13:00:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[caq]]></category>
		<category><![CDATA[contribution santé]]></category>
		<category><![CDATA[coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[Gestion de la pandémie]]></category>
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		<category><![CDATA[vaccination]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47021</guid>

					<description><![CDATA[<p>Nous n’aurions jamais dû aller là.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/09/contribution-sante-pour-les-non-vaccines/" data-wpel-link="internal">Contribution santé pour les non-vaccinés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le variant Omicron, en provenance de l’Afrique du Sud, a pris le Canada ainsi que le reste du monde par surprise. L’automne dernier, plusieurs provinces canadiennes planifiaient lever l’état d’urgence sanitaire et la majorité des restrictions pour le début 2022, mais ces plans ont dû être révisés en raison de<span class="has-inline-color has-societe-color"><strong> </strong></span>la <a href="https://www.biospace.com/article/real-world-uk-data-suggests-omicron-less-severe-than-delta/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">forte transmissibilité</a> du nouveau variant et de son <a href="https://www.nature.com/articles/s41423-021-00836-z" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">évasion immunitaire</a> (la capacité du virus à échapper à l’immunité acquise par infection naturelle aux variants précédents ou par vaccination). Le plan de lever l’état d’urgence sanitaire est non seulement tombé à l’eau, mais la fermeture forcée des restaurants, le couvre-feu, ainsi que d’autres restrictions que l’on pensait loin dernière ont fait une réapparition soudaine dans nos vies. En se basant sur la courbe des cas <a href="https://ourworldindata.org/explorers/coronavirus-data-explorer?zoomToSelection=true&amp;time=2020-06-23..latest&amp;facet=none&amp;pickerSort=asc&amp;pickerMetric=location&amp;Metric=Confirmed+cases&amp;Interval=7-day+rolling+average&amp;Relative+to+Population=true&amp;Color+by+test+positivity=false&amp;country=CAN~ZAF" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">en Afrique du Sud</a>, on pouvait s’attendre à quelques dures semaines durant lesquelles les taux de contamination seraient à des niveaux jamais observés. Heureusement, cette vague s’annonçait aussi moins longue et <a href="https://ourworldindata.org/explorers/coronavirus-data-explorer?zoomToSelection=true&amp;time=2020-06-23..latest&amp;uniformYAxis=0&amp;pickerSort=asc&amp;pickerMetric=location&amp;Metric=Cases+and+deaths&amp;Interval=7-day+rolling+average&amp;Relative+to+Population=true&amp;Color+by+test+positivity=false&amp;country=~ZAF" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">moins meurtrière</a> que les précédentes. Cependant, la prudence était tout de même de mise. </p>



<p><strong>Annonce surprise</strong></p>



<p>Deux semaines après avoir annoncé la fermeture du Québec et à une semaine <a href="https://www.inspq.qc.ca/covid-19/donnees" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">du pic des hospitalisations</a>, le gouvernement Legault annonçait travailler sur une <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1853357/demission-arruda-legault-boileau-direction-sante-publique-contribution" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">«contribution santé»</a> –&nbsp; en termes plus crus, une taxe – à refiler à tous les adultes québécois refusant la vaccination sans raison valable. Cette taxe, qu’on prévoyait être d’un montant «significatif», a été annoncée après que le premier ministre Legault ait senti <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/659592/francois-legault-fait-le-point-au-lendemain-de-la-demission-d-horacio-arruda" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la grogne</a> de la population vaccinée liée au fait de se retrouver dans le même bateau, en termes de liberté, que la population non vaccinée. La fameuse statistique a d’ailleurs été martelée haut et fort: 50% des lits aux soins intensifs (<a href="https://www.inspq.qc.ca/covid-19/donnees" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">75 des 150 lits</a> occupés au moment de cette annonce) réservés aux individus ayant attrapés la COVID étaient occupés par des personnes non-vacciné<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">e</span>s. Le projet de loi de «taxe vaccinale» <a href="https://www.lapresse.ca/covid-19/2022-02-01/taxe-sante-pour-les-non-vaccines/legault-recule-pour-preserver-la-paix-sociale.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a toutefois été abandonné</a> par la CAQ le 1<em>er </em>février, avant même qu’il ne soit débattu à l’Assemblée nationale.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Prendre un pas de recul</strong></p>



<p>L’annonce a pris de court de nombreuses personnes: non seulement cette «mesure d’urgence» semblait soulever certains problèmes éthiques d’envergure, mais elle semblait aussi, lorsqu’on y réfléchissait bien, être disproportionnellement radicale à ce point-ci de la pandémie. Il est difficile de se rappeler, dans le climat social des derniers mois où a régné la grogne et la malheureuse division, que le réel objectif des mesures sanitaires est d’assurer le bon fonctionnement de notre système de santé publique face à l’imprévisibilité du virus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Non seulement cette “mesure d’urgence” semblait soulever certains problèmes éthiques d’envergure, mais elle semblait aussi, lorsqu’on y réfléchissait bien, être disproportionnellement drastique à ce point-ci de la pandémie»</p></blockquote>



<p>La vaccination est certes un outil utile pour prévenir les hospitalisations. Comme le démontre <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/71/wr/mm7104e1.htm#contribAff" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une étude</a> à grande échelle menée dans les États de la Californie et de New York, un individu ayant été exposé au virus de façon naturelle ou ayant été vacciné avait significativement moins de chance de se retrouver à l’hôpital pendant la vague <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">du variant</span><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span>Delta. Il n’en demeure pas moins que la vaccination est un moyen et non une fin en soi: adopter des politiques punitives, qui ne risquent que d’accentuer la division et la polarisation sociale, dans le seul et unique but d’augmenter le taux de vaccination de quelques faibles pourcentages dans plusieurs semaines n’aurait définitivement pas été la meilleure façon d’assurer le bon fonctionnement de nos hôpitaux alors que nous sommes en voie de sortir de cette vague. En effet, en regardant (en début 2022) la courbe nettement décroissante des hospitalisations aux soins intensifs de pays comme la <a href="https://ourworldindata.org/explorers/coronavirus-data-explorer?zoomToSelection=true&amp;time=2021-07-11..latest&amp;facet=none&amp;pickerSort=asc&amp;pickerMetric=location&amp;Metric=ICU+patients&amp;Interval=7-day+rolling+average&amp;Relative+to+Population=true&amp;Color+by+test+positivity=false&amp;country=GBR~CAN" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Grande-Bretagne</a> – qui a été frappée <a href="https://covid.joinzoe.com/data#levels-over-time" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">quelques semaines</a> avant la majorité des pays de l’Ouest –, il était possible de constater que le pire était déjà probablement derrière nous. En considérant d’ailleurs l’<a href="https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.07.19.21260302v1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">immunité naturelle</a> largement acquise lors des dernières semaines ainsi que la moindre virulence d’Omicron (qui ne risque <a href="https://news.sky.com/video/covid-omicron-hard-to-outcompete-for-future-variants-says-ucl-professor-12509807" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pas de se faire supplanter</a> par un variant plus virulent d’ici bientôt) par rapport aux variants précédents, on pouvait même espérer que cette vague nous rapproche davantage de la phase endémique de ce coronavirus. Pas question de baisser les bras et d’abandonner tout effort, mais il faut se rappeler qu’une mesure d’urgence doit rester proportionnelle à ladite urgence.</p>



<p>Pendant que des pays avec <a href="https://ourworldindata.org/explorers/coronavirus-data-explorer?zoomToSelection=true&amp;time=2020-03-01..latest&amp;facet=none&amp;pickerSort=asc&amp;pickerMetric=location&amp;Metric=People+fully+vaccinated&amp;Interval=7-day+rolling+average&amp;Relative+to+Population=true&amp;Color+by+test+positivity=false&amp;country=GBR~CAN~SWE~ESP~DNK" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des taux de vaccination similaires</a> à ceux du Canada tels que la Grande-Bretagne et l’Espagne assouplissent leurs mesures et envisagent la possibilité de <a href="https://fortune.com/2022/01/11/flu-omicron-spain-eu-covid-endemic/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">considérer</a> les <a href="https://www.bbc.com/news/health-59970281" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">prochaines vagues</a> comme de simples vagues de grippe, une question doit tout de même se poser. La «contribution santé» qui, concrètement, n’aurait fort probablement pas porté fruit dans les semaines après son annonce – considérant les quelques semaines nécessaires avant d’atteindre un hypothétique ultimatum pour les citoyens non vaccinés et les <a href="http://www.bccdc.ca/Health-Info-Site/Documents/COVID-19_vaccine/Public_health_statement_deferred_second_dose.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">deux semaines</a> essentielles pour développer une immunité après leur vaccination – pouvait-elle se justifier d’un point de vue de santé publique, étant donné ses défaillances éthiques ainsi que la situation épidémiologique à venir? Cette politique ressemblait bien plus à une manœuvre politique d’un gouvernement en année électorale – qui s’est à maintes reprises fait accuser de ne pas en avoir fait assez, notamment <a href="https://www.lapresse.ca/covid-19/2022-01-17/enquete-sur-les-deces-en-chsld/on-n-arrive-pas-a-se-rendre-au-bout-de-cette-histoire.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avec les CHSLD</a> lors de la première vague – qu’à une réelle mesure scientifique de santé publique.</p>



<p><strong>Alternatives pour s’attaquer au problème</strong></p>



<p>Tel que mentionné, l’optimisme qu’on peut ressentir face au déclin progressif de ce nouveau variant Omicron n’est pas une raison de baisser sa garde. Par principe de précaution, des efforts afin de stabiliser notre réseau de santé publique sont tout de même de mise pour les mois à venir. Cependant, des actions beaucoup plus sensées auraient pu être envisagées afin d’atteindre ce but.</p>



<p>Le vaccin Novavax, qui utilise une <a href="https://www.medpagetoday.com/special-reports/exclusives/93166" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">technologie plus traditionnelle</a> et qui semble présenter <a href="https://www.theatlantic.com/health/archive/2021/06/novavax-now-best-covid-19-vaccine/619276/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">moins d’effets secondaires graves et rares</a> que les vaccins à ARN messager, est approuvé depuis quelques semaines dans plusieurs pays de l’Ouest comme <a href="https://www.tga.gov.au/media-release/tga-provisionally-approves-novavax-biocelect-pty-ltds-covid-19-vaccine-nuvaxovid" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’Australie</a>.  Un <a href="https://www.science.org/content/article/novavax-s-long-awaited-covid-19-vaccine-authorizations-offer-alternative-mrna" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sondage effectué en Allemagne</a> auprès des citoyens non-vaccinés suggère que 31% d’entre eux seraient enclins à prendre un vaccin de type plus «traditionnel» dès la semaine où ce dernier deviendrait disponible, alors que 43% seraient enclins à le prendre dans les six mois à venir. S’il avait été approuvé au Canada dans les environs du 20 décembre, à la même date que pour <a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/ema-recommends-nuvaxovid-authorisation-eu" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’Union européenne</a>, il aurait fort probablement permis d’augmenter les taux de vaccination à un plus haut niveau que l’aurait fait la «contribution santé», et ce, à un coût social bien moindre. Considérant que le vaccin Novavax <a href="https://ir.novavax.com/2021-11-01-Novavax-Files-for-COVID-19-Vaccine-Authorization-with-Health-Canada-and-Completes-Submission-for-Rolling-Review-to-European-Medicines-Agency" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a été soumis</a> auprès de Santé Canada&nbsp;<a href="https://ir.novavax.com/2021-11-01-Novavax-Files-for-COVID-19-Vaccine-Authorization-with-Health-Canada-and-Completes-Submission-for-Rolling-Review-to-European-Medicines-Agency" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">en même temps</a> qu’auprès de l’Agence européenne des médicaments, il est difficile de justifier pourquoi ce vaccin n’est toujours pas disponible dans notre pays.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«[La contribution santé pour les non-vaccinés] ressemblait bien plus à une manœuvre politique d’un gouvernement en année électorale – qui s’est à maintes reprises fait accuser de ne pas en avoir fait assez, notamment avec les CSHLS lors de la première vague – qu’à une réelle mesure scientifique de santé publique»</p></blockquote>



