Aller au contenu

McGill a les yeux rivés sur Milan

L’Université espère voir rayonner les siens aux Jeux Olympiques.

Catvy Tran | Le Délit

Quatre ans après Pékin 2022, les Jeux olympiques (JO) d’hiver feront leur retour ce vendredi 6 février dans les villes italiennes de Milan et Cortina d’Ampezzo. Alors que l’Italie s’apprête à recevoir les délégations des pays du monde entier, l’Université McGill espère trouver certains des siens parmi les rangs des Olympiens. Ses athlètes canadiens et internationaux ont souvent fait la fierté de l’Université à travers l’histoire des jeux contemporains. Depuis les JO de Paris en 1900, on compte 156 Olympiens mcgillois, dont 34 médaillés, 12 d’or.

La scène olympique ne se limite d’ailleurs pas uniquement aux athlètes. Depuis Paris 1900, on retrouve aussi 258 mcgillois travaillant dans les coulisses des jeux, en tant qu’administrateurs ou employés dans les délégations et comités olympiques. L’implication de McGill dans les Jeux olympiques de Milan a commencé pendant la période de préparation. Le 8 janvier, l’équipe féminine de hockey, les McGill Martlets, a accueilli l’équipe d’Italie dans un match d’exhibition historique, qui s’est scellé par une victoire italienne sur le score de sept à zéro.

Le succès de McGill

Si le Canada se place onzième au classement des médailles par habitant dans l’histoire des jeux d’hiver, c’est grâce à la grande culture sportive du pays, notamment en matière de sports hivernaux. Par la formation de ses athlètes, les universités, y compris McGill, ont joué un rôle incontournable dans le développement de cette culture. Cette structure se transforme néanmoins. Dans un entretien accordé au Délit, Earl Zukerman, responsable des communications sportives à McGill et grand connaisseur de l’histoire sportive mcgilloise, explique qu”« historiquement, les programmes sportifs universitaires ont joué un rôle important dans la formation des athlètes olympiques. Cependant, avec l’essor des centres d’entraînement nationaux au cours des dernières décennies, le parcours vers l’excellence sportive a considérablement changé ».

Zukerman tient tout de même à rappeler l’implication de McGill au-delà des athlètes. Il souligne qu’« une douzaine d’anciens élèves et d’affiliés de McGill seront en Italie pour jouer [divers, ndlr] rôles. Parmi eux, Laurent Duvernay-Tardif, champion du Super Bowl de la NFL, est analyste pour Radio-Canada. L’ancienne joueuse de volleyball de McGill, Marie-Andrée Lessard, fait partie du personnel de mission du Comité olympique canadien, tandis que plusieurs anciens joueurs de hockey de McGill entraîneront l’équipe féminine italienne. De plus, le personnel de la clinique de médecine sportive de McGill fournira des services médicaux aux athlètes ». La relation entre les Jeux Olympiques et McGill est réciproque. David Urquhart, entraîneur de l’équipe masculine de hockey de McGill rappelle : « Nous avons l’immense chance de compter parmi notre équipe d’entraîneurs Peter Smith, qui a représenté le Canada aux Jeux olympiques de 2006 et 2010 en tant qu’entraîneur adjoint de l’équipe nationale féminine canadienne, remportant l’or lors des deux participations les deux fois avec des McGilloises dans l’équipe ! (tdlr) »

Des jeux et du prestige

Les Jeux olympiques étant le symbole ultime de l’excellence sportive, il n’est pas surprenant que McGill soit si fière d’y être représentée. Zukerman explique que « les Jeux olympiques sont sans doute la marque la plus puissante dans le domaine du sport mondial, de sorte que toute association avec eux revêt une importance réelle. Par conséquent, chaque fois qu’un étudiant ou un diplômé de McGill monte sur le podium, cela renforce considérablement le profil sportif de l’Université ».

La force sportive de McGill devra néanmoins être maintenue pour préserver son prestige. Une dynamique alors rendue paradoxale par la suppression de plusieurs équipes universitaires en décembre dernier. Zukerman rappelle que McGill bénéficie « d’un prestige sportif que très peu d’universités dans le monde peuvent égaler » en partie grâce à son succès olympique. Des questions émergent alors sur la capacité des équipes universitaires à fournir des athlètes d’élite lorsque les conséquences sportives des suppressions se feront ressentir.

Pour ces Jeux Olympiques, le sport demeure évidemment à l’honneur. L’impatience pour les jeux peut être comblée en s’adonnant au jeu des pronostics. Pour sa part, Zukerman se fie aux données et voit le Canada se placer dans le top cinq, avec un podium en vue dans le meilleur scénario. Quant à lui, Urquhart ne se prononce pas sur le classement général, mais envisage l’or pour l’équipe de hockey masculine.


Dans la même édition