Un étudiant de McGill visé par des allégations de violence sexuelle

Une pétition en ligne réclamant des sanctions a amassé plus de 50 000 signatures.

Paul Lowry

Dans un communiqué intitulé « Soutien en matière de violence sexuelle » émis le 15 décembre 2020 et envoyé par courriel à la communauté mcgilloise, le Premier vice-principal exécutif adjoint (Études et vie étudiante) Fabrice Labeau a annoncé que l’administration de l’Université avait pris connaissance la veille de la circulation en ligne de « plusieurs messages au sujet d’une inconduite sexuelle alléguée sur le campus ». Ce courriel était précédé de peu par la publication d’une pétition en ligne qui alléguait qu’un étudiant mcgillois – accusé de plusieurs actes de violence sexuelle dans des témoignages anonymes – n’avait subi aucune sanction de la part de l’Université, malgré le fait que cette dernière aurait été mise au courant de ces cas plusieurs mois auparavant. Exigeant une action immédiate contre l’étudiant en question et une annonce publique à ce sujet, la pétition a été signée par 50 000 personnes en quelques jours.

Dans son message, le Pr Labeau a également annoncé que les membres de l’administration se sont « penchés sur la situation », sans préciser ce que cela signifiait. Il a également affirmé qu’en vertu de la Politique sur les violences sexuelles de McGill, chaque cas rapporté est traité immédiatement après la réception d’une plainte. Contactée par Le Délit, l’administration a préféré ne répondre à aucune question concernant cette situation, même si leur réponse n’aurait contenu aucun renseignement qui aurait risqué de dévoiler l’identité des personnes impliquées.

Les organismes publics comme McGill n’ont pas le droit de dévoiler des renseignements personnels sans le consentement des personnes concernées par ces renseignements (sauf exceptions), selon la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. En outre, ils ont l’obligation de refuser de confirmer l’existence d’informations si leur divulgation risque « d’entraver une enquête à venir, en cours ou sujette à réouverture ».

Le 18 décembre 2020, c’est au tour de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM) de s’exprimer sur le sujet. Dans un courriel adressé à la communauté étudiante, les membres de son conseil exécutif ont critiqué la Politique contre les violences sexuelles de McGill, car elle ne permet pas aux proches des victimes de porter plainte à leur place et de les libérer de cette responsabilité. L’AÉUM affirme aussi « reconnaître [ses] propres insuffisances à ce niveau-là », bien que l’association ait récemment modifié sa Politique de lutte contre la violence sexiste et sexuelle, en novembre 2020, en raison des allégations d’inconduite sexuelle ayant visé un candidat à l’un de ses postes de gouvernance. Par ailleurs, le message faisait également appel au gouvernement provincial afin d’amender la Loi sur l’accès aux documents des organismes publiques et sur la protection des renseignements personnels afin de permettre aux victimes de violence sexuelle qui porteraient plainte par les canaux internes d’un organisme public de savoir quelles sanctions ont été appliquées à leurs agresseur·se·s – ce qui pour l’instant est impossible.

Le site de l’AÉUM met à disposition une collection de ressources disponibles pour les victimes et les proches des victimes de violences sexuelles et genrées à McGill et au Québec : https://ssmu.ca/ressources/51150–2/?lang=fr.


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