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Natasha, Pierre & la comète de 1812

La nouvelle production de la AUTS est un tour de force.

Mai DaSilva

Un an après son adaptation de Company, la Arts Undergraduate Theater Society (AUTS) revient sur le devant de la scène avec Natasha, Pierre & The Great Comet of 1812. Dotée d’une équipe de 46 étudiants – dont 17 interprètes et un orchestre en direct – la troupe disposait de tous les éléments nécessaires à la réussite du projet. Et le pari est relevé. Plus de 180 billets ont été vendus pour la première représentation, suivie de plusieurs soirs à guichets fermés. Difficile d’imaginer qu’un seul spectateur soit ressorti déçu de la salle du Théâtre Plaza.

Dès le numéro d’ouverture, le spectateur est transporté dans le Moscou du 19e siècle à travers cette comédie musicale inspirée du volume deux, tome cinq de Guerre et paix de Léon Tolstoï. Lors de la première chanson, le public est mis en garde : il y a beaucoup de personnages et ils possèdent chacun « neuf noms différents (tdlr) », mais on se prend vite au jeu. Selon Milan Miville-Dechene, metteur en scène de la production, The Great Comet of 1812 trouve une résonance toute particulière chez le corps étudiant, ce qui a motivé son choix. « Le mélange de pop, techno, folk, a de quoi convertir n’importe quel étudiant aux comédies musicales. On trouve dans la pièce des enjeux très actuels et de nombreux parallèles avec l’expérience universitaire », explique-t-il. Natasha et Sonya arrivent en effet à Moscou avec des rêves et des aspirations personnelles, tout comme les étudiants de première année à l’Université McGill. Et si les personnages paraissent insouciants sur scène, la pièce demeure pourtant plongée dans l’ombre d’une guerre qui sévit à l’extérieur du huis clos : « Il y a une guerre qui fait rage / Quelque part, là-bas / Et Andrey n’est pas là ».

La passion de la troupe crève les yeux. Sourires aux lèvres et regards brillants, les interprètes dégagent un enthousiasme hautement communicatif. Le public se prend lui aussi à sourire en les regardant. Tout au long du spectacle, leur professionnalisme est indéniable : le jeu est impeccable, les chorégraphies parfaitement réglées, le tout étant le fruit de plusieurs mois de travail acharné. Milan confie avoir étudié attentivement Guerre et paix afin d’informer sa mise en scène. Les comédiens sont en mouvement constant et exploitent l’espace scénique de manière particulièrement réussie – la scène déborde jusque dans la salle et les interprètes interagissent directement avec le public. Milan rappelle que le théâtre est avant tout « un moment partagé » : « L’énergie du public et des interprètes s’alimentent mutuellement ». Le tout est étourdissant, mais juste assez.

Certaines performances individuelles, particulièrement remarquables, viennent solidifier l’ensemble. Claire Latella est splendide dans le rôle de Natasha – ingénue par excellence, elle incarne à la perfection la jeune femme fraîchement arrivée de la campagne, fascinée par le monde scintillant de Moscou. Sam Snyders, quant à lui, excelle dans le rôle de Pierre et apporte au récit la gravité qu’il requiert. Un immense coup de cœur pour la performance de Miranda De Luca dans le rôle de Sonya. Sa prestation de « Sonya Alone », extrêmement touchante, a été couronnée par un tonnerre d’applaudissements – et ce, malgré une salle relativement clairsemée pendant l’avant-première.

Natasha, Pierre & The Great Comet of 1812 est présentée au Théâtre Plaza le 29, 30 et 31 janvier.


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