De l’espoir pour les jeunes de Montréal-Nord
12 septembre 2017 - Image par Capucine Lorber
Le gouvernement municipal finance des projets associatifs.

Montréal-Nord, situé au nord-est de la ville, est tristement associé à sa pauvreté et à ses gangs de rue. En août 2008, une marche pour y dénoncer la violence policière s’était vite transformée en émeute, ce qui n’a pas aidé à sa réputation.

Rappel des  évènements

La manifestation, d’abord pacifique, s’est déroulée le 10 août 2008, un jour après le décès de Fredy Villanueva, 18 ans, abattu par un policier lors d’une intervention. Ce dernier jouait à des jeux de hasard avec des amis au parc, ce qui est interdit selon le règlement sur les parcs, bassin d’eau et édifices publics. L’intervention s’est mal déroulée et terminée par des coups de feu. Cette mort semblant injustifiée a déclenché une vague de colère chez les habitants du quartier.

Un électrochoc salutaire

Les évènements sont aujourd’hui décrits comme un électrochoc salutaire. En effet, ce triste incident, qui a fait couler beaucoup d’encre pendant plusieurs semaines, aura eu au moins un effet positif : la prise de conscience des problèmes de pauvreté et d’exclusion sociale que vivent beaucoup de jeunes du quartier, et de l’importance de mobiliser les ressources pour répondre aux besoins de ces derniers.

Montréal-Nord semble renaître de ses cendres depuis cette tragédie. En un peu moins de dix ans, le gouvernement a injecté des millions de dollars pour créer espaces et projets dans lesquels les jeunes peuvent s’épanouir et sortir de cette pauvreté qui leur a été imposée. Des parcs, des aménagements, des services ont été mis sur place dans le but d’aider la jeunesse nord-montréalaise.

Prioriser les jeunes

Constituant environ 30% de la population du quartier, la proportion d’enfants de 0 à 14 ans vivant dans un ménage à faible revenu est de 43,5% comparativement à 20,1% dans le reste de l’île. Le taux de jeunes sans diplôme y est  nettement plus élevé que la moyenne de la métropole, soit 21,9% contre 9,3%. Cette différence démontre bien les conditions difficiles auxquelles font face cette jeunesse, qui représente pourtant l’avenir de Montréal-Nord.  Pour s’attaquer aux problématiques du quartier,  il est donc essentiel de cibler les 0 à 29 ans, et ainsi espérer «briser le cycle de pauvreté intergénérationnelle»; tels sont les propos de la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black.

Plan d’action collectif

Un plan d’action, baptisé Priorité Jeunesse,  qui s’étirera sur dix ans, de 2017 à 2027, a été déployé dans le but de réduire les inégalités qui séparent les jeunes du quartier du reste de Montréal. Le gouvernement du Québec allouera 2,3 millions au cours des trois prochaines années pour la mise en œuvre des projets.

Ce plan contient trois axes: «Favoriser la réussite éducative», «Développer les talents, l’employabilité et l’entreprenariat», et «Enrichir le vivre ensemble». 

Des ressources seront déployées afin que les enfants les plus vulnérables soient ciblés et aidés tout au long de leur parcours scolaire, dans le but ultime de contrer le haut taux de décrochage (22,6% des élèves à l’école secondaire Henri-Bourassa et 35% à l’école secondaire Calixa-Lavallée). Des projets seront aussi mis sur pied afin de développer les qualités entrepreneuriales des jeunes adultes et favoriser leur accès aux emplois et au maintient de ceux-ci. Enfin, pour favoriser l’inclusion sociale de cette jeunesse, plusieurs programmes seront mis à leur portée pour les soutenir et créer un environnement qui leur est favorable.

« Il s’agit d’un défi des plus ambitieux pour lequel nous consacrerons au moins la prochaine décennie», promet la mairesse.

 
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