<p>Au cours des deux dernières années, l’optimisation du système immunitaire par consommation de suppléments tels que la vitamine D s’est malheureusement fait ridiculiser dans les médias. Évidemment ces suppléments ne sont pas une panacée, mais ils comportent néanmoins un potentiel intéressant: ils pourraient à tout le moins réduire les hospitalisations s’ils étaient pris en quantité appropriée à grande échelle. En effet<span class="has-inline-color has-noir-color">, </span>une <a href="https://www.forbes.com/sites/michaeltnietzel/2022/02/05/new-research-suggests-importance-of-vitamin-d-in-protecting-against-severe-covid-19/?sh=7bf0e9752ae4" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étude</a> réalisée dans un hôpital israélien par une équipe de chercheurs universitaires<span class="has-inline-color has-culture-color"> </span><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">a</span><span class="has-inline-color has-noir-color"> </span>démontré que les patients qui développent des formes sévères de la COVID-19 présentent en moyenne une déficience en vitamine D alors que les patients non déficients développent en moyenne des formes moins sévères de la maladie. En période hivernale où l’ensoleillement, une de nos principales sources de vitamine D, se fait rare, s’assurer que sa population maintient de bons niveaux de vitamine D <a href="https://www.webmd.com/lung/vitamin-d-covid-19-what-to-know#1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pourrait sûrement</a> aider à prévenir certaines&nbsp;hospitalisations, encore une fois, à un plus faible coût&nbsp;social que la «contribution santé».</p>



<p>Effectivement, imposer une taxe à tout individu qui refuse de se faire vacciner aurait été une mesure sans précédent. Cela aurait envoyé un message au peuple québécois que le chamboulement créé par la vague Omicron est entièrement la faute du 10% non vacciné. Évidemment, on aurait fait face à moins d’hospitalisations liées à la COVID si 100% de la population avait accepté de se faire vacciner. Cependant, lorsqu’on se compare avec notre voisin l’Ontario, qui a été en mesure de <a href="https://toronto.ctvnews.ca/ontario-set-to-resume-non-urgent-surgeries-on-monday-1.5756543" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">reprendre les chirurgies non essentielles</a> le 31 janvier (le <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1854974/delestage-neuf-regions-quebec-alerte-4" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Québec tarde</a> toujours à baisser son niveau de délestage) malgré un plus grand nombre d’hospitalisations aux soins intensifs <em>per capita</em> qu’au Québec en date du 27 janvier (<a href="https://covid-19.ontario.ca/fr/data/hospitalisations" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">33,0 par million</a> d’habitants en Ontario contre <a href="https://www.inspq.qc.ca/covid-19/donnees" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">27,1 par million</a> d’habitants au Québec), des questions doivent se pos<span class="has-inline-color has-noir-color">er</span> sur la fragilité de notre réseau publique comme cause du problème. Il est à noter que l’Ontario n’a jamais songé à imposer une telle «contribution santé» à sa population.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Pour un cégépien vivant de chèque en chèque, le montant de100 dollars représente son budget d’épicerie des dix prochains jours, tandis que pour un millionnaire québécois, 800 dollars, c’est de l’argent de poche»</p></blockquote>



<p>Avec un montant <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2022-01-29/non-vaccines/une-taxe-de-100-a-800-selon-le-revenu.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">planifié</a> entre 100 et 800 dollars selon le revenu, la taxe n’aurait pas eu le même impact financier sur tous les ménages. Pour un cégépien vivant de chèque en chèque, le montant de 100 dollars représente son budget d’épicerie des dix prochains jours, tandis que pour un millionnaire québécois, 800 dollars, c’est de l’argent de poche. Cependant, en ce qui concerne la contribution santé, la plus grande problématique sociale aurait été liée à l’augmentation de la polarisation ainsi qu’à la division engendrées par cette manœuvre politique. Comme l’a affirmé la Dre Mélissa Généreux à l’émission «<a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/tout-un-matin/segments/entrevue/388490/pandemie-enquete-melissa-genereux" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Tout un matin</a>» le 27 janvier dernier sur les ondes de Radio-Canada, le discours du «90/10» mis de l’avant par le gouvernement ces dernières semaines encourage la formation de deux clans et n’aide en rien à un rétablissement collectif ou à une cohésion sociale qui seront bien importants lorsque le Québec fera face à d’autres problèmes nécessitant une réponse collective au-delà de la pandémie.&nbsp;</p>



<p>En effet, continuer à scinder le Québec en deux clans risque d’avoir des répercussions négatives à long terme. En constatant la polarisation politique chez nos voisins du sud – où 15 milliards de dollars ont été <a href="https://calgary.ctvnews.ca/tc-energy-seeks-to-recoup-costs-from-u-s-for-cancelled-keystone-xl-pipeline-project-1.5677858" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">jetés à l’eau</a> à la suite suite de l’approbation, le début de la construction, puis l’annulation du pipeline Keystone, tout cela en l’espace de deux élections opposant deux partis politiques situés à des années lumières idéologiques l’un de l’autre – nous réalisons qu’une société divisée n’arrive pas à accomplir grand-chose.</p>



<p>Il demeure important de suivre les consignes de la Santé publique et de garder son sang-froid. Toutefois, il est également important que le gouvernement ne mêle pas politique et science: en pleine gestion de crise, se tourner vers de telles stratégies politiques est un excellent moyen de perdre la précieuse confiance de son peuple.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/09/contribution-sante-pour-les-non-vaccines/" data-wpel-link="internal">Contribution santé pour les non-vaccinés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Changer le monde un pas à la fois avec l’hydrogène québécois</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/16/changer-le-monde-un-pas-a-la-fois-avec-lhydrogene-quebecois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex DePani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Nov 2021 16:44:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[chimie]]></category>
		<category><![CDATA[électricité]]></category>
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		<category><![CDATA[Hydro-Québec]]></category>
		<category><![CDATA[hydrogène québécois]]></category>
		<category><![CDATA[transition]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand les bottines ne suivent pas les babines.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/16/changer-le-monde-un-pas-a-la-fois-avec-lhydrogene-quebecois/" data-wpel-link="internal">Changer le monde un pas à la fois avec l’hydrogène québécois</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Déjà presque 30 ans se sont écoulés depuis la signature de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Cet accord, <a href="https://treaties.un.org/pages/ViewDetailsIII.aspx?src=TREATY&amp;mtdsg_no=XXVII-7&amp;chapter=27&amp;Temp=mtdsg3&amp;clang=_fr#1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">signé par 165 pays en 1992</a>, avait comme <a href="https://unfccc.int/resource/docs/convkp/conveng.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">objectif</a> de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre afin de prévenir des perturbations climatiques, tel que mentionné dans le rapport officiel.</p>



<p>Presque 25 ans plus tard, <a href="https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=TREATY&amp;mtdsg_no=XXVII-7-d&amp;chapter=27&amp;clang=_fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">195 pays</a> ont signé l’Accord de Paris. Presque 25 ans plus tard, nous pouvions aussi dire que nous avions augmenté nos émissions dans une proportion d’approximativement <a href="https://www.epa.gov/sites/default/files/2021-04/global-ghg-emissions_download1_2021.png" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">40%</a>, au lieu de les diminuer. L’objectif, tel que mentionné à <a href="https://unfccc.int/sites/default/files/french_paris_agreement.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’article 4 de l’Accord de Paris</a>, demeurait sensiblement le même : diminuer nos émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais. On pourrait dire que peu de choses ont changé, hormis l’urgence d’agir.</p>



<p>En effet, depuis la première révolution industrielle, notre espèce a sévèrement perturbé les <a href="https://ourworldindata.org/co2-emissions" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">cycles naturels du carbone</a>, du <a href="https://futureearth.org/2020/07/15/global-methane-emissions-have-risen-nearly-10-percent-over-last-20-years/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">méthane</a>, ainsi que d’autres gaz ayant la capacité d’emprisonner les rayonnements infrarouges émis par notre planète. Cette énergie, ne pouvant s’échapper dans l’espace, entraîne une <a href="https://climate.nasa.gov/causes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">augmentation de la température</a> à l’intérieur de notre atmosphère.</p>



<p>Cependant, contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas qu’un problème de volonté politique : le problème est extrêmement plus complexe que l’on pense. Certains secteurs, tels que ceux du <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/28/bateaux-et-avions-carboneutres-un-defi-de-taille/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">transport maritime et aérien</a>, ainsi que celui de l’<a href="https://www.google.com/url?q=https://www.brookings.edu/research/the-challenge-of-decarbonizing-heavy-industry/&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1637084483642000&amp;usg=AOvVaw1moOIP3nnak6pLHX7mnTXk" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">industrie lourde</a>, ne peuvent pas actuellement utiliser nos technologies les plus populaires exploitant des énergies renouvelables. En effet, des technologies telles que la batterie au lithium <a href="https://www.youtube.com/watch?v=VNvzZfsC13o" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sont trop lourdes</a> pour faire voler des avions commerciaux. De plus, ce ne sont <a href="https://www.energypolicy.columbia.edu/research/report/low-carbon-heat-solutions-heavy-industry-sources-options-and-costs-today" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pas toutes les technologies du secteur de l’industrie lourde</a> qui peuvent fournir avec constance des niveaux de chaleur dépassant le cap des <a href="https://www.solexthermal.com/resources/articles/cement-production-and-cooling/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1 400 degrés Celsius</a>, température nécessaire pour produire du ciment : ces prérequis <a href="https://phys.org/news/2019-03-renewable-energy-solution-industrial-applications.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ne peuvent pas être atteints</a> avec une combinaison de batteries, panneaux solaires et éoliennes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’hydrogène peut être considéré comme une solution intéressante à plusieurs de nos problèmes liés aux limitations physiques de la&nbsp;décarbonisation de certains secteurs»</p></blockquote>



<p>La complexité du problème nécessite des solutions créatives. L’hydrogène peut être considéré comme une solution intéressante à plusieurs de nos problèmes liés aux limitations physiques de la décarbonisation de certains secteurs. Dans <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.delitfrancais.com/2021/09/28/bateaux-et-avions-carboneutres-un-defi-de-taille/&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1637084462593000&amp;usg=AOvVaw1shv-XSksMjLMiXWWJ79bG" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mon dernier article</a> paru au <em>Délit</em>, j’ai mentionné comment l’hydrogène mérite fort probablement sa place au sein d’une transition verte éventuelle que nous souhaiterions entreprendre. Explorons maintenant la possibilité de produire à grande échelle ce combustible au Québec!</p>



<p><strong>La chimie opère entre le Québec et l’hydrogène</strong></p>



<p>L’hydrogène est un combustible qui, contrairement à la batterie au lithium, possède l’une des propriétés clés des combustibles fossiles&nbsp;: <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0301421514002869" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">il est extrêmement léger</a>&nbsp;par rapport aux quantités d’énergie qu’il fournit. Cependant, à ce jour, <a href="https://cleanenergycanada.org/hydrogen-as-part-of-canadas-energy-transition/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">99,3%</a> de la production d’hydrogène autour du globe est considérée <a href="https://www.weforum.org/agenda/2021/07/clean-energy-green-hydrogen/#:~:text=Grey%20hydrogen%20is%20the%20most,in%20the%20hydrogen%2Dmaking%20process." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">comme « grise » ou « noire »</a> : c’est-à-dire qu’elle résulte de procédés émettant eux-mêmes des gaz à effet de serre, tel que le <a href="https://www.energy.gov/eere/fuelcells/hydrogen-production-natural-gas-reforming" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">reformage du méthane à la vapeur</a>. Remplacer des combustibles fossiles par de l’hydrogène produit avec de telles sources <a href="https://news.climate.columbia.edu/2021/01/07/need-green-hydrogen/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ne nous avance donc pas à grand-chose</a>, en pratique.</p>



