Gorillaz est un groupe de musique britannique virtuel créé par Damon Albarn et Jamie Hewlett en 1998. Tandis qu’Albarn s’occupe de la partie musicale, Hewlett est l’artiste derrière toute la partie visuelle. Le duo fondateur reste plutôt dans l’ombre, puisque les membres de Gorillaz sont présentés comme quatre personnages de dessin animé : 2‑D (chant), Noodle (guitare, clavier), Murdoch Niccals (guitare, basse) et Russel Hobbs (batterie). Un riche univers autour de la formation fictive s’est construit au fil des années à travers de nombreux vidéoclips, des courts-métrages et même des entrevues écrites à l’avance.
The Mountain est le neuvième album studio de la formation, sorti 25 ans après leur premier projet. Il a été conçu durant une période de deuil pour le duo créatif, dont les membres ont tous deux perdu leur père en l’espace de deux semaines. Même si la mort est le filon conducteur de l’album, le ton est loin d’être mélancolique. La cinquième chanson, « The Orange County », s’attaque à la tristesse du deuil à l’aide d’une mélodie construite autour d’un sifflement jovial : « Tu sais le plus difficile / C’est de dire au revoir à quelqu’un que tu aimes (tdlr) » (You know the hardest thing / Is to say goodbye to someone you love).
« Même si la mort est le filon conducteur de l’album, le ton est loin d’être mélancolique »
Albarn et Hewlett, durant la création de l’album et leur processus de deuil, ont effectué plusieurs voyages en Inde qui ont influencé les thématiques majeures abordées dans The Mountain. Cela se ressent notamment dans le côté spirituel de l’album. La mort est abordée à travers le spectre de la réincarnation, ce qui aide en partie à atténuer son côté tragique. Le choix des collaborations en témoigne parfaitement, car elles sont parfois prises d’anciens enregistrements d’artistes décédé·e·s, comme c’est le cas avec le rappeur Proof sur « The Manifesto », qui renaît temporairement le temps de quelques couplets. La structure même du projet rappelle la réincarnation, puisque la mélodie d’ouverture est la même que celle qui conclut l’album. Il est donc idéal d’écouter l’album dans son ordre chronologique, d’un bout à l’autre, pour en faire l’expérience optimale. Le projet se termine avec « The Sad God », qui met en scène un dieu découragé et déçu par l’humanité : « Je vous ai donné des atomes, vous avez construit une bombe / Maintenant il n’y a plus rien et je suis parti » (I gave you atoms, you built a bomb / Now there is nothing and I have gone).
Fidèle à ses habitudes, Gorillaz multiplie les collaborateur·ice·s et les genres musicaux dans lesquels il puise. The Mountain est influencé par le rap, le trip hop, la musique classique indienne, le rock alternatif et plus encore. Il est le résultat de plusieurs collaborations entre différents pays, ce qui crée une œuvre multiculturelle au son riche et singulier. Cette diversité se manifeste entre autres par les langues dans lesquelles chantent les artistes invité·e·s : l’anglais, l’arabe, l’hindi, l’espagnol et le yoruba.
Pour accompagner la sortie de l’album, Gorillaz a publié un court-métrage de huit minutes intitulé « The Mountain, The Moon Cave and The Sad God », titre qui fait allusion à trois chansons différentes. Véritable lettre d’amour à l’âge d’or de l’animation, le film s’inspire grandement du Livre de la jungle. Le projet dirigé par Hewlett et réalisé par des dizaines d’artistes s’est échelonné sur plusieurs mois, puisque le groupe tenait à ce qu’il soit entièrement dessiné et peint à la main. L’attention aux plus fins détails témoigne de la passion encore bien vivante d’Albarn et Hewlett. Grâce à cette passion, Gorillaz arrive à réaliser un album monumental qui se hisse parmi les meilleurs de la formation.
The Mountain est disponible sur toutes les plateformes de diffusion en continu et en format physique. Gorillaz sera au Centre Bell le 3 octobre 2026, où l’on pourra voir de grands écrans diffuser des vidéos du groupe virtuel, tandis qu’Albarn et une dizaine de musiciens se produiront sur scène. Les billets sont déjà en vente sur evenko.ca.


