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L’enseignement supérieur québécois profite d’une hausse budgétaire importante

La sobriété budgétaire de Québec pour 2026–2027.

Toscane Ralaimongo | Le Délit

Le ministre des Finances Éric Girard a déposé la semaine dernière le budget provincial pour l’exercice 2026–2027. Pour son huitième budget, le ministre caquiste garde dans l’optique l’équilibre budgétaire prévu à l’horizon 2030. Le déficit est notamment ramené à 8,6 milliards, alors qu’il s’élevait à 9,9 milliards pour l’année financière 2025–2026. Cette réduction du déficit s’inscrit dans le plan de retour à l’équilibre budgétaire datant de 2025. L’objectif ? Satisfaire les agences de notation, comme la Standard & Poor’s (S&P), qui avait abaissé la note fiscale de Québec de AA- à A+, signal d’une plus forte instabilité économique. 

Plusieurs mesures sont à signaler dans ce budget qualifié de « sobre », par Girard. 

Un budget qui soutient l’enseignement supérieur 

L’augmentation du budget de 3,7 % en enseignement supérieur était très attendue par les universités et les cégeps de la province. Selon Marie Montpetit, présidente-directrice générale de la Fédération des cégeps, ces derniers ont accueilli le budget « avec soulagement » ; celui-ci devrait permettre de « couvrir les coûts de système, dont les indexations salariales, ainsi que la croissance de la population étudiante ». L’enseignement supérieur québécois profite ainsi de « la deuxième plus forte hausse » dans ce budget. 

Il s’agit d’une nouvelle qui concerne directement l’Université McGill, en partie financée par la province. L’an dernier, la politique budgétaire de Québec avait contraint l’Université à suspendre certaines activités en raison d’un déficit de 45 millions de dollars. L’Université n’a pas encore réagi aux hausses budgétaires de Québec. 

Des investissements à la hausse en infrastructures 

Selon un communiqué du ministère des Finances, « le gouvernement rehausse de plus de 5 milliards de dollars sur six ans les investissements en infrastructures », notamment pour venir en aide à des secteurs prioritaires, « soit la santé et les services sociaux, l’éducation et l’enseignement supérieur, le transport collectif et le réseau routier, de même que dans la poursuite de la transformation numérique des organismes publics ». Le Plan québécois des infrastructures (PQI) s’élèvera à 167 milliards de dollars pour l’année financière à venir. 

En termes d’infrastructures en éducation, les investissements supplémentaires pour l’année à venir s’élèvent à 370,2 millions de dollars, bien en deçà des 950 millions demandés par la Fédération des cégeps. « Ce budget ne permettra pas d’offrir l’oxygène nécessaire aux cégeps pour absorber la forte croissance des effectifs étudiants dans certains cégeps et moderniser les équipements pédagogiques », dénonce la Fédération dans son communiqué.

D’autres points du budget 

Le Québec investira aussi 260,3 millions de dollars sur cinq ans dans la lutte contre les violences sexuelles et conjugales, mais aussi 280,4 millions de dollars pour aider le secteur de l’audiovisuel et des télédiffuseurs privés, fragilisés par un déclin dans leurs revenus publicitaires. 75,4 millions de dollars sont alloués pour les médias d’information.

Le 31 mars, la dette nette du Québec s’élèvera à 38,8 % du PIB, soit une baisse de 4,1 points de pourcentage par rapport au niveau de la progression du PIB réel est par ailleurs estimée à 1,1 % pour l’année 2026 par le gouvernement. En attendant une hausse attendue de 1,4 % en 2027.


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