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Brésil : Lula réélu, Flavio Bolsonaro battu

Entre contestations, fuite et divisions nationales.

Entre revendications politiques et agitation économique, le 25 octobre 2026 marque un tournant dans l’avenir du Brésil. D’après l’Institut Montaigne, le président sortant Lula a remporté le second tour des élections avec environ 51,8 % des voix contre 48,2 % pour Flávio Bolsonaro, soit près de 4,4 millions de voix d’écart. Il s’agit du quatrième mandat – non consécutif – pour le politicien de 80 ans élu pour la première fois à la tête du Brésil en 2003. Il prêtera serment le 5 janvier 2027.

Ces résultats sont un retournement inattendu. En effet, Flávio Bolsonaro, sénateur de 45 ans et fils de l’ex​-président Jair Bolsonaro, avait devancé Lula au premier tour (environ 47,1 % contre 45,1 %). Les sondages l’annonçaient d’ailleurs encore vainqueur avant le second tour.

Dès le soir du scrutin, Flávio Bolsonaro a dénoncé une « sacanagem » (magouille) et a demandé l’annulation du vote, ce qui rappelle la réaction de son père, Jair Bolsonaro, en 2022. Ce dernier purge actuellement une condamnation à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. Le parti de Bolsanaro a fini par reconnaître la victoire de Lula, mais, à la suite de suspicions de corruption et de blanchiment d’argent, un juge a obligé Flávio à remettre ses passeports et lui a interdit de quitter le pays. Donald Trump a, de son côté, qualifié le scrutin de « truqué », et a même accueilli le candidat battu aux États-Unis après sa fuite du Brésil.

La réélection de Lula au pouvoir s’inscrit dans un contexte de fortes tensions politiques au Brésil ainsi qu’une instabilité économique due à la montée des prix ; le président devra donc faire face à plusieurs enjeux.

La droite domine le Congrès, avec le Parti libéral de Bolsonaro comme première force. Avec une chambre divisée, les analystes jugent que réformes et budget seront difficiles à faire passer. Le Congrès contrôle par ailleurs une large part des dépenses publiques, ce qui menace les programmes sociaux promis par Lula et son parti, historiquement marqué à gauche.

Économie fragile

La dette du Brésil dépasse aujourd’hui 80 % du PIB, et, alors que la croissance est attendue en baisse, l’inflation et les taux d’intérêt restent élevés. Les marchés, qui espéraient plutôt la victoire de Bolsonaro, ont réagi violemment : le réal brésilien a perdu plus de 8 % par rapport au dollar américain et la Bourse a brièvement suspendu ses échanges. Les investisseurs craignent surtout que les dépenses sociales promises aggravent le déficit.

Solidité démocratique

L’enjeu est de voir si le camp Bolsonaro accepte le résultat dans la durée. L’écart de voix rend, selon le politologue Oliver Stuenkel, une thèse de fraude très difficile à défendre.

Du côté géopolitique, la victoire de Lula freine la vague conservatrice proche de Trump dans la région (Argentine, Colombie, Pérou). Quoique réjouissant pour une partie des Brésiliens rejetant la proximité du camp bolsonarien avec le président américain, la réélection d’un candidat ouvertement opposé aux politiques (notamment économiques) menées par Trump laisse aussi présager des relations tendues avec Washington.


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