<p>Il existe cependant un autre procédé pour produire de l’hydrogène, soit l’électrolyse de l’eau. En utilisant des technologies exploitant l’énergie renouvelable, il est possible de <a href="https://www.energy.gov/eere/fuelcells/hydrogen-production-electrolysis" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">reformer nos molécules d’eau</a> (H2O) en molécules séparées de dioxygène (O2) et de dihydrogène (H2) tout en émettant très peu de gaz à effet de serre! Toutefois, ce processus est très demandant en énergie : il nécessite <a href="https://wernerantweiler.ca/blog.php?item=2020-09-28" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">2 238 MWh d’énergie</a> pour produire approximativement 46&nbsp;600 kg d’hydrogène. Cette quantité d’hydrogène relâcherait, lors de sa combustion, l’énergie nécessaire pour effectuer un voyage de 10 heures dans un avion ayant la taille, le poids ainsi que la vitesse de croisière <a href="https://science.howstuffworks.com/transport/flight/modern/question192.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">d’un Boeing 747 </a>(<a href="https://www.idealhy.eu/index.php?page=lh2_outline#:~:text=1%20kg%20of%20hydrogen%20contains,is%20outperformed%20by%20liquid%20fuels." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1 552,5 MWh</a>). Cette quantité d’énergie tirée de l’hydrogène produite, nécessaire à la propulsion hypothétique d’un bolide transportant au-delà de 500 passagers outre-mer, est une quantité d’énergie non négligeable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Certains secteurs, tels que ceux du transport maritime et aérien, tout comme celui de l’industrie lourde, ne peuvent pas actuellement utiliser nos technologies les plus populaires qui permettent d’exploiter des énergies&nbsp;renouvelables»</p></blockquote>



<p>Cependant, le 2 238 MWh, utilisé lors de la production d’hydrogène nécessaire pour effectuer un tel vol d’avion, est une quantité d’énergie suffisante pour subvenir aux besoins énergétiques de plus de <a href="https://www.ivey.uwo.ca/energycentre/blog/2019/06/a-closer-look-at-hydro-quebecs-electricity-price-advantage-over-ontario/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">120 maisons québécoises</a> moyennes pendant un an. Il est raisonnable de croire que la majorité des <a href="https://www.visualcapitalist.com/how-green-state-or-province/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">États et provinces nord-américains</a>, où une grande part de l’énergie produite émet des gaz à effet de serre, prioriserait la décarbonisation de leur réseau électrique avant de produire de l’hydrogène. C’est une façon plus efficace de décarboniser son économie : tu en as plus pour ton énergie!</p>



<p>Le Québec présente toutefois une situation assez particulière&nbsp;: nous produisons déjà <a href="https://www.rec-cer.gc.ca/fr/donnees-analyse/produits-base-energetiques/electricite/rapport/electricite-renouvelable-2016/province/panorama-lelectricite-renouvelable-canada-2016-analyse-marches-lenergie-quebec.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">98% de notre électricité à partir de sources renouvelables</a>. Nos émissions de gaz à effet de serre proviennent principalement du secteur du <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/energie-ressources-naturelles/publications-adm/bulletin-economique/trimestriel/BU-trimestriel-mai-2019.pdf?1559325739" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">transport ainsi que celui de l’industrie</a>. Cela tombe bien puisqu’en date d’aujourd’hui, la combustion de l’hydrogène est jugée comme l’<a href="https://www.energypolicy.columbia.edu/research/report/low-carbon-heat-solutions-heavy-industry-sources-options-and-costs-today" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">alternative la plus envisageable</a> pour remplacer les combustibles fossiles dans les processus industriels nécessitant de hautes températures. Le secteur du transport pourrait aussi éventuellement être décarbonisé avec une combinaison de densification urbaine, de système de transport amélioré ainsi que d’un déploiement de véhicules à batterie au lithium. Si le Québec augmentait davantage sa production d’énergie renouvelable, on pourrait donc presque&nbsp;utiliser entièrement notre surplus d’énergie (il en faudrait, entre autres, davantage dans notre réseau électrique pour alimenter une éventuelle flotte de véhicules à batterie) afin de produire de l’hydrogène!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="791" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/8_hydrogène-791x1000.jpg" alt class="wp-image-45490" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/8_hydrogène-791x1000.jpg 791w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/8_hydrogène-330x417.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/8_hydrogène-768x971.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/8_hydrogène.jpg 1212w" sizes="(max-width: 791px) 100vw, 791px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gontieralexandre/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexandre Gontier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Quelle quantité d’hydrogène propre?</strong></p>



<p>Quelle quantité d’énergie serions-nous capables de produire au Québec à des fins de production d’hydrogène? Faisons une rapide analyse de trois domaines énergétiques québécois pour avoir une idée de l’ordre de grandeur dans lequel il serait possible de produire cet intrigant combustible.</p>



<p>Tout d’abord, il est raisonnable de supposer, selon des <a href="https://www.efficiencycanada.org/canada-resource-potential/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">études d’efficacité énergétique</a> effectuées au Canada, que nous pouvons réduire notre consommation d’énergie de 28% dans l’ensemble de nos bâtiments, ainsi que de 12% dans l’ensemble de nos procédés industriels, simplement en modernisant nos infrastructures de façon appropriée. En nous fiant aux plus récentes <a href="https://www.google.com/url?q=https://mern.gouv.qc.ca/energie/statistiques-energetiques/consommation-electricite/&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1637091789416000&amp;usg=AOvVaw2C7_2lxpdPkETz8kWw1WRe" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">données de consommation d’énergie</a> par secteur au Québec, nous constatons qu’il serait théoriquement possible de sauver une quantité d’énergie suffisante pour alimenter plus de <a href="https://www.ivey.uwo.ca/energycentre/blog/2019/06/a-closer-look-at-hydro-quebecs-electricity-price-advantage-over-ontario/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">2 200 000 maisons québécoises</a> en énergie.</p>



<p>Par la suite, il y aurait davantage d’opportunités d’exploiter une des grandes richesses québécoises : l’immense quantité de rivières qui coulent sur l’ensemble du territoire. Selon <a href="https://www.iedm.org/files/note1011_fr.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un rapport</a> effectué par <a href="https://www.iedm.org/920-f-pierre-gingras/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">F. Pierre Gingras</a>, ingénieur industriel ayant travaillé plus de 31 ans sur des projets hydroélectriques, il serait techniquement possible d’augmenter notre production hydroélectrique annuelle&nbsp;d’approximativement 7 580 GWh (équivalant à la consommation de <a href="https://www.ivey.uwo.ca/energycentre/blog/2019/06/a-closer-look-at-hydro-quebecs-electricity-price-advantage-over-ontario/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">400 000 maisons québécoises</a>), en construisant des barrages, entre autres, sur la rivière Gatineau. Cela est sans compter l’entrée en service de la <a href="https://www.hydroquebec.com/romaine/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">centrale Romaine‑4</a> en 2022, qui ajoutera annuellement un autre 2 146,2 GWh à notre capacité de production d’énergie hydroélectrique.</p>



<p>Le Québec est aussi doté d’un bon potentiel éolien : aujourd’hui, <a href="https://energieetenvironnement.com/2021/01/31/parution-de-ledition-2021-letat-de-lenergie-au-quebec/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">5,3% </a>de notre électricité est produite à partir de l’énergie du vent, en grande majorité exploitée <a href="https://www.cer-rec.gc.ca/fr/donnees-analyse/marches-energetiques/profils-energetiques-provinces-territoires/profils-energetiques-provinces-territoires-quebec.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">à proximité</a> du fleuve Saint-Laurent. Selon un <a href="https://canwea.ca/pdf/qc_windvision2025_technicalopinion_summary_en.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport technique</a> de 2010, le Québec pourrait réalistement tripler sa production d’énergie éolienne actuelle : cela créerait assez de nouvelle énergie pour alimenter annuellement plus de <a href="https://www.ivey.uwo.ca/energycentre/blog/2019/06/a-closer-look-at-hydro-quebecs-electricity-price-advantage-over-ontario/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">3&nbsp;800 000 maisons québécoises</a>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Selon un rapport technique de 2010, le Québec pourrait réalistement tripler sa production d’énergie éolienne actuelle&nbsp;: cela créerait assez de nouvelle énergie pour alimenter annuellement plus de 3&nbsp;800 000 maisons québécoises!»</p></blockquote>



<p>Cependant, puisqu’il serait insensé de produire de l’hydrogène afin de décarboniser, entre autres, des avions effectuant des voyages intercontinentaux pendant que des véhicules roulant sur nos routes brûlent encore de l’essence, il serait important de prendre en compte le coût énergétique de la décarbonisation du système de transport québécois. Combien d’électricité serait consommée approximativement par l’ensemble de nos véhicules, de la Honda Civic du voisin jusqu’à la déneigeuse du quartier, s’il fallait qu’elle se convertisse à la batterie au lithium? Avec une combinaison des données compilant le <a href="https://bdso.gouv.qc.ca/pls/ken/ken213_afich_tabl.page_tabl?p_iden_tran=REPERJA6WV6166536384148d06kR&amp;p_lang=1&amp;p_m_o=SAAQ&amp;p_id_ss_domn=718&amp;p_id_raprt=3372#tri_age=1&amp;tri_tertr=0" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">nombre et le type des véhicule</a> sur nos routes, leur <a href="https://www.energuide.be/fr/questions-reponses/quelle-est-la-consommation-dune-voiture-electrique/212/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">consommation</a> <a href="https://planzerwebsitestorage.blob.core.windows.net/files/Content/pdfs/Dokumente/E-LKW-Factsheet-FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">énergétique</a>, leur <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/53-223-x/2006000/4059794-fra.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">kilométrage annuel moyen</a> ainsi que quelques calculs mathématiques dont je vais avoir la décence de vous épargner, on peut en arriver à la conclusion qu’électrifier notre réseau du transport accaparerait&nbsp; approximativement 30% de nos surplus énergétiques. On a tendance à l’oublier, mais recharger une flotte de plusieurs millions de véhicules électriques tous les soirs, c’est très énergivore!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="553" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/248686382_323518265898853_582281501336439288_n-1000x553.png" alt class="wp-image-45627" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/248686382_323518265898853_582281501336439288_n-1000x553.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/248686382_323518265898853_582281501336439288_n-330x182.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/248686382_323518265898853_582281501336439288_n-768x424.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/248686382_323518265898853_582281501336439288_n.png 1176w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/admin/?media=1" data-wpel-link="internal">Webmestre, Le Délit</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Hydro-Québec vient aussi <a href="https://globalnews.ca/news/8205489/hydro-quebec-new-york-state-contract/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">tout juste</a> de signer un contrat de 25 ans avec l’État de New York afin de lui fournir une partie de notre énergie renouvelable. Cette énergie, qui va remplacer de l’énergie produite à partir de combustibles fossiles, aura un impact positif sur la production de gaz à effet de serre ; cependant, elle ne pourra pas être utilisée à des fins de production d’hydrogène.</p>



<p>Les résultats sont compilés dans le tableau ci-dessus. En effet, avec un plan audacieux, le Québec pourrait assez réalistement utiliser annuellement autour de 75 000 GWh pour produire de l’hydrogène «&nbsp;vert », ce qui équivaut à plus de 1,5 million de tonnes de cet élément. Cette production se rajouterait à celle de <a href="https://www.hydroquebec.com/projets/hydrogene-varennes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’usine d’électrolyse</a> bâtie tout récemment à Varennes, qui produit déjà de l’hydrogène servant à la transformation de déchets en biocarburant. Étant donné que seulement <a href="https://cleanenergycanada.org/hydrogen-as-part-of-canadas-energy-transition/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">0,7%</a> des <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.statista.com/statistics/1121207/global-hydrogen-production/&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1637092239687000&amp;usg=AOvVaw1P5-XjTuy2JU3yZcrIfE2Y" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">60 millions de tonnes</a> d’hydrogène (donc 0,42 million de tonnes) produites annuellement autour du globe peuvent être considérées comme carboneutres, le Québec se positionnerait immédiatement comme un joueur clé dans une éventuelle transition énergétique. En effet, si demain matin, notre plein potentiel énergétique était exploité à des fins de production d’hydrogène « vert », nous en produirions presque quatre fois plus que le reste du monde. L’hydrogène,<a href="https://www.energy.gov/eere/fuelcells/hydrogen-pipelines" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> se transportant très bien en hydrogénoduc</a>, pourrait être exporté à plusieurs endroits en Amérique du Nord.</p>



