«Désinvestissons McGill» dort chez vous
29 septembre 2015 - Image par Zaliqa Rosli
L’association organise sa semaine anti-énergies fossiles.

«Désinvestissons McGill» (Divest McGill, ndlr), une des associations les plus reconnues de McGill, organisait ces derniers jours sa semaine anti-énergies fossiles. «Désinvestissons McGill» milite pour le désinvestissement de l’Université McGill hors des énergies fossiles, qui nuisent à l’environnement. McGill possède en effet $70 millions d’investissement dans le secteur, sur une dotation totale de $1.3 milliard. Les deux entreprises, desquelles McGill détient les parts les plus importantes sont Shell et Enbridge. Deux firmes menant des projets très controversés: Shell tente de devenir la première compagnie pétrolière à forer les ressources de l’Arctique, tandis qu’Enbridge est le développeur du fameux  oléoduc Keystone, reliant le Texas à l’Alberta.

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Cinéma et bataille de hip hop

Au programme,  entre veillée aux chandelles pour la paix et bataille de rap contre les sables bitumineux, s’est tenue une séance nocturne de cinéma en plein air, mardi soir. Co-organisée avec Cinema Politica et Cinema Out Of The Box, cette séance tentait de sensibiliser les assez nombreux et divers spectateurs — Le Délit a noté quelques quadragénaires — aux effets du réchauffement climatique sur les communautés autochtones, ainsi qu’à l’influence d’une mobilisation populaire contre ce même réchauffement global. Deux documentaires ont été projetés sur une toile alors que le système était alimenté par une bicyclette, sur laquelle se sont relayés des volontaires durant la séance. Alors qu’un froid automnal s’installait, l’assemblée pouvait alors s’allarmer devant la situation d’Inuits désemparés par des glaces apparaissant trop tard et des neiges fondant trop tôt.     

La fin de la semaine s’inscrivait dans une plus large ambition: le groupe s’est joint à la marche sur le débat des chefs du 24 octobre et la semaine s’est terminée vendredi dans une volonté de pointer le caractère international du mouvement Désinvestissons. Un mouvement ayant fait des petits à Montréal —déjà présent à Concordia et depuis peu à l’UQAM —et en vogue aux États-Unis, où universités, églises et pensions sont pressées de se désinvestir des énergies fossiles; ce qui n’est peut-être pas inintéressant alors que l’industrie est à un bas historique.

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Une semaine militante et culturelle

Au vue de ces faits, les demandes de «Désinvestissons McGill» peuvent sembler sensées pour un grand nombre. C’est dans l’optique de fédérer un soutien important —afin d’appuyer celui de nombreux professeurs — qu’était organisée cette semaine anti-énergies fossiles. Guillaume Joseph, porte-parole de «Désinvestissons McGill», revendique de vouloir «répandre le message de Divest dans McGill et Montréal». Il s’agit d’un enjeu qui concerne toute une communauté et «Désinvestissons McGill» compte bien mettre la pression sur une administration à laquelle on avait imposé un délai de six mois pour prendre sa décision, lors de la présentation du rapport estampillé «Désinvestissons McGill»  en faveur du désinvestissement. C’était en avril dernier.

Afin d’attirer le plus possibles de participants, «Désinvestissons McGilll» a décidé de donner une orientation militante et culturelle à sa semaine. Une dizaine de tentes ont été plantées dans le carré de la communauté, en face de la porte Milton et aux pieds des bureaux de l’administration de McGill, là où le tout McGill défile à longueur de journée. Une douzaine de membres y ont dormi la semaine durant, et animé la journée des évènements pour interpeller et intéresser les passants. Une stratégie d’ensemble qui a garanti une belle exposition au mouvement.  À se demander pourquoi d’autres évènements similaires — telle la semaine anti-austérité — ne se font pas remarquer sur le campus de pareille manière. 

Zaliqa Rosli
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