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408 – 9 : Les étudiants ont parlé

La motion pour arrêter le programme d’échange avec HUJI passe.

Félix Fournier | Le Délit

Le 28 septembre 2026 s’est tenue l’assemblée générale de l’AÉUM. À l’ordre du jour, la motion portant sur un potentiel boycott de l’Université hébraïque de Jérusalem. Sous une pluie d’applaudissements, avec 408 pour, 9 contre et 2 abstentions, la motion est adoptée. Celle-ci arrive quelque temps avant l’expiration du contrat de l’université israélienne en 2028 pour l’organisation d’échanges académiques avec McGill. 

Les Assemblées générales sont des congrès organisés par l’AÉUM au moins une fois par semestre, ouverts à tous les étudiants en baccalauréat de l’université pour débattre et voter sur des régulations de l’AÉUM et la vie étudiante organisée par celle-ci. La pétition, signée par plus de 500 étudiants, demande que McGill ne renouvelle pas son contrat avec l’université.

L’AÉUM dispose déjà de politiques et d’engagements concernant la technologie militaire nocive et contre la participation au génocide à Gaza, qui obligent l’AÉUM à préconiser un boycott académique envers des institutions qui rentreraient dans cette catégorie. 

Les demandes de boycott en lien avec la crise au Moyen-Orient ne sont par ailleurs pas nouvelles : l’année dernière et en 2024, plusieurs étudiants et professeurs avaient manifesté pour, entre autres, cesser tout partenariat avec des entreprises ou institutions en lien direct ou indirect avec le genocide en cours à Gaza. 

La motion, si ratifiée, viendrait alors renforcer ces politiques et obligerait l’AÉUM à demander officiellement l’arrêt du programme d’échange avec l’Université hébraïque de Jérusalem auprès du sénat de McGill.

Un partenariat problématique 

L’Université hébraïque de Jérusalem est en partie construite sur des terrains reconnus par l’ONU comme étant obtenus illégalement par l’État israélien. De plus, elle entretient un partenariat régulier avec l’armée israélienne, notamment à travers l’accueil d’entraînements des forces de l’IDF ainsi que des formations universitaires destinées à former des futurs membres de l’armée israélienne. 

Le programme Havatzalot, par exemple, combine un diplôme universitaire à l’Université hébraïque avec une formation d’officier, de combat et de renseignement militaire pour des membres du corps du renseignement de l’IDF.

La pétition rappelle la décision de l’université McGill, en 1985, de couper ses liens avec des entreprises ou établissements complices pour condamner l’apartheid en place à cette époque. Une première au Canada. 

Cependant, aujourd’hui, aucune institution d’éducation supérieure canadienne n’a cessé ses partenariats avec des entreprises ou universités israéliennes. McGill aurait encore une fois l’occasion de marquer l’histoire des établissements canadiens. La motion précise que cette décision risque « que les étudiants issus de certains groupes ethniques ou linguistiques puissent [la, ndlr] percevoir comme discriminatoire » mais qu’elle ne sert qu’à « viser l’Université hébraïque de Jérusalem en tant qu’institution – en raison de ses liens avec l’armée israélienne. »

Quel impact ?

La motion devra être ratifiée par au moins 10 % des membres de l’AÉUM. Si ratifiée, la motion sera effective le jour suivant et l’AÉUM devra mobiliser ses ressources et son personnel pour s’opposer au renouvellement du partenariat. 

Cependant, le chemin est encore incertain avant quelconque impact concret, selon Hamza Abu-Alkhair, président de l’AÉUM : « la motion devra passer devant plusieurs comités avant d’être présentée au sénat pour être votée (tdlr). »

Summaya Kheireddine, l’initiatrice de la motion, s’est dite « réjouie et fière du résultat ». Interrogée sur ses attentes, elle répond qu’elle n’était pas « surprise du résultat, car elle sait que les étudiants sont du bon côté de l’histoire ».

Aujourd’hui, les étudiants se sont alors exprimés une énième fois, faisant connaître à l’université et l’administration leur position sur le sujet, laissant les cartes dans leurs mains.


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