<p><strong>Après les fleurs, le pot</strong></p>



<p>Cependant, il serait malhonnête de montrer uniquement le bon côté de la médaille. Nos technologies exploitant l’énergie renouvelable ne sont pas sans impact, et il est crucial de prendre en considération les conséquences de tels projets.</p>



<p>La société d’État Hydro-Québec <a href="https://www.hydroquebec.com/data/a-propos/pdf/partenariat-communautes-autochtones-2017g422f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">affirme avec fierté </a>qu’elle travaille en collaboration avec les communautés autochtones dans tous ses projets. Un barrage construit en aval du barrage Gouin sur la rivière Saint-Maurice, par exemple, devrait aussi être avantageux pour la communauté Wemotaci <a href="https://www.hydroquebec.com/barrage-gouin/un-territoire-a-partager.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">située dans la région</a>. Toutefois, il ne peut pas être tenu pour acquis que tout projet potentiel serait approuvé. En effet, en analysant les enjeux derrière la construction du barrage du Site C en Colombie-Britannique, il ne peut non plus être tenu pour acquis que tout projet sera entamé dans le <a href="https://thenarwhal.ca/first-nations-file-civil-action-against-site-c-citing-treaty-8-infringement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">respect des droits</a> des peuples autochtones.</p>



<p>Les projets éoliens ne sont pas non plus les bienvenus partout au Québec : en Montérégie, les citoyens de plusieurs municipalités se sont levés afin d’empêcher la construction d’un parc éolien dans leur région. En entrevue avec <a href="https://www.google.com/url?q=https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/725328/manifestation-contre-eoliennes-saint-cyprien-de-napierville&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1637092344808000&amp;usg=AOvVaw17cLU1YR0OU_CtkT0LsSta" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Radio-Canada</a>, les maires de plusieurs villes ont exprimé leur désarroi vis-à-vis la possibilité de devoir accommoder de gros projets industriels sur leurs terres agricoles. Malgré le bon potentiel éolien de la région, le projet <a href="https://www.hydroquebec.com/data/achats-electricite-quebec/pdf/contrats/des-cultures-amendement-3.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a été relocalisé</a> en 2018, montrant qu’il n’est pas toujours possible de faire avancer certains projets qui semblent être une bonne idée sur papier.</p>



<p>En matière d’énergie renouvelable, le Québec possède un potentiel enviable. Nous sommes parmi les rares endroits au monde qui sont en mesure de produire de l’énergie carboneutre au-delà de nos besoins, et cela, sans avoir à changer radicalement notre mode de vie. Produire de l’hydrogène au Québec pourrait amener son lot de bénéfices à l’international, notamment pour les secteurs du transport maritime ou aérien. L’enjeu reste cependant délicat : jusqu’à quel point les Québécois seraient-ils prêts à courir le risque d’inonder leurs <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.cdhal.org/ressources/impacts-barrages/&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1637092383888000&amp;usg=AOvVaw1jKe63Jd1kGM9qASTJC_8D" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">terres</a> avec des barrages ou d’accepter des turbines géantes dans leurs voisinages afin de prévenir les effets néfastes des changements climatiques? À contrecœur, nous réalisons qu’il est impossible d’obtenir le beurre et l’argent du beurre. </p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/16/changer-le-monde-un-pas-a-la-fois-avec-lhydrogene-quebecois/" data-wpel-link="internal">Changer le monde un pas à la fois avec l’hydrogène québécois</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Bateaux et avions carboneutres : un défi de taille</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/09/28/bateaux-et-avions-carboneutres-un-defi-de-taille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex DePani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Sep 2021 15:49:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[accord de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[avions]]></category>
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		<category><![CDATA[carboneutralité]]></category>
		<category><![CDATA[EESI]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Gaz à effet de serre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=44720</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sur la mer, dans les airs, ça compte pareil!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/28/bateaux-et-avions-carboneutres-un-defi-de-taille/" data-wpel-link="internal">Bateaux et avions carboneutres : un défi de taille</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Déjà six ans se sont écoulés depuis que le Canada ainsi que 194 autres pays ont décidé de signer l’<a href="https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/changements-climatiques/accord-paris.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Accord de Paris</a>. Cet accord, ayant comme objectif de limiter l’augmentation moyenne de la température mondiale à <a href="https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/changements-climatiques/accord-paris.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1,5 °C</a> par rapport à la période préindustrielle, recommande notamment aux pays signataires de <a href="https://climateactiontracker.org/methodology/paris-temperature-goal/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">réduire leurs émissions</a> de gaz à effet de serre le plus rapidement possible. En effet, depuis la première révolution industrielle, notre espèce a sévèrement perturbé les<a href="https://ourworldindata.org/co2-emissions" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> cycles naturels du carbone</a>, du <a href="https://futureearth.org/2020/07/15/global-methane-emissions-have-risen-nearly-10-percent-over-last-20-years/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">méthane</a>, ainsi que d’autres gaz ayant la capacité d’emprisonner les rayonnements infrarouges émis par notre planète. Cette énergie, ne pouvant s’échapper dans l’espace, entraîne une <a href="https://climate.nasa.gov/causes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">augmentation de la température</a> à l’intérieur de notre atmosphère.&nbsp;</p>



<p>La majorité de la communauté scientifique s’inquiète grandement de la tendance climatique actuelle et est en accord avec le principal objectif de l’Accord de Paris : atteindre la carboneutralité d’ici 2050 afin d’éviter de s’aventurer dans des <a href="https://www.stockholmresilience.org/research/research-news/2018-08-06-planet-at-risk-of-heading-towards-hothouse-earth-state.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">terrains inconnus.</a> En effet, avec la possibilité d’enclencher les mauvaises boucles de rétroaction à la suite d’une grande modification de notre environnement, nous courons le risque de rendre notre planète un endroit beaucoup plus difficile à habiter pour <a href="https://ejfoundation.org/reports/climate-displacement-in-bangladesh" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une partie significative</a> de la population.&nbsp;</p>



<p>Notre <a href="https://phys.org/news/2020-11-canada-govt-carbon-neutrality.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">premier ministre</a> ainsi que bien d’autres dirigeant·e·s mondiaux·les semblent confiant·e·s lorsqu’il·elle·s présentent leurs plans pour atteindre la carboneutralité dans les prochaines décennies. <a href="https://www.canada.ca/en/services/environment/weather/climatechange/climate-plan/reduce-emissions.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Le Canada prévoit</a> notamment investir dans l’efficacité énergétique de ses bâtiments, dans les transports en commun, dans l’électrification de son réseau énergétique ainsi que dans la promotion des <a href="https://www.cartegrise.com/lexique-immatriculation/vehicule-leger" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">véhicules légers</a> à émission zéro.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Si nos “gros moteurs ” formaient un pays, il serait le quatrième plus grand émetteur de CO2 au monde. Malheureusement, ces émissions risquent d’être parmi les plus difficiles à réduire, considérant les tendances économiques et technologiques actuelles»</p></blockquote>



<p>En effet, si nos politicien·ne·s prévoient réellement investir intelligemment dans ces secteurs et qu’il·elle·s ne font pas que nous jeter de la poudre aux yeux, ces politiques aideront notre société à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre. Cependant, deux secteurs importants, soit celui du<a href="https://www.eesi.org/papers/view/fact-sheet-the-growth-in-greenhouse-gas-emissions-from-commercial-aviation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> transport aérien</a> et celui du <a href="https://ec.europa.eu/clima/policies/transport/shipping_en" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">transport maritime</a>, émettent&nbsp; ensemble – selon la combinaison des données récentes de l’Union européenne et celles datant de 2018 de l’<em>Environmental and Energy Study Institute</em> (EESI) – plus de 1,8 milliard de tonnes de CO2 annuellement. Ces émissions sont souvent omises des discours de nos politicien·ne·s. Cet oubli mène non seulement à un manque d’actions concrètes sur le plan des <a href="https://powershiftafrica.org/wp-content/uploads/2020/11/Climate-Change-Inequality-in-the-Commonwealth-compressed.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">politiques publiques</a>, mais aussi à une quasi-absence de sensibilisation de la population sur le sujet. Peu de gens savent, en effet, que les émissions de gaz à effet de serre provenant de ces deux secteurs (que je me permettrai de banalement surnommer nos « gros moteurs ») présentent une problématique les distinguant des autres émetteurs de gaz à effet de serre – une problématique qui ne peut pas être ignorée si nous tenons sérieusement à atteindre la carboneutralité d’ici 2050.&nbsp;</p>



<p>Si nos « gros moteurs » formaient un pays, il serait le <a href="https://www.worldometers.info/co2-emissions/co2-emissions-by-country/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">quatrième plus grand</a> émetteur de CO2 au monde. Malheureusement, ces émissions risquent d’être parmi les plus difficiles à réduire, considérant les tendances économiques et technologiques actuelles.&nbsp;</p>



<p><strong>Une demande qui augmente</strong></p>



<p>Difficile de se le cacher, le mode de vie américain est très demandant en ressources. Au cours des dernières décennies, le luxe que constitue l’importation de toutes sortes de biens – des fruits et légumes exotiques aux <em>fidgets spinners</em> qui brillent dans le noir en passant par une panoplie de produits de mode éphémère – est rapidement devenu une habitude. C’est là un des nombreux résultats de la <a href="https://globalizationpedia.com/fr/avantages-et-defis-de-la-mondialisation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mondialisation</a>, où plusieurs pays se spécialisant dans la production de certains biens précis sont en mesure de les produire à moindre coût avant d’expédier leurs commodités à l’<a href="https://www.weforum.org/agenda/2018/11/can-globalization-co-exist-with-the-fight-against-climate-change/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">extérieur de leurs frontières</a>. En regardant l’augmentation des échanges par voie<a href="https://www.statista.com/chart/24527/total-volume-of-global-sea-trade/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> maritime</a> ainsi que par <a href="https://ourworldindata.org/grapher/air-transport-freight-ton-km?tab=chart&amp;country=DEU~FRA~USA~GBR~CHN~JPN~IND" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">voie aérienne</a> dans les dernières décennies, nous constatons que le monde tel que nous avons appris à l’apprécier, de plus en plus interconnecté, <a href="https://www.weforum.org/agenda/2019/01/how-globalization-4-0-fits-into-the-history-of-globalization/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ne serait pas</a> ainsi sans la disponibilité accrue de nos « gros moteurs ». &nbsp;</p>



<p>Le transport de biens, en constante augmentation depuis plusieurs décennies, n’est pas l’unique cause d’émissions de gaz à effet de serre provenant de nos «&nbsp;gros moteurs ». Avant l’apparition inattendue de la COVID-19, la quantité de voyages faits en <a href="https://www.icao.int/Meetings/FutureOfAviation/Pages/default.aspx" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avion</a> ou en <a href="https://seekingalpha.com/article/4099043-golden-age-for-cruise-lines" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">croisière</a> sur un bateau était en constante augmentation et on prévoyait qu’elle allait augmenter à une vitesse fulgurante dans les décennies à venir. En effet, lorsque nous analysons les <a href="https://www.worldatlas.com/articles/countries-whose-citizens-travel-the-most.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">10 pays</a> présentant le plus haut nombre de voyages annuels par personne, nous constatons qu’ils sont tous situés parmi les 32 pays ayant le PIB par habitant·e le plus élevé (un indice que de nombreux·ses dirigeant·e·s mondiaux·les aiment utiliser comme <a href="https://iris-recherche.qc.ca/blogue/qu%25e2%2580%2599est-ce-que-le-pib" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">indicateur de la santé économique de leur pays</a>). Les habitant·e·s des pays ayant une économie très «&nbsp;active » semblent donc voyager plus. Avec de nombreux pays en développement tels que la <a href="https://www.statista.com/statistics/263770/gross-domestic-product-gdp-of-china/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Chine</a> et l’<a href="https://www.cbre.com/research-and-reports/India-2030---Exploring-the-future" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Inde</a> qui risquent de voir augmenter rapidement leur PIB par habitant·e dans les prochaines années et décennies, il est raisonnable de présumer que leurs émissions provenant de voyages par « gros moteur » risquent de suivre cette augmentation… si le mode de vie américain demeure la norme.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Fournissant 0,2 kWh par kilogramme, les meilleures batteries sur le marché fournissent environ 60 fois moins d’énergie par rapport à leur masse que le mazout lourd utilisé dans nos paquebots ou le kérosène utilisé dans nos avions»</p></blockquote>



