Lancement officiel de la CEVES

Le mouvement environnemental étudiant s’enracine au Québec.

« Nous sommes la sève qui monte

Dans les veines des peuples du monde

Nous sommes la sève qui monte

Nos cœurs unis battent à la seconde »

Le 4 février 2020, en soirée, réuni·e·s dans le café étudiant du Cégep du Vieux Montréal, une cinquantaine de jeunes chantent pour célébrer le lancement officiel de la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), un projet rassemblant des étudiant·e·s du secondaire, du cégep et de l’université, provenant de partout à travers la province. La création de la CEVES a été annoncée lors d’une conférence de presse en matinée, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Résultat du ralliement de regroupements étudiants du secondaire (Pour le futur Mtl/ Pour le futur Qc), du collégial (Devoir Environnemental Collectif) et de l’université (La planète s’invite à l’Université (LPSU)) qui avaient participé à l’organisation des journées de manifestation du 15 mars et du 27 septembre 2019, la CEVES a lancé, lors de sa conférence de presse, un appel pour une nouvelle grève climatique. Cette dernière aura lieu du 30 mars au 3 avril 2020, pendant ce que la coalition appelle la « Semaine de la Transition ». Comme revendication principale, la mise en place d’un plan national d’urgence pour la justice climatique est prévue, ancré dans les 7 principes suivants :

1. Le respect de la science et des savoirs autochtones

2. L’adoption de cibles annuelles de réduction de gaz à effet de serre (GES) contraignantes, pour atteindre la carboneutralité en 2030

3. La mise en œuvre complète de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA)

4. La protection des communautés vulnérables du Canada, particulièrement des communautés racisées qui sont touchées disproportionnellement par la crise climatique

5. La collaboration avec les populations du globe qui sont disproportionnellement affectées par la crise climatique en reconnaissant la responsabilité historique du Canada envers ces populations

6. La mise en œuvre à tous les paliers d’éducation de la Stratégie québécoise d’éducation en matière d’environnement et d’écocitoyenneté développée par la Coalition Éducation – Environnement – Écocitoyenneté lancée en 2018

7. L’arrêt complet et immédiat de tout projet d’exploration, d’exploitation et de transport d’hydrocarbures en parallèle à des formations professionnelles ayant pour objectif de faciliter la mobilité et le transfert de la main‑d’œuvre des secteurs concernés vers ceux des énergies renouvelables.

Un travail dans l’ombre

Bien que son existence ait été révélée au public le 4 février, la CEVES, créée pendant l’été 2019, travaillait dans l’ombre depuis des mois déjà. Les trois niveaux scolaires se sont rassemblés en personne lors de deux congrès et en ligne à plusieurs reprises afin de préparer leur dévoilement. Trois équipes de mobilisation mobile sont présentement sur les routes de la province (une pour l’est du Québec, une pour l’ouest et une pour le grand Montréal) afin d’aider des groupes étudiants à se préparer pour la Semaine de la Transition.

Semaine de la Transition à McGill

La CEVES s’est également implantée à McGill, par l’entremise du groupe Climate Justice Action McGill (C‑JAM), branche mcgilloise de LPSU. Interrogée sur le lancement de la CEVES, Julie, membre du groupe C‑JAM, explique : « C’est une occasion pour C‑JAM de s’allier avec des groupes semblables à l’échelle de la province pour mettre nos efforts en commun et, encore une fois, augmenter la pression sur les gouvernements. » Elle insiste sur le fait que C‑JAM pourra tout de même conserver son autonomie quant aux enjeux à mettre en avant sur le campus, notamment le désinvestissement du secteur des énergies fossiles. Les demandes spécifiques du groupe seront révélées le 12 février, en même temps qu’une campagne de mobilisation sur les réseaux sociaux.  C‑JAM invite toute personne intéressée par la « Semaine de la Transition » à suivre ses comptes Facebook et Instagram.