Grève pour les étudiant·e·s aux cycles supérieurs en éducation

Les étudiant·e·s de deuxième cycle ont voté en faveur d’une grève jusqu’au 25 janvier.

grève-d'éducationAlexandre Gontier | Le Délit

Le 25 janvier dernier, l’Association étudiante des cycles supérieurs de la Faculté d’éducation (EGSS, Education Graduate Student Society) a voté avec une large majorité l’adoption d’une grève, qui durerait jusqu’au 25 février, dans le but de dénoncer le retour des cours en présentiel en circonstances jugées potentiellement dangereuses. Cette grève s’ajoute à celle des étudiant·e·s de l’École de travail social qui déplorent également le risque jugé indu soulevé par la décision de revenir en personne. De plus en plus de facultés de McGill considèrent se joindre au mouvement de grève. L’EGSS demande à l’Université de rendre le contexte d’apprentissage sécuritaire. Ainsi, depuis le début de la grève, les étudiant·e·s de l’EGSS s’abstiennent d’assister aux cours donnés en personne mais continuent d’assister aux cours donnés à distance.

L’EGSS affirme que les mesures prises par l’Université ne sont pas suffisantes pour garantir un retour en personne sécuritaire pour ses membres. Plusieurs étudiant·e·s en éducation travaillent ou font des stages en milieu scolaire, ce qui implique de passer plusieurs heures avec des enfants dont certains ne seraient pas vacciné·e·s, exposant les étudiant·e·s à un risque accru de contracter la COVID-19. D’ailleurs, plusieurs étudiant·e·s du programme seraient davantage à risque en raison de leur âge plus avancé : « tous·tes les étudiant·e·s n’ont pas 19 ans », souligne Em McKay, un organisateur de la grève. La résolution de grève exprime aussi une préoccupation quant au fait que l’exposition à la COVID-19 peut mener à la « COVID longue », encore incomprise.

« Pourquoi l’Université McGill insiste-t-elle pour que seul·e·s les étudiant·e·s en santé puissent étudier ? »

Kate Hardin, membre organisatrice de la grève

Dans un communiqué, Kate Hardin, une organisatrice de la grève, a déclaré que « Les étudiant·e·s qui ont besoin d’accommodements à long terme, pour des raisons de santé, [sont contraint·e·s d’abandonner, ndlr] leurs cours plutôt que de se faire offrir l’option de les suivre en ligne. Pourquoi l’Université McGill insiste-t-elle pour que seul·e·s les étudiant·e·s en santé puissent étudier ? » Les étudiant·e·s demandent, entre autres, que les instructeur·rice·s puissent offrir leurs cours en ligne pour le reste du trimestre d’hiver. Dans le cas où un·e instructeur·rice choisirait d’offrir un cours en présentiel, les étudiant·e·s exigent un apprentissage hybride, la distribution par l’Université de masques de type N95 ou similaires ainsi qu’une surveillance documentée de la filtration et/ou de la ventilation HEPA.

En raison des risques inhérents à un large rassemblement, le piquetage aura lieu virtuellement sur Zoom. Le rassemblement virtuel servira d’occasion aux étudiant·e·s pour discuter « des conditions de travail et de scolarisation injustes, de la manière dont la santé publique et l’éducation doivent aller de pair et de la manière dont cela affecte chacun d’entre nous », peut-on lire sur le site de l’EGSS.


Si les étudiant·e·s en éducation de deuxième cycle se mobilisent, ce n’est toutefois pas le cas de leurs collègues au premier cycle, qui doivent également réaliser des stages en milieu scolaire malgré la pandémie. Une étudiante au premier cycle de la Faculté d’éducation a confié au Délit n’avoir rien reçu comme information à ce sujet de la part de l’Association étudiante d’éducation (Education Undergraduate Society, EdUS) : « Ils [EdUS, ndlr] ne disent rien à moins que le sujet ne soit soulevé. Ils en ont parlé lors de la réunion du conseil [exécutif, ndlr], mais les rapports des représentant·e·s indiquent qu’il·elle·s n’ont pas montré d’intérêt. » Dans l’éventualité où l’EdUS emboîterait le pas à l’EGSS, toute la faculté serait en grève.


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