De l’inspiration à la réalisation
15 mars 2016 - Image par Vittorio Pessin
Six femmes qui proposent des modèles de leaderships gagnants.

Samedi 12 mars, de 10 heures à 18 heures, McGill Women in Leadership Students’ Association (Association étudiante de McGill des femmes dans les postes de responsabilité/dans le leadership, ndlr) organisait sa seconde conférence annuelle. Six femmes de carrière, venant de secteurs variés, nous ont donnés leur définition du  leadership.

La différence dans la réussite

Du charisme imposant de Helen Christodoulou — de l’Institut Canadien de la Construction en Acier — à la douceur de Pira Marra de la banque Desjardins, on se rend compte qu’il n’existe pas un modèle de leadership unique. Démontée, l’idée qu’une femme ne peut gagner le respect de ses pairs qu’en se calquant sur le stéréotype le plus agressif du leadership masculin.

Eleni Bakopanos, ancienne membre du parlement canadien, et Sylvia Piggott, ancienne chef du service d’informations commun du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, nous parlent ensuite de l’importance de saisir les opportunités qui se présentent. Mme Bakopanos, avec deux enfants en bas âge, est partie en campagne électorale. Sylvia aussi a décidé de partir à Washington alors même que sa famille restait derrière elle. Inévitablement, la question des difficultés auxquelles les femmes font face lorsqu’elles doivent combiner grosses et carrière professionnelle est abordée. Si ces femmes sont très honnêtes avec nous — il est extrêmement compliqué d’arriver à équilibrer ces deux entités — elles sont des preuves vivantes que si souhaitée, la conciliation de maternité et carrière professionnelle est réalisable.

Malgré le soleil dehors, rayonnant, et les heures passant, la salle est restée captivée par chacune de ces femmes. On rit des anecdotes qu’elles nous racontent sur la misogynie intériorisée en entreprise. Une vague d’émotion parcourt l’assemblée lorsque Mme Bakopanos explique aux sceptiques du féminisme que oui, nous en avons encore besoin dans le monde du travail, et que c’est notre devoir de nous battre contre les barrières qui nous sont posées et surtout, contre celles qu’on se pose à nous-mêmes. Certains conseils reviennent régulièrement: l’importance de s’affirmer, d’élargir continuellement son réseau. Il faut absolument, selon Mme Piggott et Marthe Kassouf, chercheuse chez Hydro-Québec, apporter sa vision personnelle dans son travail. Mmes Christodoulou et Bakoupanos évoquent l’importance d’avoir le plus de mentors possibles pour nous guider: des mentors femmes et hommes. En effet, selon Mme Bakoupanos, «On ne peut pas y [l’égalité dans le monde du travail] arriver sans eux.»

Vittorio Pessin

Le leadership en pratique

Les panélistes nous donnent également des exemples plus concrets et réalisables pour des femmes de nos âges, encore à l’université. En tant que stagiaire, si nous ne sommes pas en position de leadership direct, il est possible d’être une leader parmi les autres stagiaires. Il faut toujours être prête à rester des heures en plus, prendre des initiatives, parler au plus de personnes possible dans l’entreprise. Le rejet est inévitable selon toutes les panélistes: Mme Pirolo, spécialiste de recrutement à Hybris SAP Labs, nous encourage à continuer à envoyernotre CV jusqu’à obtenir gain de cause — elle a été refusée à trois postes chez  SAP  avant d’être embauchée!

Alors que pouvons-nous faire aujourd’hui?

On nous encourage à établir le plus vite possible une idée précise de ce que nous voulons faire de notre avenir: pour elle, l’ambivalence ne fait que disperser nos efforts pour atteindre nos objectifs. Mme Pirello souligne l’importance de se créer une image, une patte, que l’on gardera toute notre carrière: c’est ainsi que nous pouvons nous différencier. McGill propose également plusieurs programmes pour trouver des mentors, qui peuvent nous orienter dès aujourd’hui.

On sort de cette conférence impressionnées par ces femmes brillantes, inquiètes du chemin qu’il reste à parcourir mais plus déterminées que jamais. Car comme Mme Christodoulou l’a si justement dit: «Le monde attend juste des femmes qui osent.» 

 
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