Les intimistes: ‹‹Ça n’arrivera plus››
3 octobre 2017 - Image par Les Intimistes
Cinq comédiennes racontent ce qu’elles ne feront plus jamais

Lors d’une soirée fraîche de septembre, la lumière du Café des Oubliettes incite les passants à entrer et apprécier l’un de leurs délicieux sandwichs au fromage fondu. Mais le 29 septembre, lesdits passants pouvaient également s’arrêter plus longtemps et se laisser emporter par le récit des Intimistes. Ce collectif de dix comédiennes se produit chaque dernier vendredi du mois pour présenter un nouveau chapitre composé de quelques textes écrits par elles et rendus les plus intimes possible.

Le soir du 29 Septembre, Laurence Perrault, Tania Arana, Audrey Lavigne, Sandrine Quynh et Sarah Keita ont donc conté leur 7ème chapitre, intitulé « ça n’arrivera plus! » devant une petite audience pendue à leurs lèvres qu’elles ont embarquée dans une montagne russe d’émotions.

Des récits en montagnes russes

Tout commence avec Audrey et son histoire, au départ banale; un locataire trop exigeant, rien de plus. Et puis l’histoire se prolonge et s’intensifie lorsqu’elle se lance dans le récit de sa relation avec son second locataire. Le public revit leur amitié forte puis leur courte histoire d’amour. Finalement, il s’écrase en même temps qu’elle, lorsque le cancer de celui-ci est dévoilé et que l’histoire s’arrête soudainement sur un deuil intense. À travers ces hauts et ces bas, la comédienne arrive à transporter ses auditeurs de par son ton mais aussi ses expressions qui communiquent ses émotions tout en intensité.

Les spectateurs peuvent par la suite être déçus par une retombée de la force du récit, avec celui de Tania qui raconte les deux chutes de sa vie, certes traumatisantes, mais qui semblent quelques peu superficielles. Les émotions sont moins ressenties et Tania renvoie l’impression de raconter tout simplement une anecdote à une bonne copine plutôt qu’un récit captivant à toute une audience.

Cependant le wagon de la montagne russe reprend en un éclair sa course folle, avec Laurence qui débarque tout en chant et en danse au son de la

musique de son iPhone. Elle continue ensuite à entrainer le public avec son récit déjanté qui raconte comment son amie Sara devient prostituée a l’âge de 14 ans. Présentée littéralement, l’histoire semble morbide, toutefois sa présence sur scène et sa manière de la raconter comme si elle-même avait encore 14 ans donne un regard nouveau sur le récit.

Un spectacle tout en interaction.

Quand Sarah entre en scène, le déjanté laisse place à l’amour. Elle présente une belle comparaison entre les leggings et l’amour pour ses amis, deux sujets auxquels tout le monde peut s’identifier. Elle laisse ainsi le public avec la tête pleine de réflexions sur qui sont vraiment leurs amis et lesquels ils devraient dès maintenant laisser tomber car ils ne valent finalement pas plus que des leggings de mauvaise qualité qu’on amasse en quantité dans son placard.

Enfin, juste avant le coup de frein final, Sandrine ouvre son cœur en présentant le monstre qui habite son esprit. Un récit qui est certainement le plus touchant de la soirée et fait revivre au public les moments de sa vie qui l’ont forgés telle qu’elle est aujourd’hui. De sa relation avec sa mère et son père, à ses mésaventures de collège et lycée, tout y passe et touche tout le monde en plein cœur,  faisant couler les larmes.

Et ainsi  se termine cette course folle des émotions, de la joie à la tristesse, en passant par la peur et la déprime. Un conte très réussi donc au niveau des sentiments mais également au niveau de la lecture des textes, car chacune arrive à faire sortir les mots du papier avec leurs expressions, mimiques et multiples gestes pendant leur lecture.

Les intimistes offrent même un petit plus au spectacle en ajoutant un côté interactif. Les auditeurs peuvent eux aussi se livrer à elles en écrivant sur un petit bout de papier ce qu’ils ne feront plus jamais et lesdits papiers sont ensuite lus devant la salle. Cette petite activité de fin de soirée rajoute encore un côté personnel et amplifie la relation indirecte qui s’est développée entre public et comédiennes tout au long du spectacle et ce jusqu’à la dernière minute.

 
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