<p><strong>Un peu de physique pour&nbsp;compléter le portrait</strong></p>



<p>Il y a de bonnes raisons d’être optimiste que de nouvelles technologies comme la <a href="https://www.nrcan.gc.ca/simply-science/what-type-batteries-do-electric-vehicles-use-natural-elements/22212" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">batterie au lithium</a> seront en mesure de révolutionner le monde des transports dans les décennies à venir. Avec<a href="https://www.weforum.org/agenda/2021/05/electric-vehicle-sales-sustainability-iea/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> plus de 10 millions</a> de voitures électriques en service autour du globe à la fin de 2020, soit plus de <a href="https://www.weforum.org/agenda/2021/05/electric-vehicle-sales-sustainability-iea/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">cinq fois</a> la quantité que nous comptions sur nos routes il y a à peine cinq ans, on peut affirmer que la tendance est prometteuse, même si nous nous situons toujours au pied de la pente. Un remplacement éventuel de tous nos véhicules routiers à essence (voitures, autobus et camions, par exemple) par des véhicules munis de batteries au lithium est donc, à ce jour, techniquement envisageable – même s’il faudra faire attention de ne pas remplacer un mal par un autre, la production de technologies vertes comme les batteries au lithium étant <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/19/panneaux-solaires-pas-toujours-verts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">souvent très polluante</a>.</p>



<p>Cependant, où en sommes-nous avec la décarbonation de nos «&nbsp;gros moteurs »? La batterie au lithium ne devrait-elle pas être aussi en mesure de remplacer les moteurs à essence de nos avions et de nos bateaux?</p>



<p>C’est ici que le portrait s’assombrit assez rapidement. Du point de vue de la physique, la batterie au lithium (ainsi que tout autre type de batterie) a une limitation importante : une très faible densité énergétique. Fournissant <a href="https://www.fluxpower.com/blog/what-is-the-energy-density-of-a-lithium-ion-battery" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">0,2&nbsp;kWh par kilogramme</a>, les meilleures batteries sur le marché fournissent environ 60 fois moins d’énergie par rapport à leur masse que le <a href="http://applied-r.com/energy-content-of-fuels/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mazout lourd</a> utilisé dans nos paquebots ou le <a href="https://transportgeography.org/contents/chapter4/transportation-and-energy/combustibles-energy-content/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">kérosène</a> utilisé dans nos avions. Ces batteries prennent aussi <a href="https://www.financialsense.com/contributors/robert-rapier/key-running-world-solar-wind-power" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">beaucoup d’espace</a> par rapport à la quantité d’énergie qu’elles fournissent. En gros, des batteries, c’est lourd et ça prend de la place!&nbsp;</p>



<p>Nécessitant de grandes quantités d’énergie pour faire livrer nos commandes Amazon sur des milliers de kilomètres ou pour nous <a href="https://daily.jstor.org/the-high-environmental-costs-of-cruise-ships/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">emmener en croisière</a> dans les Caraïbes, les « gros moteurs&nbsp;», essentiels à notre mode de vie actuel, ne sont pas conçus pour prendre davantage de poids ni pour consacrer plus d’espace au stockage d’énergie.</p>



<p>Par exemple, un Airbus 320 aurait besoin de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=VNvzZfsC13o" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">260 tonnes de batteries</a> (soit le poids d’environ <a href="https://www.planeteanimal.com/combien-pese-un-elephant-1008.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">45 éléphants</a>) pour fournir la même quantité d’énergie que lui transmettrait son kérosène pendant un typique voyage transatlantique d’une durée de sept heures. 45 éléphants, c’est <a href="https://www.youtube.com/watch?v=VNvzZfsC13o" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">quatre fois plus lourd que l’Airbus 320</a> lorsqu’il est vide! Nos avions sont plutôt conçus pour avoir un stockage d’énergie équivalent à <a href="https://www.youtube.com/watch?v=VNvzZfsC13o" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">20% de leur poids</a>. Si nous réduisons la quantité de batteries à 20% du poids de l’Airbus, sans diminuer sa vitesse de croisière, cela lui donnerait assez d’énergie pour un voyage de… <a href="https://www.youtube.com/watch?v=VNvzZfsC13o" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">20 minutes</a>.&nbsp;</p>



<p>La situation du transport maritime est assez similaire. Malgré la récente mise en service du<a href="https://www.offshore-energy.biz/worlds-1st-zero-emission-container-vessel-yara-birkeland-delivered/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> Yara Birkeland</a>, un porte-conteneurs à émission zéro, nous sommes encore loin de voir notre commerce international en croissance s’effectuer à l’aide de bateaux électriques, en raison du même problème de densité énergétique. Nos plus gros bateaux (qu’on prévoit deviendront <a href="https://piernext.portdebarcelona.cat/en/mobility/container-ship-size/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">encore plus gros</a>) transportent 150 fois plus de conteneurs, sur des distances 400 fois plus grandes ainsi qu’à des vitesses trois à quatre fois plus élevées, <a href="https://spectrum.ieee.org/electric-container-ships-are-stuck-on-the-horizon" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">que le Yara Birkeland</a>. Pour effectuer un voyage Asie-Europe en un mois (comme le font nos porte-conteneurs brûlant du mazout), un porte-conteneurs électrique aurait besoin de <a href="https://insideevs.com/news/402032/video-tesla-boat-battery-requirements-cost/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">100 000 tonnes de batteries au lithium</a>, ce qui équivaut au poids de 16 700 éléphants (oui, l’éléphant est ma nouvelle unité de mesure). Lorsqu’une immense partie de la cargaison d’un navire cargo doit être remplacée par des batteries afin qu’il puisse se déplacer, on comprend que ces dernières demeurent <a href="https://insideevs.com/news/402032/video-tesla-boat-battery-requirements-cost/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">actuellement</a> une option économiquement insensée pour les compagnies de transport maritime. &nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Un Airbus 320 aurait besoin de 260 tonnes de batteries (soit le poids d’environ 45 éléphants) pour fournir la même quantité d’énergie que lui fournirait son kérosène pendant un typique voyage transatlantique d’une durée de sept heures»</p></blockquote>



<p><strong>Grandes incertitudes avec un soupçon d’espoir</strong></p>



<p>Avec nos aspirations d’atteindre la carboneutralité le plus rapidement possible, la question devrait se poser un peu plus fréquemment : de quelle façon devrait-on s’attaquer au problème particulier de nos «&nbsp;gros moteurs&nbsp;»?&nbsp;</p>



<p>Il est toujours possible que la batterie au lithium améliore sa densité énergétique : après tout, celle-ci n’a fait qu’augmenter <a href="https://www.researchgate.net/publication/284929881_The_energy-storage_frontier_Lithium-ion_batteries_and_beyond" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">depuis 1990</a>. Cependant, les batteries au lithium utilisées actuellement <a href="https://www.asme.org/topics-resources/content/advancing-battery-technology-for-modern-innovations" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">n’ont pas les capacités physiques </a>d’augmenter leur densité énergétique à l’ampleur nécessaire : d’autres types de batteries prometteuses, telle que la batterie lithium-soufre, pourraient éventuellement les remplacer, mais ces dernières, étant loin d’être de valeurs sûres, ne sont pas près d’être commercialisées.&nbsp;</p>



<p>D’autres technologies n’étant pas liées à la batterie au lithium pourraient peut-être éventuellement révolutionner la façon dont nos « gros moteurs » se déplacent. L’hydrogène, en tant que combustible, est assez intéressant : <a href="https://rmi.org/run-on-less-with-hydrogen-fuel-cells/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">trois fois plus dense en énergie</a> que l’essence, ce dernier est beaucoup moins pesant que la batterie au lithium. C’est pour cette raison que cet élément est perçu comme le remplaçant le plus prometteur des combustibles fossiles dans le secteur du transport aérien. Cependant, il faudra produire de l’hydrogène « propre » à grande échelle, prouesse technologique que nous sommes malheureusement encore <a href="https://cleanenergycanada.org/hydrogen-as-part-of-canadas-energy-transition/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">bien loin d’accomplir</a>. Nos avions risquent aussi de prendre des<a href="https://www.airbus.com/newsroom/press-releases/en/2020/09/airbus-reveals-new-zeroemission-concept-aircraft.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> apparences loufoques</a> afin d’accommoder ce combustible qui prend <a href="https://www.energy.gov/eere/fuelcells/hydrogen-storage" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">quatre fois plus de place</a> que l’essence utilisée actuellement. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="571" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/09/2Illu-bateaux-et-avions-1000x571.jpg" alt class="wp-image-44726" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/09/2Illu-bateaux-et-avions-1000x571.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/09/2Illu-bateaux-et-avions-330x189.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/09/2Illu-bateaux-et-avions-768x439.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/09/2Illu-bateaux-et-avions.jpg 1050w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/julieannepoulin/?media=1" data-wpel-link="internal">Julie-Anne Poulin</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Advenant l’impossibilité d’éliminer les émissions provenant de nos « gros moteurs », il sera toujours possible de <a href="https://assets.unenvironment.org/s3fs-public/inline-images/carbon%20offset.png" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">séquestrer du carbone</a> en guise de compensation. En effet, la carboneutralité, ça ne veut pas nécessairement dire ne plus émettre de gaz à effet de serre! Si notre planète peut en absorber autant qu’elle en émet, planter davantage de végétation tout en assurant <a href="https://www.nature.com/scitable/knowledge/library/soil-carbon-storage-84223790/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la bonne santé de nos terres</a> nous permettra de demeurer carboneutres.&nbsp;</p>



<p>Allons-nous voir un jour des réglementations exigeant des compagnies aériennes et maritimes qu’elles compensent toutes leurs émissions en finançant de tels projets environnementaux? Malheureusement, les marchés de compensation de carbone existants sont reconnus comme étant <a href="https://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi=10.1.1.502.7213&amp;rep=rep1&amp;type=pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">assez corrompus</a> : ce n’est donc pas une panacée et se fier uniquement à un tel mécanisme risque d’être inefficace.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Lorsqu’une immense partie de la cargaison d’un navire cargo doit être remplacée par des batteries afin qu’il puisse se déplacer, on comprend que ces dernières demeurent actuellement une option économiquement insensée pour les compagnies de transport maritime»</p></blockquote>



<p>Sommes-nous impuissant·e·s face à tout cela? Absolument pas! Qu’il s’agisse de consommer de manière locale (pour notre <a href="https://www.mcgill.ca/foodservices/sustainability/green/local" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">alimentation</a> autant que pour nos <a href="https://www.green-sail.com/blog/why-travelling-locally-is-responsible-tourism" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">vacances</a>) ou de souscrire à un mode de <a href="https://www.greencarcongress.com/2019/07/20190701-sivak.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">vie plus raisonnable, </a>nos efforts individuels vont aider à diminuer la quantité d’émissions de gaz à effet de serre provenant de nos « gros moteurs » à coup sûr. En effet, il suffit de contempler la panoplie de <a href="https://www.amazon.ca/Finger-Covers-Cheesy-Greasy-Fingers/dp/B01M66CAPE" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">produits ridicules</a> disponibles en <a href="https://insideclimatenews.org/news/24122019/climate-costs-rise-amazon-other-retailers-compete-fast-delivery/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">livraison rapide</a> sur Amazon pour réaliser à quel point nous pouvons faire mieux en tant que société.&nbsp;</p>



<p>Comme bien des problèmes complexes, la solution est probablement composée de plusieurs éléments : nouvelles technologies, compensation de carbone ainsi qu’une consommation individuelle consciencieuse doivent tous faire partie de l’équation.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/28/bateaux-et-avions-carboneutres-un-defi-de-taille/" data-wpel-link="internal">Bateaux et avions carboneutres : un défi de taille</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Être vert à sa manière</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/03/15/etre-vert-a-sa-maniere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex DePani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Mar 2021 03:43:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=42924</guid>

