Longtemps, c’est long
3 mars 2013 - Image par Camille Chabrol
Une centaine de manifestants dénonce la lenteur de la Régie du Logement.

Jeudi 28 février à 13 heures, à l’angle de la rue Crescent et du boulevard René-Levesque, démarrait une marche au ralenti pour dénoncer les délais de traitement des plaintes de la Régie du logement.

La Régie du Logement est un tribunal spécialisé dans les baux résidentiels. Son rôle premier est de veiller à ce que les droits et devoirs du propriétaire et du locataire soient respectés. Selon elle, le principal devoir du locataire consiste à payer son loyer dans les délais impartis; quant au propriétaire, il se doit de délivrer un logement en «bon état […] et de le maintenir dans cet état». Aux dires des manifestants, ce sont ces points précis qui ne sont plus respectés.

Lorsqu’un locataire ne paie pas son loyer, la Régie du logement fixe une audience pour son éviction dans un délai moyen de six semaines. En revanche, lors d’un problème de réparation majeure, comme des moisissures ou un dégât d’eau, la victime doit attendre en moyenne vingt mois avant d’obtenir une audience, soit une durée plus longue que celle d’un bail. Pendant ce temps, les locataires doivent continuer à vivre dans des conditions parfois insalubres, ou entamer des travaux à leurs frais.

Pour le Comité Logement et le Projet Genèse, organisateurs de cette marche «slo-mo», cette situation est inacceptable. Une membre du projet Genèse explique que «les délais sont de plus en plus longs; ils atteindront bientôt 24 mois». Un manifestant ajoute que tout cela va bien au delà d’un simple problème de logement: une personne vivant dans un appartement insalubre pendant des dizaines de mois, en attente d’une audience, peut tomber malade, ce qui aura des répercussions sur sa vie personnelle et professionnelle.

À voir ces marcheurs de tous types et âges, le problème concerne tout le monde. Des membres de comités et d’associations de protection des locataires, mais aussi, et ils sont nombreux, des gens simplement fatigués d’attendre, disent qu’ils «ne peuvent plus attendre».

Devant cette inaction de la part de la Régie du logement, nombre d’associations et de victimes se sont alliées pour mettre en avant trois requêtes. Elles souhaitent donc que toutes les demandes soient entendues dans un délai de trois mois sur la base du premier arrivé, premier servi. S’il en va de la santé ou sécurité du locataire, elle doit être entendue dans les 72 heures. Enfin, elles réclament un budget additionnel pour la Régie du logement, de la part du gouvernement du Québec, pour l’embauche de régisseurs afin de réduire les délais. Cette manifestation est une première pour cette femme, qui raconte au Délit que les méthodes actuelles lui font «mal au cœur». Le mot de la fin lui appartient: elle se dit «choquée» de constater les conditions dans lesquelles certains locataires sont forcés à vivre.

 
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