Surplombant le campus de l’Université McGill, l’ancien site de l’hôpital Royal Victoria, aussi appelé Royal Vic, fait depuis des années partie du paysage quotidien étudiant. Rares sont ceux qui ne connaissent pas le chantier continu de l’avenue des Pins, que l’on aperçoit lorsque l’on gravit la rue University vers les résidences supérieures ou le pavillon Duff de médecine.
Après la fermeture de l’hôpital en 2015, le gouvernement du Québec en est devenu propriétaire, confiant à la Société québécoise des infrastructures (SQI) la responsabilité d’en étudier la requalification. Si une portion du Royal Vic a été cédée à McGill dans le cadre de son projet Nouveau Vic visant la conception d’un pôle de recherche interdisciplinaire, la majorité du site demeure sous la direction de la SQI. La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), contractée pour analyser la transformation de six pavillons en cité universitaire, a fait paraître un rapport le 6 février 2026. Dans l’analyse, la CDPQ affirme que, quoique la conversion en résidences soit « techniquement réalisable », l’ampleur et le coût des interventions requises contraignent le Québec à mettre de côté ses plans – du moins pour l’instant. Le projet proposé aurait permis la création d’environ 1 150 lits étudiants à deux pas du campus de l’Université McGill, de quoi transformer les quêtes de logement étudiant. Cette perspective s’avère cependant irréalisable dans sa forme actuelle : les six bâtiments étudiés sur le site de l’hôpital Royal Victoria présentent tous des signes avancés de détérioration, dont quatre possèdent une valeur patrimoniale, un statut qui, selon les règlements municipaux en vigueur, interdisent leur démolition, ce qui complique considérablement toute transformation majeure du complexe.
À peine dix minutes après la publication de ce rapport, la SQI y répond et déclare en « prendre acte ». Même si « les conditions ne sont pas réunies pour donner suite à la proposition sous sa forme actuelle », la SQI maintient que le site du Royal Vic a du potentiel et que le rapport de la CDPQ permettra de « poursuivre ses démarches avec de nouvelles données ». De plus, les contraintes budgétaires ne touchent que le projet de résidence étudiante, pas celui du Parc du développement durable de McGill. C’est ce que souligne aussi la porte-parole de l’Université : « Le pôle multidisciplinaire […] progresse comme prévu, avec une ouverture envisagée en 2029. » Elle explique que « McGill n’est pas impliquée dans la gestion du site au-delà du Parc du développement durable ».