					<description><![CDATA[<p>Vous ne sauverez pas à vous seul·e la planète, mais au moins vous aurez fait votre part.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/15/etre-vert-a-sa-maniere/" data-wpel-link="internal">Être vert à sa manière</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">David Suzuki, généticien canadien ayant dévoué sa vie à la protection environnementale, <a href="https://www.straight.com/news/david-suzuki-overconsumption-not-overpopulation-biggest-problem" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">demanda un jour à E. O Wilson</a>, biologiste de renommée mondiale, combien d’êtres humains notre planète pourrait-elle soutenir indéfiniment. La réponse de Wilson est une pilule difficile à avaler: «Si vous voulez vivre comme des Nord-Américains, 200 millions.»</p>



<p>Dans l’édition du <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/19/panneaux-solaires-pas-toujours-verts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">19 janvier dernier</a>, j’ai exprimé mon doute sur notre capacité à soutenir un monde équitable et durable si nous nous concentrons uniquement sur une transition vers les énergies renouvelables. Pendant que nos gouvernements ainsi que les marchés amorcent cette transition (qui sera certes utile), il serait encore plus important que nous commencions à changer quelques-unes de nos habitudes de vie afin de réduire notre impact sur notre environnement.</p>



<p>Je vais maintenant vous présenter trois actions (parmi tant d’autres) que nous pouvons entreprendre dès demain matin dans trois domaines connexes, soit l’efficacité énergétique, le gaspillage et la consommation. Évidemment, je vous encourage à en apprendre davantage sur chacun de ces sujets en profitant de mon (léger) abus des hyperliens.</p>



<p><strong>Comment être vert en économisant nos billets verts</strong></p>



<p>Augmenter la rétention de <a href="https://pdf.sciencedirectassets.com/277910/1-s2.0-S1876610217X00258/1-s2.0-S1876610217338882/main.pdf?X-Amz-Security-Token=IQoJb3JpZ2luX2VjEN%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2FwEaCXVzLWVhc3QtMSJHMEUCIQDwYB%2BmlOe58%2FK8398yM7VT55I8LQbT2COjRuVrzRmfOgIgQLUAJtge2aTYM%2F8pV87Ln7Ze6fEd0KSJddwpiyQMZYEqvQMImP%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2F%2FARADGgwwNTkwMDM1NDY4NjUiDG8rNFZ9wA8wf6v0RSqRA4NSnEQokIr6CVLw78TCHpqPaSqUFiBXY64Fajd7V2sys2SMPfkbOAcVgl7ZM%2B81rbkW65DtJQ3JSn%2BPo5uQH%2BgGNmXiIcDC7qhg9XjmdRiCujho%2BmjnqB9waOz37k2N0s846kCn5AKPFqVT24Qrq4jMK4MfggNghjJALD6M7ExE3yXjs7zrTnH1Ez5fFqzBofO37fpGZ9DBhI9P%2BhOGBG0ATyZRArpCX3nQHBMB2RI4yqyUn0oSzzHVOM%2Frl%2BFPvoPLr0a%2FwNHKcoHx5lc8mFMl2BpJ5Pxk%2FabOGMQPtvWLSnMJ%2FgTx70JV07P8QMSIdN%2FpP%2FhpyNrMX7X5PY4gyBNP53tI81dEnjBEvhcluTPl%2FTOL1IY4%2FcNwusnQ4XmTHgw1NuAQB7JXb4g2a3EfImsw173OHSRGnrfbs3LBgGxKS1UH%2F%2FdCS6yIPd4YjlRS7PzDyCK%2BNhETy27w7FyTeNp93bEmxWx2%2FrsGO1Kz1vzmEqPfgMO0NkepBH%2FXS9FuK2zW3jYNsWdU7Z%2F%2B8Y9F6oW5MO2juf8FOusBji8Xip5mwfwyOBBKB2QiGogfJ%2F2DLVqkwRaxvffTGfgJbiFba%2BY2rNu%2FSW1f6c5mhcj91GrtbQyiDsZaHX7SyBXBrtoIExpSg6nX6EKyx6%2FXqi%2BFo2lRHdsQ7RrzVwO60%2FNAqyKbjRIbsdJX5pwBomAl%2Bq00pnuv3Pe5b2oMCYSHgTw%2F6ZrZlwG%2FLAuyR7bAPxXHZw2O2S7uO%2FNSjNCJO5x0zG3otusxjT0poLB7rzBo7yMB5HusmoQGIhoc%2BNyFtEkKqkNamsn%2Bjd7nYLU9eAolMqpzCpcRC60W0ks5HvlbyK91Yv7awMHPaw%3D%3D&amp;X-Amz-Algorithm=AWS4-HMAC-SHA256&amp;X-Amz-Date=20201231T230105Z&amp;X-Amz-SignedHeaders=host&amp;X-Amz-Expires=300&amp;X-Amz-Credential=ASIAQ3PHCVTYSOK633UI%2F20201231%2Fus-east-1%2Fs3%2Faws4_request&amp;X-Amz-Signature=77e026ab1a90fc7d514be2b9dc985f7690e2258766ffc5b46dc804a0007d1ddf&amp;hash=c54032a5dbf4a94a8071ff1805c22fd1b34e9c67dd455095ea3d8ab6b9726336&amp;host=68042c943591013ac2b2430a89b270f6af2c76d8dfd086a07176afe7c76c2c61&amp;pii=S1876610217338882&amp;tid=spdf-3aad4065-663f-4999-a47f-bbc102a6d3f0&amp;sid=0a85509f635a6748852892d-93e1d3bbc74dgxrqa&amp;type=client" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">chaleur dans nos bâtiments</a>, <a href="https://smartgrid.ieee.org/newsletters/august-2019/energy-management-in-smart-grid" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">optimiser les réseaux</a> de distribution électrique ou même diminuer la quantité d’énergie qui sort de chacune de <a href="https://papersowl.com/discover/five-simple-steps-to-reduce-your-energy-consumption" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nos prises électriques</a> ont un avantage commun: une fois l’ajustement initial complété, nous pouvons non seulement réduire notre impact environnemental, mais aussi économiser de l’argent!</p>



<p>Une portion significative (<a href="https://www.energystar.gov/products/ask-the-expert/breaking-down-the-typical-utility-bill" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">soit 21% aux États-Unis</a>) de notre énergie est utilisée pour nourrir nos appareils électroniques: cette quantité peut facilement être diminuée.&nbsp;</p>



<p>Non, je ne vais pas exiger que vous arrêtiez de griller votre pain le matin ou même que vous réduisiez vos nombres d’heures devant Netflix (même si vous devriez probablement le faire): je vais plutôt vous proposer de couper dans vos «charges fictives», qui peuvent représenter près de <a href="https://www.hydroquebec.com/residentiel/mieux-consommer/appareils-electroniques/charges-fantomes.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">40% de l’énergie consommée</a> consommée par vos appareils électronique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«En effet, nos télévisions, ordinateurs et consoles de jeux vidéo consomment de l’énergie tant et aussi longtemps qu’ils sont connectés à des prises de courant»</p>
</blockquote>



<p>La «charge fictive» est l’énergie dépensée par nos appareils lorsque nous ne les utilisons pas. En effet, nos télévisions, ordinateurs et consoles de jeux vidéo consomment de l’énergie tant et aussi longtemps qu’ils sont connectés à des prises de courant. Déconnecter ces appareils lorsqu’ils ne sont pas utilisés pourrait réduire <a href="https://emporiaenergy.com/avoid-vampire-loads/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">jusqu’à 10%</a> de l’énergie dépensée par notre demeure.</p>



<p>Nous pouvons aussi faire bon usage de barres d’alimentation intelligentes, <a href="https://science.howstuffworks.com/environmental/green-tech/sustainable/smart-power-strip.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">qui coupent automatiquement</a> tout courant aux appareils connectés subissant une baisse de demande soudaine d’énergie (qui se produit lorsque nous éteignons notre appareil). Au lieu de déplacer tous nos meubles pour déconnecter notre télévision, nos haut-parleurs ainsi que notre console de jeu, nous n’avons qu’à éteindre nos appareils et la barre d’alimentation s’occupe du reste.</p>



<p>Combiné avec d’autres habitudes simples telles que fermer les lumières en sortant d’une pièce, porter des vêtements plus chauds à l’intérieur au lieu de monter le thermostat à fond ou changer ses ampoules incandescentes pour <a href="https://www.energy.gov/energysaver/save-electricity-and-fuel/lighting-choices-save-you-money/led-lighting" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des ampoules LED</a>, diminuer nos «charges fictives» peut avoir un impact cumulatif <a href="https://www.bchydro.com/powersmart/residential/savings-and-rebates/everyday-electricity-saving-tips.html?WT.mc_id=rd_21tips" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">assez significatif</a> sur notre consommation d’énergie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="663" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/03/image_6487327-1-1-1000x663.jpg" alt="Forêt" class="wp-image-42911" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/03/image_6487327-1-1-1000x663.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/03/image_6487327-1-1-330x219.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/03/image_6487327-1-1-768x509.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/03/image_6487327-1-1-1536x1018.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/03/image_6487327-1-1-2048x1357.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/meynardadelia/?media=1" data-wpel-link="internal">Adélia Meynard</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
</div>


<p><strong>La face cachée de tes ramens périmés</strong></p>



<p>Comme l’ont souvent dit les nombreux conférenciers invités à nos écoles primaires, il est important de respecter «<a style="user-select: auto;" href="https://www.grandsudbury.ca/vivre/dechets-et-recyclage/recyclage/reduire-recycler-reutiliser/reduce-reuse-recycle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">les trois R</a>» de l’environnement. En effet, il est important d’appliquer (avec cet ordre de priorité) la réduction, la réutilisation ainsi que le recyclage dans la vie de tous les jours. Contrairement à ce que nous avons probablement retenu après toutes ces années de ces fameuses conférences, ces habitudes n’ont pas à se limiter à mettre nos canettes au recyclage ou à utiliser des sacs d’épicerie réutilisables. Prenant cela en considération, parlons maintenant d’une fâcheuse habitude que nous avons dans les pays développés, soit le gaspillage alimentaire.</p>



<p>Chaque fois que nous surestimons notre appétit aux sushis illimités ou que nous jetons un fruit parce qu’il ressemble bizarrement au bossu de Notre-Dame, nous ne soupçonnons sûrement pas que cela contribue aux <a style="user-select: auto;" href="https://www.unenvironment.org/regions/north-america/regional-initiatives/minimizing-food-waste" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1,3 milliards de tonnes</a> de nourriture perdue annuellement à travers le monde. Cette quantité se traduit par <a style="user-select: auto;" href="https://gmoanswers.com/food-waste-and-water-loss" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">170 milliards de litres d’eau</a> (soit 68 millions de piscines olympiques) ainsi que <a style="user-select: auto;" href="http://www.fao.org/3/i3347e/i3347e.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">3,3 milliards</a> de tonnes de CO2 dans l’atmosphère.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Un kilogramme de bœuf nécessite plus de 15 000 litres d’eau à produire, contrairement à 1 200 litres d’eau pour le maïs»</p>
</blockquote>



<p>Certaines pertes sont évidemment inévitables lors de la production, surtout dans les pays en développement. Ces derniers, ne possédant généralement pas les meilleures technologies disponibles sur le marché, sont <a href="https://gmoanswers.com/food-waste-and-water-loss" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">particulièrement sensibles</a> aux problématiques de maladies des cultures et de phénomènes météorologiques extrêmes. Cependant, les pertes au début de la chaîne de production gaspillent moins de ressources, donc pardonnent plus qu’à la fin de celle-ci. Par exemple, lorsque nous jetons notre restant de ramens oubliés au fond du frigo, nous ne perdons pas que des ramens. Nous perdons entre autres l’eau et l’engrais (la production d’engrais azotés <a href="https://fertilisation-edu.fr/enjeux-de-la-fertilisation/changement-climatique.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">émet des gaz à effet de serre</a>) utilisés pour faire pousser les ingrédients, le carburant utilisé pour les transporter ainsi que les ressources utilisées pour <a href="https://www.bpf.co.uk/plastipedia/how-is-plastic-made.aspx" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">fabriquer le plastique</a> (un processus <a href="https://www.watercalculator.org/footprint/the-hidden-water-in-everyday-products/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">demandant en eau</a>) nécessaire à l’emballage des ingrédients de nos fameux ramens.</p>



