Accréditation de PSA
12 mars 2013 - Image par Romain Hainaut
Le scrutin s’ouvre pour la semaine.

Lundi 11 mars 2013 a marqué le début de la période des élections pour définir le sort de l’Association des étudiants en Philosophie (Philosophy Student Association, PSA) quant à une possible accréditation. Une telle décision, première dans son genre, permettrait à l’association de devenir indépendante de l’université au niveau financier et légal. De plus, tout comme l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM), l’Association Étudiante de la Faculté des Arts (AÉFA) et l’Association des Étudiants de Cycles Supérieurs de l’Université McGill (AÉCSUM), la PSA se verrait alors capable de «négocier son propre protocole d’accord» (Memoranda of Agreement, MOA) et ainsi de «s’affilier avec de larges coalitions ou fédérations [d’étudiants] à travers le Québec», selon le site web créé pour l’occasion.

Un tel projet ne date pas d’hier. Déjà Jonathan Wald, président de l’association, indiquait au Délit le 18 septembre dernier qu’il pensait «incorporer [les] finances [de la PSA] afin de devenir une association indépendante» (Centralisation à l’AÉFA, Volume 101, numéro 2). La décision s’était ensuite officialisée le 2 octobre 2012, car comme Wald l’expliquait : «il y a un désir général d’avoir plus d’autonomie, de contrôler nos frais» (Autonomie pour la PSA, Volume 101, numéro 4).

En vertu de la Partie III de la Loi sur les Compagnies du Québec (C-38), la PSA a franchi le premier pas vers l’accréditation en s’incorporant à McGill le 12 février, lors d’un vote unanime.

En entrevue avec le Délit, Devon LaBuik, président de l’AÉFA, annonçait qu’ «il ne savai[t] pas que des démarches avaient été entreprises» (Une première association départementale à McGill s’incorpore, Volume 101, numéro 16). Appelé le lundi 11 mars, il a refusé de commenter, indiquant qu’en ce moment, «l’AÉFA rassemble toutes les informations». Il est important de rappeler que le projet de la PSA a été rendu public en octobre 2012.

Positions divergentes dans l’administration

L’administration semble divisée sur le sujet. D’un côté, Morton J. Mendelson, Vice-principal adjoint à la vie étudiante, avait, lors de la campagne d’incorporation, fait sentir son désaccord en expliquant que «permettre aux associations départementales de s’incorporer n’est ni une option ni une solution». Alors que la période de vote s’entame, le Vice-principal exprime maintenant son refus de reconnaître la PSA comme une association accréditée, si une majorité de «oui» venait à passer. Il explique dans un courriel envoyé au Délit que des protocoles d’accord ne peuvent être signés qu’avec des associations au niveau universitaire et facultaire. Il n’est pas question pour lui de signer un protocole avec une association départementale, citant la section 2.1 de la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves et d’étudiants : «les étudiants en Licence, […] Master et Doctorats […] sont des groupes étudiants distincts», et seule «une association par groupe d’étudiants peut être accréditée».

Au courant de cette prise de position, Wald a indiqué au Délit que «les commentaires du professeur Mendelson ne changeront pas les actions entreprises par la PSA». Il assure avoir discuté du problème avec le Ministère de l’Éducation, qui a confirmé que «les bacheliers de philosophie […] constituent un groupe d’étudiants indépendant, en vertu de l’Acte sur l’Accréditation [cité plus haut]».

En effet, il est noté dans le paragraphe 2, sous-paragraphe 6, que «[peuvent être accrédités] dans les établissements d’enseignement de niveau universitaire, chaque faculté, chaque école, chaque département».

Défendant une autre position au sein de l’administration, André Costopoulos, Doyen à la vie étudiante de l’Université McGill, accueille avec ouverture l’éventuel futur groupe étudiant : «c’est une bonne chose que les étudiants décident de s’organiser» et de devenir indépendants, «il y aura plus de voix et d’opinions sur le campus». Il s’est aussi dit ouvert à des discussions avec une PSA accréditée si elle le souhaitait, insistant cependant qu’il n’aura aucun pouvoir de décision. «Heureusement», lance-t-il, «je préfère m’attaquer aux problèmes plutôt qu’à la paperasse».

Le vote commence

Wald a expliqué, lors d’une entrevue téléphonique avec Le Délit cet après-midi que «tout marchait comme prévu»: alors que le scrutin vient de s’ouvrir, plusieurs étudiants se sont déjà présentés dans le bâtiment Leacock, salle 931, pour voter et discuter avec les exécutifs autour de café et de nourriture gratuits. Selon lui, la publicité a été une réussite et «beaucoup d’étudiants sont au courant du vote».

Les résultats, qui seront annoncés vendredi après la fin du scrutin à 17 heures, ne seront officialisés et validés qu’une fois la vérification du Gouvernement du Québec. Une majorité de «oui» sera nécessaire, avec quorum minimal de 25% des «inscrits dans l’établissement d’enseignement concerné», soit 92 des 365 membres, selon le dernier recensement.

 
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