Des sans-abris à McGill ? – Le Délit
Des sans-abris à McGill ?
Par · 21 mars 2018
Les étudiant·e·s mcgillois se mettent à la place des itinérant·e·s le temps d’une semaine.
Image par Alexis Fiocco

Ce sont plusieurs élèves qui se sont rassemblés en ce jeudi pour rendre service aux sans-abris. Cet évènement n’est qu’un parmi les nombreuses actions menées au cours de ces cinq jours pour les sans-abris afin de collecter des fonds pour l’association caritative Chez Doris qui apporte un soutien aux femmes dans la rue, que ce soit sous la forme de repas, de vêtements, d’activités sociales ou d’assurance. Ainsi, des élèves des universités McGill et Concordia ont décidé de vivre comme les sans-abris dormant dehors et ne se nourrissant que grâce aux donations des passants…

Pour faire participer plus d’élèves à cette semaine pour les sans-abris, le réseau des étudiants internationaux de McGill  (McGill International Students Network, en anglais, ndlr) a organisé une distribution de nourriture. C’est donc dans une bonne ambiance que de nombreux élèves ont confectionné des sandwiches avant de partir à la rencontre des sans-abris dans les rues de Montréal. Une des membres de l’association reconnaît qu’en plus d’apporter un soutien aux itinérant·e·s, cet évènement permet aussi à plus d’étudiant·e·s d’être sensibilisé·e·s sur la question de l’itinérance et leur montre les possibilités qui existent à McGill pour s’engager en faveur de cette cause.

Changements à apporter

Une élève de la Faculté de gestion s’étant portée volontaire pour dormir plusieurs fois dans la rue au cours de cette semaine témoigne de son expérience et reconnaît que quelques changements pourraient être apportés à cet évènement, ses propos étant approuvés par l’une des membres de l’organisation Chez Doris. Elle critique notamment le fait que plus que de partager l’expérience des sans-abris, plus que de réveiller les consciences et de sensibiliser les autres étudiants, cette opération a aussi pour but de collecter des fonds pour les sans-abris.

Focus différent

Par ailleurs, elle remet en question le côté expérimental de cet acte bénévole. Le simple regard que les proches de cette élève porte sur cette expérience de bénévolat pose des questions: nombreux sont ceux qui l’ont félicitée, qui ont qualifié cet acte «d’incroyable» qui ont assuré être «si fiers d’elle». Mais ces réactions l’ont mené à se poser plusieurs questions: Qu’y a-t-il d’incroyable à dormir dans la rue? En quoi peut-on être fier de ce genre de chose et qualifier d’expérience la vie des plus démunis? Et nombreux sont les étudiants qui ont trouvé ces nuits passées dehors «amusantes».

Si cette élève ne regrette pas de s’être engagée pour cette cause, elle préfèrerait que les «stars» de cette semaine soient les itinérant·e·s; que l’on prenne du temps à passer avec eux, à leur parler, à partir dormir dans les foyers où ils vivent pour qu’ils ne se sentent pas marginalisé·e·s. Elle conclut en disant «Le problème des sans-abris, c’est une réalité, parlons-en!».

 
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