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Monica chez les irréductibles Québécois

Une conférence de presse sur le prochain film de Guy Édoin.

Cécile Amiot

À ceux qui s’interrogent sur la cause du changement brusque de température mercredi dernier, il convient de confier que Monica Belluci était de passage à Montréal pour le tournage de Ville-Marie, le nouveau film de Guy Édoin. Le Délit a eu la chance d’assister à la conférence de presse donnée en cet honneur en présence des comédiens Pascale Bussières, Aliocha Schneider, Patrick Hivon et Louis Champagne. Il n’est pas nécessaire de rappeler la présence du réalisateur et de la belle Italienne, elle n’est que trop palpable.

Nous entrons dans l’arène, cachée au fond d’un couloir de l’hôtel Reine-Élizabeth. Plus de dix trépieds attendent la vedette et les photographes, indénombrables, gesticulent pour se rapprocher de la table où les conférenciers vont bientôt s’assoir. Ça y est, ils arrivent, les flashs crépitent sans intimider une seconde les vedettes. La période de questions s’amorce immédiatement après celle des photos pour Monica, les autres participants attendent un peu avant de pouvoir s’exprimer.  Elle flatte tout de suite son public : « Je ne peux pas ne pas aimer le cinéma québécois », ou encore : « Guy m’a donné un des plus beaux rôles de mon parcours. » C’est la première fois qu’elle vient à Montréal, elle y trouve les gens « ouverts et généreux ». L’équipe se dit très soudée, les acteurs se louangent les uns les autres. 

Pour Guy Édoin, un fantasme se réalise à l’écran avec « Monica et Pascale, deux charismes qui vibrent dans les mêmes zones ». Il affirme aussi avoir « braillé comme un bébé » en les voyant jouer ensemble. Ce n’est pas non plus pour déplaire au jeune Aliocha que de jouer le fils de la Belluci. En plus de partager l’écran avec une célébrité, il raconte comment toute son appréhension s’est apaisée lorsqu’il lui a parlé au téléphone pour la première fois : « sa voix, d’une douceur exceptionnelle, m’a tout de suite rassuré ». Les ambulanciers du film, Louis et Patrick, sont un peu moins à l’aise. Patrick ira jusqu’à dire « Je sais pas ce que je fais ici, j’me sens tout p’tit ». 

Les conférenciers croient avant tout au travail d’équipe : « Le star-system, ça n’existe pas, c’est le jeu d’une journée, le tapis rouge » affirme Monica Belluci. Une journaliste la questionne : « Vous ne pensez pas être une star ? » Elle répond que « les choses qui se créent sont des coïncidences ». Si élégamment enrobées dans son accent italien, ses paroles se reçoivent sans qu’aucun n’essaye de la contredire. Les deux femmes ne s’incommodent pas des questions par rapport à leur âge. Pascale Bussières trouve que les rôles qu’on lui propose sont plus intéressants et qu’elle y fait preuve de plus d’audace. Elle déclare que « c’est bien de vieillir dans ce métier-là ». Monica Belluci, dans un sourire, fait savoir qu’elle n’est pas touchée par la diminution de propositions pour des rôles avec le temps qui passe. 

Guy Édoin, qui n’en révèle pas trop à propos du scénario de Ville-Marie, annonce quand même que Montréal y est un personnage à part entière. L’intention est de porter une réflexion sur le cinéma et les milieux hospitaliers avec une touche hollywoodienne. « Je me suis fait vraiment plaisir », déclare-t-il. À en croire notre Cléopâtre, le scénario vaut le détour ; alors que le réalisateur tente de répondre à une question à propos de la façon dont il a réussi à avoir Monica Belluci dans son film, elle lui prend le microphone des mains pour s’écrier doucement et en toute volupté : « Mais enfin, Guy, tu m’as envoyé un scénario sublime, je l’ai lu en quatre jours. » Le scénario a beau être un ingrédient essentiel, la bellissime trouve aussi l’inspiration dans la petite famille qui s’est composée : « J’ai vu six yeux magnifiques et j’ai plongé dedans et boum ! J’ai joué. »


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