Nourrir les étudiant·e·s en résidence atteint·e·s de la COVID-19

Les résident·e·s atteint·e·s de la COVID-19 ne se confinent plus.

Alexandre Gontier | Le Délit

Sur le campus de McGill, le nombre de cas signalés de COVID-19 a doublé en une semaine, passant de 69 personnes ayant reçu un diagnostic du 6 au 12 mars à 143 personnes la semaine suivante. Le 22 mars dernier, les étudiant·e·s en résidence universitaire ont reçu une liste de nouvelles directives autorisant les personnes positives à la COVID-19 à quitter leur chambre pour prendre un repas ou aller aux toilettes. 

Dans un premier communiqué envoyé le 22 mars, le Service de logement étudiant et d’hôtellerie expliquait que lorsqu’un·e étudiant·e commence à manifester des symptômes, il·elle devrait s’isoler dans sa chambre pour une période de cinq jours en quittant sa chambre uniquement pour aller aux toilettes. Pour les étudiant·e·s dans des chambres doubles (partagées), il·elle·s étaient transféré·e·s dans des chambres d’auto-isolement à Nouvelle Résidence. Cependant, un deuxième courriel envoyé le lendemain a annoncé que « le nombre d’étudiants ayant reçu un résultat de test positif a dépassé le nombre de chambres d’auto-isolement disponibles ». Le courriel précise néanmoins que les personnes infectées qui sont logées dans des chambres doubles peuvent être assignées une chambre d’auto-isolement si certaines sont encore disponibles. Si ce n’est pas le cas, « [le Service logera] les colocataires des étudiants ayant reçu un résultat de test positif dans des chambres individuelles » à la résidence Royal Victoria College (RVC) et la personne ayant reçu un résultat de test positif s’isolera dans sa chambre. 

McGill demandait initialement aux mcgillois·es en résidence universitaire d’avoir recours à un·e ami·e pour leur amener des repas. Le nouveau communiqué autorise maintenant les étudiant·e·s ayant reçu un résultat de test positif à quitter leur chambre afin de « récupérer des repas à remporter des salles à manger mais d’y retourner pour les manger ». 

Réactions mitigées

Lorsque Becca, une résidente de Molson Hall, a reçu un test positif, elle a dû s’isoler à Nouvelle Résidence pour une période de cinq jours. Les étudiant·e·s qui y sont logé·e·s ont l’option d’avoir un service de livraison de nourriture : « J’ai commandé des plats du service de livraison que la résidence offre, j’ai commandé du Doordash et j’ai acheté des livraisons de commandes d’épiceries – mais toutes les options étaient très coûteuses », explique-t-elle. Selon Becca, les mesures en place sur le confinement en résidence « sont irrespectueuses envers les personnes immunodéprimées sur le campus », mais elle a nuancé sa pensée, affirmant que ce doit être « difficile pour une grande université de trouver des accommodations lorsqu’il y a un grand nombre de cas ». 

Quant à Aidan, un résident de McConnell, il a dû rester dans sa chambre parce que « Nouvelle Résidence était remplie » et que son état de santé aurait rendu son déménagement difficile. Il se dit chanceux d’avoir des ami·e·s qui lui livraient ses repas lorsqu’il était en isolement. « Puisque le taux de vaccination est assez élevé dans les résidences, je ne pense pas que les nouvelles directives mettent des personnes à risque », affirme-t-il. 

De son côté, Abby, une résidente du RVC, trouve « irresponsable de laisser des personnes positives à la COVID-19 errer dans la cafétéria et dans les salles de bain ». Abby a expliqué au Délit qu’elle connaît une personne en isolement qui avait essayé de commander un repas du service de livraison de Nouvelle Résidence à RVC, mais qu’elle avait dû attendre deux heures avant de recevoir son plat. Par conséquent, Abby a créé un groupe de messagerie avec les étudiant·e·s de sa résidence afin que les contaminé·e·s puissent demander l’aide des autres résident·e·s. 

Pour Aliya, une responsable d’étage (floor fellow) à RVC, « les mesures concernées constituent un facteur de stress pour les étudiants qui sont responsables de se procurer leur propre repas, mettant des personnes à risque ». Elle a affirmé que les personnes de son groupe d’âge considèrent qu’attraper la COVID n’est « pas grave » mais en réalité, selon elle, « c’est injuste envers les personnes immunodéprimées ». La responsable d’étage propose d’abord de rendre le service de livraison de nourriture plus accessible et abordable, ensuite de désigner les salles de bains spécifiques pour les personnes contaminées, et finalement de transmettre aux responsables d’étage le nombre de cas positifs dans la résidence. Aliya conclut que « ce n’est pas la faute des étudiants s’ils attrapent la COVID, mais des mauvaises mesures en place ».


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