<p>Les aliments achetés gaspillés (d’une moyenne de près de 65kg de nourriture par <a href="https://secondharvest.ca/wp-content/uploads/2019/01/Avoidable-Crisis-of-Food-Waste-Technical-Report-January-17-2019.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">personne par année</a> au Canada)<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>sont, à mon avis, non seulement les plus dommageables pour l’environnement, mais aussi les plus facilement évitables. Nous pouvons <a href="https://www.unlockfood.ca/en/Articles/Cooking-And-Food/Cooking-Methods/Tips-On-Reducing-Food-Waste-At-Home.aspx" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">facilement planifier</a> notre épicerie en fonction de nos repas pour la semaine ainsi que bien organiser notre frigo afin de ne pas trouver (ou sentir) de mauvaises surprises deux semaines plus tard. Pour ce qui en est des fruits et légumes moins esthétiques, on peut facilement les intégrer à nos recettes. En effet, personne ne trouvera de mauvais goût un smoothie contenant des <a href="https://www.fraichementpresse.ca/cuisine/inspiration/8-idees-pour-utiliser-les-bananes-trop-mures-1.1735503" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">bananes un peu trop mûres</a>.</p>



<p>Je vais finalement énoncer une idée assez controversée, soit la réduction de la consommation de viande en Amérique du Nord. Nous consommons en moyenne <a href="https://www.scientificamerican.com/article/stop-wasting-food-to-slow-global-warming/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">83g de protéine animale par jour</a> alors que la moyenne quotidienne recommandée est de 51g. Sachant <a href="https://www.waterfootprint.org/en/resources/interactive-tools/product-gallery/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">qu’un kilogramme de bœuf</a> à l’épicerie nécessite plus de 15 000 litres d’eau à produire (contrairement à 1 200 litres d’eau par kilogramme de maïs), diminuer sa consommation quotidienne et opter pour des viandes moins énergivores (tel que le poulet) amèneraient de grands bénéfices environnementaux à faible prix.</p>



<p><strong>Réduire ce qui nous rend heureux</strong></p>



<p>Réduire sa consommation: voilà un sujet bien épineux. Nous, citoyens des pays développés, semblons craindre cette discussion autant que celle que nos parents doivent nous donner au début de l’adolescence. Que veulent ces environnementalistes? Nous renvoyer à l’Âge de la pierre?&nbsp;</p>



<p>Nous n’avons pas à tomber dans les extrêmes. Comme pour ce qui en est de la consommation de viande, notre consommation sur un plan plus général peut, à mon avis, elle aussi être facilement diminuée sans réellement affecter notre bien-être. Je vous invite à prendre quelques temps pour vous poser ces questions: êtes-vous heureux avec votre vie? Si oui, qu’est-ce qui vous rend heureux? Sinon, qu’est-ce qui affecte votre bien-être?&nbsp;</p>



<p>Non, pas si vite. Prenez réellement le temps de réfléchir à ces questions.</p>



<p>Si vous êtes, cher lectorat, tout comme moi, un jeune Nord-Américain ayant la chance d’avoir un toit au-dessus de la tête, de la nourriture à manger ainsi que la liberté de choisir ce qu’il veut faire de sa vie (à part sortir après 20 heures), vous partez du bon pied dans votre quête du bonheur. Votre réponse finale dépend maintenant sûrement de votre situation familiale, vie amoureuse ainsi que vie sociale.</p>



<p>En fait, la majorité des individus vont réfléchir à ces facteurs lorsqu’on leur pose ces questions puisque nos relations interpersonnelles sont <a href="https://greattransition.org/publication/sustainability-and-well-being" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">extrêmement importantes</a> pour notre bien-être. Nous avons aussi la chance de vivre dans un pays qui nous donne l’opportunité d’être en sécurité, d’avoir accès à des soins de santé abordables et un minimum de stabilité financière: autant de <a href="https://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi=10.1.1.336.3620&amp;rep=rep1&amp;type=pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">facteurs essentiels</a> au bien-être.<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>En effet, vivre dans un pays développé augmente nos chances de mener <a href="https://ourworldindata.org/happiness-and-life-satisfaction" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une vie satisfaisante</a>. Néanmoins, notre consommation a‑t-elle un rôle à jouer dans notre bonheur?</p>



<p>La réponse est oui, définitivement. Cependant, consommer apporte des bénéfices incontestables jusqu’à un certain point. Une fois que nous possédons l’essentiel, il nous arrive de consommer, entre autres, pour atteindre les standards de notre entourage: nous sommes des êtres sociables, après tout. Nous tirons non seulement du bonheur à posséder davantage de richesse et à consommer plus, mais aussi à en avoir <a href="https://greattransition.org/publication/sustainability-and-well-being" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plus que les autres</a>.</p>



<p>Cette consommation en quelque sorte «compétitive» peut rapidement devenir une course à l’abîme: nous dépensons de plus en plus pour des choses que nous désirons à moitié, mais que nous nous sentons obligé de nous procurer afin de bien paraître devant notre entourage. Malgré l’apparence cliché de cet énoncé, des études sérieuses ont mené à des constatations impressionnantes qui supportent cet argument.&nbsp;</p>



<p>Au milieu des années 1970, l’économiste Richard Easterlin a constaté au travers de recherches empiriques que le niveau de satisfaction de vie moyen répertorié par un Américain <a href="https://esrc.ukri.org/about-us/50-years-of-esrc/50-achievements/the-easterlin-paradox/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">est demeuré constant</a> à long terme malgré une croissance économique soutenue. <a href="https://www.pnas.org/content/107/52/22463" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Une étude plus récente</a>, utilisant une base de données comprenant 54 nations, a été effectuée et confirme aussi cet énoncé. Bien qu’à court terme, la satisfaction de vivre répertoriée augmente avec l’activité économique du pays, il n’y a aucune corrélation significative entre ces deux variables à long terme. <a href="https://greattransition.org/publication/sustainability-and-well-being#endnote_7" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Deux explications</a>, supportées par des données empiriques, sont mises de l’avant: la satisfaction tirée de notre consommation dépend du niveau de consommation auquel nous avons été habitués et du niveau de consommation observé dans son environnement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«N’avons-nous pas quelques biens et services que nous consommons régulièrement qui ne nous rendent pas réellement heureux?»</p>
</blockquote>



<p>Sachant que statistiquement, augmenter sa consommation ne risque pas d’augmenter sa satisfaction de vivre, plusieurs questions se posent. À quel point voulons-nous réellement de plus grosses maisons, de plus grosses piscines creusées ou des garde-robes plus fournies? N’avons-nous pas quelques biens et services que nous consommons régulièrement qui ne nous rendent pas réellement heureux, voire même qui nous empêchent de profiter de l’essentiel? Au risque de me passer pour Pierre-Yves McSween, <a href="https://www.babelio.com/livres/McSween-En-as-tu-vraiment-besoin-/875442" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">en as-tu vraiment besoin</a>?</p>



<p>Effectivement, en levant la tête et en regardant autour de soi, je suis certain que nous pouvons tous penser à des choses que l’on consomme, sans trop réfléchir, parce que nous nous disons : «pourquoi pas?». Je pense donc que, pour réduire notre impact sur l’environnement, nous devons commencer par être des consommateurs consciencieux. Il s’agit de connaître l’impact de nos achats, de savoir ce qui est réellement important pour notre bonheur personnel et ce que l’on désire pour notre planète, de comprendre à quel point notre consommation est vorace en énergie et, surtout, de s’informer à savoir si la production se fait en <a href="https://www.ethicalconsumer.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">respectant nos valeurs</a>.</p>



<p>En effet, le jean fabriqué au Bangladesh que nous avons acheté sur un «pourquoi pas?» possède fort probablement des <a href="https://www.unicef.org/csr/files/CSR_BANGLADESH_RMG_REPORT.PDF" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">squelettes dans le placard</a>.&nbsp;</p>



<p>Nous, les jeunes de notre génération, allons bientôt entrer sur le marché du travail, gagner de l’argent ainsi que de l’influence. Nous allons modeler les standards de vie du monde de demain, pour le meilleur ou pour le pire. Autant qu’il est important de réclamer de nouvelles réglementations auprès de nos institutions politiques, il faut aussi reconnaître notre rôle individuel, qui est de limiter notre demande énergétique.&nbsp;</p>



<p>Contrairement à la croyance populaire, ceci n’a pas besoin d’être un supplice: en effet, nous pourrions même en tirer des bénéfices.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/15/etre-vert-a-sa-maniere/" data-wpel-link="internal">Être vert à sa manière</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Panneaux solaires, pas toujours verts</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/19/panneaux-solaires-pas-toujours-verts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex DePani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jan 2021 13:58:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[éoliennes]]></category>
		<category><![CDATA[Gaz à effet de serre]]></category>
		<category><![CDATA[lithium]]></category>
		<category><![CDATA[panneaux solaires]]></category>
		<category><![CDATA[réchauffement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'environnement]]></category>
		<category><![CDATA[sciences et politiques]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=40720</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les énergies renouvelables ont aussi leurs défauts, qu'il ne faut pas ignorer.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Je n’apprends rien à qui que ce soit en disant qu’en ce moment même, l’Amazonie est en train de brûler, les glaciers sont en train de fondre et notre biodiversité est en train de s’appauvrir à un rythme menaçant. C’est pour cela que tous et toutes, incluant nos vedettes favorites, exigent des politiques drastiques afin d’effectuer un «virage vert» dans le but de combattre le changement climatique. Au menu: rayer les méchantes industries fossiles de notre économie pour ensuite les remplacer par notre messie, les énergies renouvelables. Tout ce qu’il manque est un brin de courage politique, puis nous pouvons amorcer notre transition vers une planète non seulement prospère, mais équitable à travers le monde entier et pour des générations à venir. </p>



<p>Cela est souvent le discours qui sort des réseaux sociaux, des médias, ainsi que de la bouche des <a href="https://www.youtube.com/watch?v=V92-TSwJtXY" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Al Gore</a> de ce monde, qui, selon moi, projette une image dangereusement simple de l’enjeu. Nous avons souvent tendance à l’oublier, mais nos émissions de gaz à effet de serre (le dioxyde de carbone, le méthane ou l’oxyde nitreux provenant de nos diverses activités) ne représentent pas l’unique façon d’avoir un impact négatif sur notre environnement. Que nous le voulions ou non, nos émissions de gaz à effet de serre sont présentement un mal nécessaire afin de subvenir à notre demande gargantuesque d’énergie.&nbsp;</p>



<p>Autant je suis confiant que nos énergies renouvelables puissent éventuellement remplacer une grande part des énergies fossiles, autant j’ai la certitude que se limiter à cette transition ne nous mènera pas à un monde réellement durable.</p>



<p>En effet, nos technologies vertes, même si elles émettent généralement beaucoup <a href="https://www.world-nuclear.org/uploadedFiles/org/WNA/Publications/Working_Group_Reports/comparison_of_lifecycle.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">moins de gaz à effet de serre </a>tout au long de leur cycle de vie (c’est-à-dire du moment où nous allons chercher les matériaux nécessaires à leur construction dans le sol jusqu’au moment où la technologie est hors d’usage), présentent quelques problèmes environnementaux qui risquent d’être difficiles à ignorer.&nbsp;</p>



