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Vitória est un bulldozer émotionnel ne laissant point indifférent

Critique du film Vitória de Andrucha Waddington.

Réalisé par Andrucha Waddington, le long métrage brésilien Vitória raconte le parcours d’une aînée, Vitória (Fernanda Montenegro), dans le quartier Copacabana de Rio de Janeiro. La femme sera prête à remuer ciel et terre pour que cessent les coups de feu qui minent son quotidien. L’œuvre a été présentée durant le Festival du Film Brésilien de Montréal. 

La trame narrative du film est inspirée de faits réels. Près de la demeure de la protagoniste, les tirs de feu sont quotidiens et fréquents. De la fenêtre de son appartement, elle mène une véritable lutte pour obtenir une meilleure quiétude, et ce, tout en étant accompagnée par l’aide d’un journaliste. 

Rage et espoir innervent le fil conducteur de la trame narrative. L’impuissance de la protagoniste est palpable. Le désespoir qui s’installe scène par scène laisse progressivement naître un brin d’espoir qui foisonne, contre toute attente, telle une fleur poussant entre les roches les plus sèches. Caméra à la main, l’aînée documente les tirs qui nuisent à sa tranquillité pour constituer une preuve de ce qu’elle vit. 

Vitória ne se laisse pas intimider. Elle est d’une résilience que nulle vague ne peut engloutir, aussi forte soit-elle. Face à l’injustice qu’elle vit, elle se retrousse les manches et déploie une impressionnante persévérance qui ne laisse point indifférent. L’aînée, qui a peu de moyens à sa disposition, documente ce qu’elle vit et devient une actrice du changement.

Le jeu de l’actrice est fort réaliste. Il est au service de la forte charge émotionnelle bien encapsulée par le film. Vitória est attachante et réussit à prendre une place significative dans le cœur des spectateurs.

La critique sociale dans le sous-texte de la narration est résolument réussie. Avec des images et des décors saisissants, Rio de Janeiro se matérialise. La simplicité du quotidien de l’aînée met en exergue une histoire qui, bien que brésilienne, a des aspects universels. Dans l’impuissance, que faire ? Face à un système qui résiste, que faire ?

Vitória est un bulldozer émotionnel ne laissant point indifférent. Il souligne habilement les complicités et les alliances qui se forment dans les relations interpersonnelles de ses personnages. Des amitiés intergénérationnelles se tissent et ajoutent une couleur intéressante à l’œuvre.


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