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Ce qui sera moins facile à décoller

Alexis Fiocco | Le Délit

Le semestre dernier, 

Le campus fut secoué par des allégations de violence sexuelle et de violence genrée commises par des membres de L’AÉUM, notamment David Aird, alors v-.p. aux Affaires externes. L’une des survivantes parlait d’une dynamique de pouvoir qui la rendait incapable de s’affirmer contre lui : « Cet homme, en raison de son titre d’exécutant de la SSMU [AÉUM], était dans une situation de pouvoir par rapport à moi. Du moins, je l’ai perçu ainsi. Je ne voulais pas qu’il se fâche, alors je me taisais ». Le RCD (Réseau Communautaire de Divulgation, ndlr) avait, en partie, fait éclater l’affaire après avoir récolté les témoignages des survivants et victimes, à l’aide d’un formulaire distribué en ligne.

Il y a un mois, 

Le gouvernement québécois annonçait vouloir dépenser 23 millions de dollars sur un plan pour réduire le nombre d’agressions et de violences sexuelles sur les campus des cégeps et des universités. Plan qui faisait mention de l’importance d’un code de conduite qui régirait « les relations intimes entre un membre du personnel qui se trouve en situation d’autorité et une étudiante ou un étudiant ». 

La semaine dernière, 

Des autocollants dénonçant les abus à nature sexuelle d’un professeur au sein du campus, pouvaient être vus collés dans les toilettes des femmes par un groupe s’appelant Zero Tolerance, dont les membres ont preservés l’anonymat. Autocollants, par la suite enlevés par l’Université, dont la véracité des allégations n’a pas encore été confirmée. 

Hier,

Commençait la semaine de #ConsentementMcGill, quatrième édition d’une campagne qui permet aux membres de la communauté mcgilloise d’en apprendre plus sur le consentement, la prévention de la violence sexuelle et l’importance de soutenir les personnes affectées. 

Un pas en arrière, un pas en avant.  Une sorte de danse morbide, dont les secousses saccadées font, au rythme du temps, trembler les fondations de notre institution. Ainsi, nous semblons destinés à progresser avec lenteur sur le sujet de la violence sexuelle sur le campus. Et quand il est en plus question de l’autorité d’untel, l’affaire se complique.

L’autorité, ça intimide, ça réduit au silence…mais pas toujours. 

Parfois nous pouvons compter sur le courage de ces étudiants qui osent tenir tête à cette autorité, quelle qu’en soit sa forme. À coup de hashtags, d’autocollants ou de formulaires faisant appel aux témoignages, des voix s’élèvent. 

Comme il est si admirablement dit sur la page de la campagne de #ConsentementMcGill : « Tous les membres de la communauté de l’Université ont un rôle fondamental à jouer au niveau de la prévention de la violence à caractère sexuel sur le campus et du soutien offert aux personnes affectées ». Cette campagne est organisée cette année par O‑SVRSE (The Office for Sexual Violence Response, Support and Education), bureau lancé l’année dernière en même temps que la nouvelle politique de lutte contre les agressions sexuelles par l’Université. Cette même Université qui, selon l’organisation Zero Tolerance, aurait ignoré les plaintes des étudiants concernant leur professeur. 

Dans un climat où la plupart des violences sexuelles sont passées sous silence, les abus de pouvoir se multiplient sans être condamnés. Ce laxisme peut sans doute s’expliquer par la place sacrée qu’occupent le corps professoral et les responsables des institutions étudiantes au sein de l’université, perçus comme garants de l’image de McGill. Cependant, pour cette même image et pour la sécurité des étudiants, l’institution devrait mettre un point d’honneur à garantir l’exemplarité de leur comportement. 

« Tous les membres ont un rôle fondamental à jouer ».Ça, nous ne l’avons pas oublié. Espérons que McGill s’en souviendra aussi. 


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