Consulter pour mieux écouter
13 septembre 2016

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Bien qu’il ait fallu attendre 2016 pour une telle mesure, l’équipe du Délit salue l’effort sincère de l’administration de McGill concernant la publication de l’ébauche de la Politique contre les violences sexuelles. Dans cette nouvelle politique, les personnes qui ont subi des violences sexuelles ne sont plus des victimes, mais des survivants qui seront épaulés et soutenus par leur université et leur communauté à travers cette étape.

À notre avis, mettre les survivants au cœur de cette nouvelle mesure permettra de rétablir le lien de confiance qui s’était effrité entre les étudiants et l’institution suite aux multiples cris du cœur d’étudiants qui s’étaient retrouvés abandonnés par McGill, faute de politique et de moyens à cet effet.

Nous estimons la proposition raisonnable, dans la limite du respect de la présomption d’innocence.

En lançant une consultation publique, l’administration a fait preuve de courage en décidant de s’attaquer de front à cette problématique qui mine depuis trop longtemps l’espace universitaire. Cependant, elle devra s’efforcer d’être plus à l’écoute qu’elle ne l’a été récemment des revendications de ses étudiants.

La conversation ne sera pas facile, mais demeure toutefois nécessaire et Le Délit répond présent à cet appel.

Les alinéas 8 d et e soulignent que des sessions de formations seront offertes aux membres de l’administration et particulièrement ceux en position d’autorité afin de les sensibiliser.

Nous approuvons avec vigueur l’alinéa 9 e qui invite les membres de l’administration de s’abstenir de poser des questions qui impliquent des jugements de valeurs aux survivants tel que la longueur de la robe, la façon dont ils se sont conduit ou même la consommation d’alcool.

L’alinéa 20 indique que le provost devra soumettre un rapport au Sénat tous les deux ans une fois cette politique ratifiée. Entretemps, les modifications nécessaires ne seront pas appliquées, nous invitons donc l’Université à revoir cet échéancier.

Dans cette lignée, nous suggérons à l’Université de revoir l’alinéa 22 qui indique qu’une fois implémentée, la révision de cette politique n’aura lieu qu’une seule fois tous les trois ans. Ce délai est beaucoup trop long et ne permet pas d’innover et de répondre aux besoins des étudiants dans des délais raisonnables.

Nous espérons aussi que cette nouvelle politique encouragera l’Université à offrir un meilleur accès aux soins de santé mentale aux étudiants afin d’offrir un accès rapide aux étudiants de l’Université en situation de détresse, et ce, peu importe la cause de leur mal.

Finalement, l’équipe du Délit estime regrettable que l’administration n’ait pas jugé utile d’offrir cette première ébauche en français afin de permettre aux étudiants francophones de se joindre à cette conversation. La compréhension et la participation de ces étudiants est par conséquent compromise. Bien que McGill soit une institution anglophone, elle semble oublier bien trop souvent que le français est la langue officielle du Québec et que le bilinguisme de ses étudiants ne doit pas porter préjudice à la francophonie. 

 
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