Le nouveau visage de l’indépendance
22 mars 2017 - Image par Mahaut Engérant
Un vent de fraîcheur balaye le Bloc Québécois.

Élue comme chef du Bloc Québécois, sans opposition, ce samedi lors d’un rassemblement à Montréal, Martine Ouellet est la première femme à obtenir ce poste. Avant son arrivée, le Bloc était aux mains de Rhéal Fortin, qui assurait la chefferie par intérim, suite à la démission de Gilles Duceppe le 22 octobre 2015, qui avait repris les rênes du parti dans le but de solidifier sa place lors des élections fédérales. Bien que son rôle à la tête du Bloc ne fasse que commencer, Mme Ouellet est déjà bien ancrée dans le paysage politique québécois, puisqu’elle a été ministre des ressources naturelles dans le gouvernement provincial de Pauline Marois entre 2012 et 2014, en plus des fonctions de députée qu’elle occupe depuis 2010.

Quels sont les enjeux?

Comme le chef du Bloc Québécois précédent avait démissionné, il était important d’organiser des élections pour consolider l’avenir du parti. Or, de nombreux désaccords surgirent autour de ces élections. Certains disent que son élection ne traduit pas réellement une légitimité populaire. En effet, Martine Ouellet, en plus de son nouveau rôle au sein du Bloc, représente la circonscription de Vachon à l’Assemblée nationale. Or, M. Duceppe n’était pas favorable à ce qu’elle exerce les deux fonctions. De plus, ces élections ont été précipitées, favorisant ainsi l’ascension de Martine Ouellet. Par ailleurs, son adversaire dans cette course, Félix Pinel, s’est retiré de la course avant la ronde finale, libérant complètement la voie à la députée. Cet accès au pouvoir semble un peu trop aisé pour certains. Est-ce que cette situation pourrait nuire à l’allure du Bloc Québécois? Est-ce que la nouvelle cheffe du parti sera en mesure de s’occuper à la fois des enjeux du Québec et de ceux du Bloc? Même si son ascension a pu sembler plutôt aisée, elle ne peut pas se permettre de s’asseoir sur son trône sans rien faire. Il est indispensable qu’elle gagne la confiance de ses partisans en tant que cheffe du parti, tout en affirmant son rôle au Parlement.

Que peut-elle apporter au parti?

En bonne indépendantiste, son but principal est maintenant de défendre les intérêts des Québécois, en tant que nation. Son principal champ d’action semble être son engagement très prononcé contre le projet Oléoduc Énergie Est, qui, selon elle, est une menace importante par rapport à l’eau potable du Québec. Dans l’intérêt du confort de la population, ce problème doit donc être résolu au plus vite. Aussi, il est indispensable de restaurer la prestance de la province, en tant que région ouverte sur le monde, qui mériterait d’être considérée comme un pays à part entière. Pour ce faire, il faut montrer que le parti est fort. Pour cela, elle est prête à tenir tête aux fédéralistes. Il sera donc important pour elle d’unifier le Bloc Québécois si elle espère se faire entendre. Il faut aussi considérer l’importance de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain, ndlr) au Québec: est-ce que les renégociations concernent uniquement le Canada? Il est important de donner une voix à la province lors de la prise de décision d’une telle envergure. Ce genre de consultation lui permettrait de consolider sa place sur la scène internationale.

 
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