Avec la Syrie
18 mars 2014 - Image par Thomas Cole Baron
Les initiatives étudiantes en faveur des victimes du conflit syrien prolifèrent.


Une vigile avait lieu le jeudi 13 mars sur le campus de McGill afin de commémorer le troisième anniversaire du début du conflit syrien, dans le cadre d’une mobilisation internationale en appui aux réfugiés syriens.

Une trentaine de personnes se sont rassemblées à l’intersection Y, pancartes dressées, pour sensibiliser la communauté universitaire à la problématique syrienne. Des représentants de la branche montréalaise de l’organisme Un Cœur pour la Syrie étaient aussi sur les lieux afin de récolter des dons, par la vente de pâtisseries, entre autres. Après plus d’une heure passée au point de rassemblement initial, la troupe s’est déplacée vers le portail Roddick en vue d’interpeler les passants dans la rue. Le tout s’est déroulé dans une ambiance sereine, la température froide inculquant un certain calme aux participants. Le concept de départ, une «veillée à la chandelle», a notamment dû être abandonné en raison de fortes bourrasques.

Organisé conjointement par Amnistie Internationale McGill, Journalistes pour les droits humains, Oxfam Québec et l’Association des étudiants syriens de McGill (Syrian Students Association, SSA), l’événement s’inscrivait dans un mouvement mondial de soutien à la population syrienne. Tout au long de la fin de semaine, plusieurs veillées aux chandelles avaient lieu dans différents pays.

Malgré le fait qu’il considère la population syrienne divisée sur les enjeux du conflit, Houwsam Kotrach, vice-président de la SSA, croit que «la crise humanitaire en Syrie fait consensus, c’est indéniable; c’est ce qui unit la communauté en ce moment».  Le jeune homme d’origine syrienne est aussi persuadé du bien-fondé des activités de ce genre et surtout de son impact grâce au bouche à oreille. «Tout commence quelque part; nous informons les personnes de la communauté de McGill qui pourront ensuite le dire à leurs amis et ainsi de suite», explique-t-il. Face à l’arrivée de plus en plus fréquente d’étudiants syriens sur le campus en raison du conflit qui les force à quitter le pays, Houssam Kotrach (journaliste pour les droits humains à McGill, Oxfam-Québec à McGill), pense que le rôle de la SSA est plus important que jamais. «Nous essayons de donner de l’espoir et d’attirer l’attention sur un enjeu auquel la communauté internationale a tourné le dos». Une association étudiante qui joue donc un rôle grandissant dans la sensibilisation au conflit syrien sur le campus, comme en témoigne Ghalia Elkerdi, présidente de la SSA.  «La SSA était inactive depuis 2006, et une des raisons qui nous a poussé à la ressusciter était de sensibiliser la communauté universitaire aux horreurs du conflit syrien».

Faire quelque chose pour aider

Kinan Swaid, qui participait au rassemblement dans le but de fournir son aide, déplore le contexte actuel que vit son pays. «Je sens que je dois […] montrer aux gens comment ça se passe», dit-il. Il ajoute: «je fais de mon mieux, mais ça reste le minimum comparé à ce que vivent les réfugiés en Syrie». Pour Faisal Alazem, directeur du conseil syro-canadien de Montréal, l’apport monétaire de la communauté  internationale est plus qu’important. Il donne en exemple une école entièrement subventionnée   par des dons d’organismes montréalais comme Un Cœur pour la Syrie. «C’est incroyable de constater l’impact que ça peut avoir, surtout pour les enfants», s’exclame-t-il. Monsieur Alazem reconnaît aussi l’effet positif que peuvent avoir des initiatives du genre sur le moral de la communauté syrienne au Canada. «Psychologiquement, les Syriens ne vont pas bien du tout, ils vivent avec une grande anxiété au quotidien», explique-t-il. «Ce genre d’activités, c’est leur moyen de se sentir mieux, de faire quelque chose pour aider».

Le chapitre montréalais de cette campagne mondiale culminait le samedi 15 mars, la date d’anniversaire officielle du début du conflit syrien, avec la tenue d’une manifestation sous le slogan «Liberté, Dignité, Démocratie pour tous les Syriens».

 
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