<p><strong>Derrière les rideaux</strong></p>



<p>Concentrons-nous maintenant sur l’impact environnemental d’une technologie verte particulière qui sera essentielle si l’on désire une transition à des énergies renouvelables: la batterie au lithium. Non seulement est-elle utilisée dans la majorité des modèles <a href="https://www.idtechex.com/en/research-report/lithium-ion-batteries-for-electric-vehicles-2020-2030/678" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">d’autos électriques</a> ainsi que dans <a href="https://batteryuniversity.com/learn/archive/is_lithium_ion_the_ideal_battery" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">nos téléphones intelligents</a>, <span class="has-inline-color has-noir-color">mais</span><span class="has-inline-color has-philo-color"> </span>elle sert aussi à emmagasiner l’énergie qui est produite par nos turbines éoliennes et <a href="https://ensia.com/features/solar-plus-storage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">nos panneaux solaires</a> (en effet, tu ne veux pas que ta maison alimentée aux panneaux solaires arrête de se chauffer en une nuit glaciale de janvier à Montréal).</p>



<p>La batterie au lithium présente deux problématiques principales: premièrement, l’extraction de cet «or blanc» tel quel et deuxièmement, l’extraction du cobalt, un élément aussi utilisé dans ces «batteries du futur».</p>



<p>Le Chili possède actuellement la plus grande <a href="https://www.statista.com/statistics/268790/countries-with-the-largest-lithium-reserves-worldwide/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">réserve de lithium</a>, et de loin. Cependant, comme tous métaux, ce lithium doit être extrait du sol: les réserves, situées profondément sous la surface, doivent être remontées à l’aide d’immenses quantités d’eau (soit <a href="https://www.greenmatters.com/p/fracking-vs-lithium-mining" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1 900 000 litres d’eau</a> pour une tonne de lithium!). On laisse cette solution de lithium dilué sécher au soleil pendant douze à dix-huit mois pour ensuite récolter le fruit de nos efforts. Même si la majorité de l’eau utilisée est salée, cette pratique cause un grand stress sur les communautés locales&nbsp;qui vivent déjà dans des régions arides: les rivières ne s’écoulent plus au même débit qu’autrefois, au <a href="https://www.dw.com/en/lithium-extraction-for-e-mobility-robs-chilean-communities-of-water/a-51844854" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">grand désarroi des agriculteurs</a> qui dépendent de ces dernières pour leur subsistance.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il n’est pas rare de voir des enfants travaillant à mains nues dans des tunnels non sécuritaires»</p></blockquote>



<p>Avec un manque d’encadrement, l’extraction du lithium peut mener à des conséquences environnementales encore plus catastrophiques. Les sites d’extraction, particulièrement ceux qui utilisent des méthodes plus conventionnelles, contiennent <a href="https://www.freetibet.org/files/BYD%20in%20Tibet%20-%20the%20costs%20of%20lithium%20extraction.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des toxines dangereuses</a> qui peuvent s’échapper dans l’air, l’eau et le sol. Malheureusement, ce ne sont pas tous les pays qui ont les moyens d’implanter avec rigueur les normes minimales de sécurité lorsque vient le temps de réglementer les compagnies minières. Le Tibet n’est pas étranger à ce genre d’incident: <a href="https://tibetnature.net/en/lichu-river-poisoned-case-minyak-lhagang-lithium-mine-protest/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des déversements d’acide</a> non réglementés dans les rivières du pays (provenant des mines de lithium) mènent à la destruction des écosystèmes.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le cobalt, jouant un rôle important dans <a href="https://www.cobaltinstitute.org/renewable-energy.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la confection</a> de batteries au lithiu<span class="has-inline-color has-noir-color">m, provoque aussi son lot de controverses. Près de 60% des réserves exploitées de ce métal sont situées en République démocratique du Congo: ce pays n’est malheureusement pas en mesure d’implanter des réglementations efficaces, tout comme on a pu le constater au Tibet. En effet, l’extraction du cobalt dans ce pays d’Afrique centrale engendre non seulement des problématiques environnementales typiques des activités minières, mais aussi <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2019/03/amnesty-challenges-industry-leaders-to-clean-up-their-batteries/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des violations des droits humains</a>. Il n’est pas rare de voir <a href="https://ensia.com/features/cobalt-sustainability-batteries/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des enfants</a> travaillant à mains nues dans des tunnels non sécuritaires, respirant les poussières dangereuses de leur milieu de travail.&nbsp;</span></p>



<p>Évidemment, la batterie au lithium n’est pas la seule technologie que nous voulons déployer à grande échelle qui risque d’apporter des répercussions environnementales. <a href="https://www.eia.gov/energyexplained/solar/solar-energy-and-the-environment.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Panneaux solaires</a> sur nos toits, <a href="https://justenergy.com/blog/wind-energy-pros-and-cons/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">éoliennes</a> dans nos champs ainsi que <a href="https://www.encyclopedie-energie.org/l-amenagement-de-selingue-au-mali/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">barrages hydroélectriques</a> sur nos rivières ne sont pas sans impacts. Je vous recommanderais aussi de prendre le temps d’observer des images de <a href="https://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/actualite/sciences/l-eau-victime-de-la-guerre-du-lithium-au-chili_2040488.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">piscines en processus d’évaporation au Chili</a>, de <a href="https://tibetnature.net/en/lichu-river-poisoned-case-minyak-lhagang-lithium-mine-protest/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">poissons que l’on soupçonne avoir été tués</a> par des déversements d’acide non réglementés provenant de mines de lithium et de <a href="https://afriqueitnews.com/news/apple-microsoft-google-dell-tesla-rejettent-implication-travail-enfants-rdc/attachment/cobalt-rdc/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">jeunes garçons travaillant</a> aux mines artisanales de cobalt en République Démocratique du Congo:<strong> </strong>ces images qui frappent valent mille mots.</p>



<p><strong>Passer du «</strong><em><strong>How dare you!</strong></em><strong>»</strong> <strong>au «<em>How dare we?</em>»</strong></p>



<p>Malgré les critiques que j’adresse aux énergies renouvelables, je crois tout de même qu’une transition énergétique apportera son lot de bénéfices.<strong> </strong>Malgré leurs failles, beaucoup de nos nouvelles technologies n’ont pas les défauts qu’on observe lors de l’exploitation des énergies fossiles. En effet, nous nous lançons dans une dangereuse expérience en émettant annuellement environ <a href="https://www.wri.org/blog/2018/12/new-global-co2-emissions-numbers-are-they-re-not-good" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">37 milliards</a> de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère,<strong><span class="has-inline-color has-philo-color"> </span></strong>puisque ce gaz a la capacité d’augmenter la température <span class="has-inline-color has-noir-color">de la planète</span> (particulièrement aux pôles) à cause de <a href="https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/sciences/l-effet-de-serre-s1353" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’effet de serre</a>. La combustion de charbon, grandement utilisée en <a href="https://www.statista.com/statistics/265510/countries-with-the-largest-coal-consumption/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Chine et en Inde</a>, influence aussi la quantité de particules fines dans <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969720319203" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’air ambiant</a>.<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>Ces particules fines peuvent mener à des <a href="https://www3.epa.gov/region1/airquality/pm-human-health.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">problèmes</a> cardiaques et pulmonaires pouvant aboutir à des morts prématurées. De plus, plusieurs avancées et découvertes géniales, telles que des panneaux solaires qui fonctionnent de nuit, se font sur le front des énergies renouvelables: cela me donne confiance que l’impact environnemental de chaque batterie, éolienne ou cellule photovoltaïque sur le marché devrait diminuer graduellement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La consommation d’énergie moyenne par Américain est d’environ 80 000 kWh par personne par année»</p></blockquote>



<p>Donc, d’où vient mon doute qu’une «révolution verte», changeant toutes nos énergies fossiles pour des énergies renouvelables dans les trente prochaines années, risque de ne pas suffire si l’on veut réellement vivre en harmonie avec notre environnement à long terme? </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="931" height="573" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/2021-01-18-2.png" alt class="wp-image-40872" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/2021-01-18-2.png 931w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/2021-01-18-2-330x203.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/2021-01-18-2-768x473.png 768w" sizes="auto, (max-width: 931px) 100vw, 931px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/alex-depani/?media=1" data-wpel-link="internal">Alex DePani</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Comme il est possible de le constater sur ce diagramme, près de 85% de notre énergie totale utilisée provient d’une combinaison d’énergies fossiles: pétrole, gaz naturel et charbon. Somme toute, notre consommation d’énergie annuelle grimpe à (je vous épargne les démarches mathématiques derrière mon calcul) 153 trilliards de kilowattheures (kWh).&nbsp;</p>



<p>Si vous avez pris le temps de <em>googler</em><strong><span class="has-inline-color has-philo-color"> </span></strong>«<a href="https://www.hydroquebec.com/residentiel/espace-clients/compte-et-facture/comprendre-facture/exemples-kilowattheure.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">qu’est-ce qu’un kilowattheure</a>?» vous avez sûrement réalisé que cette quantité d’énergie (suffisante pour chauffer votre plat au micro-onde pour les prochaines 17,4 milliards d’années) est, en effet, gargantuesque.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ces technologies «&nbsp;vertes&nbsp;»<strong> </strong>présentent déjà quelques problématiques et ne feront pas de miracles»</p></blockquote>



<p>Cependant, si on distribue équitablement cette quantité d’énergie parmi la population mondiale, nous obtenons une quantité d’énergie équivalente à environ 20 000 kWh par personne par année. La consommation d’énergie moyenne par Américain, quant à elle, est d’environ <a href="https://www.connaissancedesenergies.org/rappels-de-chiffres-cles-sur-la-situation-energetique-des-etats-unis-201104" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">80 000 kWh par personne</a> par année.&nbsp;</p>



<p>La population mondiale, particulièrement dans les pays en développement, <a href="https://www.worldometers.info/world-population/?content_title=Why+You%27re+Losing+Proposals&amp;content_format=ebook&amp;offer_by_author=Jami+Oetting" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">augmente aussi graduellement</a>. Ces pays en développement, qui ont l’œil sur le «<em>American way of life</em>», ne risq<span class="has-inline-color has-noir-color">uent que d’augm</span>enter radicalement notre demande énergétique. Évidemment, <a href="https://www.weforum.org/agenda/2019/01/10-mega-trends-for-india-in-2030-the-future-of-consumption-in-one-of-the-fastest-growing-consumer-markets/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des pays comme l’Inde</a> vont vouloir offrir à leurs citoyens ce qui est reconnu comme la «haute vie» sur les marchés.</p>



<p>Voilà donc mon doute, suite logique mon inquiétude, lorsqu’on se fait dire que «tout ce qu’il faut, c’est de se débarrasser des énergies fossiles et le tour est joué».</p>



<p>Oui, nous risquons de voir les risques de changements climatiques diminuer puisqu’on sait que l’exploitation d’énergies renouvelables émet moins de gaz à effet de serre. Cependant, est-ce qu’il reste sage de croire que multiplier le déploiement de nos technologies «vertes» pour subvenir à la totalité de notre grandissante demande d’énergie dans les prochaines décennies ne va pas créer d’autres problèmes environnementaux? Des problèmes auxquels on n’aurait même pas pensé? Ces technologies «vertes» présentent déjà quelques problématiques et ne feront pas de miracles. Malheureusement, l’être humain ne semble pas être capable de prédire les problèmes qu’il va créer: nous essayons plutôt de les corriger une fois que nous sommes dos au mur.</p>



<p>Je termine donc ce texte en vous proposant d’amorcer cette réflexion: et si le problème était situé avant tout du côté de la demande, et non de l’offre? Autrement dit, pourquoi ne parlons-nous pas un peu plus de méthodes pour réduire de façon significative notre demande d’énergie?&nbsp;</p>



<p>Cela nous met peut-être mal à l’aise: particulièrement nous, citoyens parmi les mieux nantis de ce monde, puisqu’il ne suffit plus simplement de prendre la rue pour réclamer «que nos gouvernements se réveillent». Cela implique que bien qu’il soit important de réclamer du changement, il faut nous aussi nous regarder dans le miroir afin de changer nos habitudes.</p>



<p>Puis, devinez quoi? Cela risque de ne pas être facile. Je pense que l’on pourrait cependant en bénéficier plus que l’on imagine. Une chose est certaine: il est important que l’on en parle davantage, que l’on s’éduque sur le sujet davantage et que l’on ne se sou<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">straite</span><span class="has-inline-color has-noir-color"> </span>pas de l’équation.</p>



<p></p>
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