Crise au fentanyl
19 septembre 2017
Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme.

Alors que le problème du fentanyl était déjà présent dans de nombreuses provinces, notamment en Colombie-Britanique où quatre personnes en meurent par jour, c’est au tour du Québec d’être touché par cette crise. Utilisé comme un antidouleur, telle la morphine, le fentanyl est un opioïde de synthèse qui appartient à la famille des dépresseurs du système nerveux. De ce fait, ce produit est extrêmement dangereux et peut provoquer un arrêt respiratoire après ingestion. «La nature grandement addictive du fentanyl, doublée de son côté sournois, car difficile à détecter, fait en sorte que le CQLD (ou Centre québécois de lutte aux dépendances, ndlr) se doit d’outiller un maximum de personnes pour contrer ses ravages», a déclaré sa directrice générale, Anne Elizabeth Lapointe. À la suite de quoi l’organisation publie un dépliant informatif sur les effets du fentanyl et que faire en cas de surdose.

Appel à la prudence

Souvent utilisée par les trafiquants pour «couper» d’autres drogues comme la cocaïne ou l’héroïne, de nombreuses personnes peuvent donc ingérer du fentanyl, et mettre leur vie en danger sans même s’en rendre compte. Le rapport du CQLD note même que «plusieurs consommateurs occasionnels ayant fait une surdose croyant prendre de l’héroïne, de la cocaïne, de l’oxycodone ou d’autres substances, avaient en réalité pris du fentanyl à leur insu».

Le 13 septembre dernier, le ministre Québécois de la Santé et des services sociaux Gaétan Barrette annonçait de nouvelles mesures pour lutter contre la crise du fentanyl. La première consiste à rendre plus accessible, tout en garantissant sa gratuité dans les pharmacies, la naxolone, un médicament permettant d’inverser temporairement les effets d’une surdose liée au fentanyl en attendant les secours.

Aussi, «le gouvernement a l’intention de permettre à toute personne, en l’absence d’un premier répondant, d’administrer ce médicament à une personne en situation de surdose», peut-on lire dans le communiqué émis par le ministère. Cela ouvrant la voix à une possible formation des pompiers et des policier·ère·s à administrer le médicament en attendant les secours.

McGill en alerte

Alors que l’université avait été critiquée par la presse étudiante pour son prétendu manque de préparation face à la crise, les Services aux étudiant·e·s ont précisé jeudi dernier que de la naloxone était disponible au Service de santé pour les étudiant·e·s , que tout·e·s les infirmiers·ères avaient reçu·e·s une formation pour l’administrer et que d’autres membres du personnels seraient formés dès que le gouvernement québécois le permettrait. En effet, pour le moment, seul le personnel médical est autorisé à administrer du naloxone, empêchant des groupes tels que les floor fellows ou le McGill Student Emergency Response Team (M-SERT) d’être formés.  La directrice du Service de santé pour les étudiant·e·s, le Dre. Perera a toutefois insisté sur la dangerosité du fentanyl en précisant qu’une dose aussi minime « qu’une pincée de sel […] pouvait provoquer la mort»  et que l’opioïde pouvait être présent dans toutes les drogues y compris « la marijuana ».

 
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