L’amour dans la guerre
14 novembre 2017 - Image par La Confession Double
Dieu, religion, et guerre: Boukhrief présente un amour impossible.

Dans La confession, le nouveau film de Nicolas Boukhrief avec Romain Duris et Marine Vach, le spectateur découvre l’histoire d’un amour impossible entre un prêtre et une jeune communiste. En arrière plan, on se retrouve dans un petit village français occupé par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale, bien que le film soit centré sur les échanges entre le père Morin, interprété par Romain Duris, et la jeune Barny (Marine Vach). Le spectateur arrive à se laisser entrainer dans ce débat sur la foi, grâce au jeu excellent des acteurs et aux problématiques abordées.

Un dialogue ouvert sur Dieu

Le public retrouve ici Romain Duris dans un rôle plus sérieux que eux qu’il jouait les films de son début de carrière. Cependant, l’acteur garde malgré tout son style habituel, un air malicieux et un sourire en coin toujours présent. Son jeu d’acteur associé à celui de Marine Vach invite le public à entrer pleinement dans leur dialogue.

Ce dialogue est un échange sur la foi au long duquel les acteurs se questionnent, se provoquent mutuellement et essaient de démontrer leurs idées par tous les moyens possibles. La tension croissante entre les deux personnages, de par l’amour impossible qui les unit, rend le film plus humain et lui donne une nouvelle dimension, lui permettant ainsi d’aller au delà d’une simple conversation.

Cet échange d’idées tout au long du film lui donne un aspect très réfléchi au film et surtout évite d’imposer une idée ou une autre. Les personnages échangent tandis que l’audience forme sa propre opinion sur le sujet, chacun pouvant interpréter les débats différemment en fonction de son éducation, son opinion déjà formée sur la foi et ses expériences passées.

Quand la croyance semble difficile

Cependant, le dialogue du premier plan ne floute pas entièrement l’intrigue de l’arrière-plan. Le public est ramené à la réalité quand les Allemands fusillent des membres de la résistance, ou encore quand les Juifs que cache Barny sont arrêtés. Ces rappels permettent de se replacer dans le contexte sans trop d’emphase, et d’éviter que le film retrace la Seconde Guerre mondiale sans originalité.

Aussi, il permet de prendre en compte le rôle délicat d’un prêtre dans une telle situation. Il est censé faire preuve de miséricorde avec tout le monde, mais cela peut s’avérer difficile lorsque qu’il s’agit de confesser et d’accepter des généraux allemands tout comme de simples villageois, ou encore des communistes comme Barny.

Finalement, le réalisateur nous laisse sur une note de frustration quand les deux personnages principaux ne laissent pas libre cours à leurs sentiments lorsqu’ils se quittent et refoulent leur désir d’être ensemble. Cela est presque mieux étant donné qu’ils restent ainsi tous deux fidèles à leurs valeurs: Barny, fidèle à son mari, prisonnier de guerre, et le Père Morin, fidèle à sa foi et à sa fonction.

Une belle leçon de foi donc, qui permet de réfléchir à l’existence de Dieu avec calme et distance. Une belle leçon également sur la tolérance de l’opinion de chacun, puisque le Père Morin, tout autant que Barny, respectent pleinement leurs avis mutuels. Cela est important dans le monde actuel où les débats sur la religion séparent les peuples et les pays, à cause du manque de tolérance et de compréhension de l’autre.

 
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