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McGill face aux revendications de l’AÉÉDEM

Les travailleurs universitaires dénoncent une offre « insultante ».

Héloïse Durning | Le Délit

Mercredi 18 mars, devant le bâtiment Leacock, plusieurs groupes d’étudiants et de travailleurs universitaires se sont rassemblés, drapeaux de l’Association des étudiant·e·s diplômé·e·s employé·e·s de McGill (AÉÉDEM) à la main, scandant des slogans en direction de l’administration de l’Université McGill. La manifestation visait à dénoncer leurs conditions de travail et à exiger de meilleurs contrats pour les travailleurs universitaires. Ni le jour ni l’endroit n’ont été choisis par hasard : plus tard dans la journée, une session du Sénat se tenait à Leacock, offrant aux étudiants mobilisés une occasion stratégique de faire entendre leurs revendications. 

Demandes et revendications 

Sur place, Le Délit s’est entretenu avec Emma Moore, membre du comité de négociation de l’assemblée des employés académiques contractuels par cours (unité 3) de l’AÉÉDEM. Cela comprend les correcteurs, tuteurs, assistants de cours et employés du Writing Centre. Moore explique : « On veut un salaire clair et uniforme pour tous, et une parité salariale avec les auxiliaires d’enseignement (tdlr). » Elle ajoute que les contrats actuels ne sont pas suffisamment clairs et n’offrent pas de protection suffisante contre la discrimination et les conflits d’intérêts.

Plus largement, les travailleurs dénoncent des conditions précaires et un manque de reconnaissance de leur rôle, pourtant essentiel au fonctionnement de l’Université. « McGill se présente comme une institution offrant un niveau académique d’excellence. Mais sur quoi repose réellement ce niveau ? » Un des orateurs, représentant de l’AÉÉDEM, pose la question avant d’enchaîner : « C’est nous qui faisons le travail qui permet d’atteindre ce niveau d’excellence à l’université ; et quels sont les standards d’emploi ici ? » Au cours de la dernière année, en particulier ces dernières semaines, raconte-t-il, de nombreux travailleurs ont déposé des témoignages dépeignant les conditions de travail précaires et l’austérité sur le campus. Il termine son discours sous les applaudissements des étudiants rassemblés : « Nous déterminons les standards d’excellence de cette Université, mais qui détermine les standards de nos salaires et de nos conditions de travail ? »

Une offre de McGill jugée insuffisante 

Dans le cadre des négociations en cours, l’Université McGill a récemment présenté une offre salariale qui a suscité une vive réaction de la part de l’AÉÉDEM et des syndicats. « L’offre est non seulement insuffisante, mais elle est insultante, effroyable », décrit Moore dans son discours. Celle-ci inclut notamment un salaire de départ d’environ 18,67 dollars l’heure pour certains postes, sans garantie d’augmentation significative ni de compensation rétroactive. « L’option d’augmentation de paie est trop ambiguë et ne couvrira même pas l’inflation. À quoi bon ? » Pour les membres de l’AÉÉDEM, cette offre illustre un manque de volonté de la part de l’Université de répondre aux besoins fondamentaux de ses travailleurs. Selon l’association, l’Université fonctionne davantage comme une entreprise à but lucratif plutôt qu’une institution fondamentalement dédiée au partage et à la transmission du savoir. 

À l’écart de la scène improvisée où se sont succédé les discours, un grand panneau en bois attire le regard. Il porte l’inscription : « Que feriez-vous si vous étiez mieux payés ». Des feuilles de papier épinglées révèlent ce que ces étudiants et employés ont en tête ; des variantes de « payer mon loyer » et « acheter de quoi manger équilibré » remplissent tout le cadre, donnant un aperçu de leurs préoccupations quotidiennes.


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