Consultation sans représentation
20 février 2013 - Image par Camille Chabrol
Les étudiants de McGill continuent de bouder les consultations sur l'encadrement des manifstations

Une vingtaine de personnes se sont rassemblées le mercredi 20 février afin de discuter du nouvel énoncé de valeurs sur la liberté d’expression, et la tenue d’assemblées pacifiques et des procédures opérationnelles qui l’accompagnent. Bien que l’exercice, proposé par l’administration, se voulait une façon de prendre le pouls de la communauté mcgilloise, seulement une vingtaine d’étudiants ont participé à la discussion, dont un seul se définissant non-affilié à la politique universitaire. Près de la moitié des personnes présentes étaient des représentants de l’administration.

Un brouillon des deux documents à été remis aux participants et deux tables d’une dizaine de personnes se sont formées afin d’entamer des discussions. La rencontre se divisait en trois temps: d’abord, une discussion sur l’énoncé de valeurs, ensuite, les procédures opérationnelles et, finalement, les participants se sont consultés pour savoir s’il devrait y avoir des limitations à la liberté de manifester et, si oui, lesquelles.

Dans un premier temps, la discussion a surtout tourné autour des circonstances dans lesquelles il était légitime de faire appel aux forces policières sur le campus. Andre Costopoulos, doyen à la vie étudiante, a expliqué aux participants rassemblés autour de la première table que l’énoncé se voulait le «meilleur estimé des circonstances dans lesquelles il est nécessaire d’y avoir recours».

Les débats ont par la suite porté sur la délimitation du seuil de tolérance. Pour plusieurs des personnes présentes, le seuil était pour le moment beaucoup trop bas et demandait révision. Dans un même ordre d’idée, une étudiante a demandé à ce que l’administration fasse une distinction entre la violence et l’interruption des activités sur le campus, soutenant que la première situation devrait être encadrée, mais pas la seconde.

D’autres critiques ont dénoncé le manque de référence à la personne qui sera en charge de faire appel au corps policier. Il y a aussi eu beaucoup de discussions quant à savoir si les étudiants se verront donner un avertissement avant que les conséquences ne s’appliquent, et quelles seront en effet les dites conséquences. Le document ne semble pas pour le moment faire état de ces deux préoccupations.

La consultation s’est ensuite penchée sur les opérations procédurales reliées à l’application de l’énoncé de principe. Alors qu’un étudiant a proposé un changement de nom, argumentant que le présent titre rendait le document «repoussant», Robin Reid-Fraser, vice-présidente aux affaires externes de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM), a, quant à elle, remis en question la nécessité de posséder un tel document. McGill possède déjà un code de conduite régulant les comportements étudiants et elle ne voit pas la pertinence d’ajouter une seconde couche.

Morton Mendelson, député Prévost de l’Université McGill, a répondu que «le Code de conduite de l’étudiant est très général alors que [les procédures] que nous sommes en train de regarder encadrent un type de comportement particulier».

En dernier lieu, les participants ont débattu sur le besoin d’avoir des limitations au droit de manifester. Cette fois, les conversations ont surtout tourné autour de deux termes: l’intentionnalité et l’intensité. Bien que la majorité se soit entendue sur la nécessité d’établir certaines limites, aucun des deux groupes n’a atteint de consensus sur leurs définitions respectives.

Il s’en est donc suivi d’une discussion sur comment définir l’intentionnalité. Alors que l’administration y voyait une façon de contrôler l’intention d’interrompre les activités et de déranger, certains, tel que Jimmy Gutman, représentant de la Faculté des arts au sénat de McGill, y voyait plutôt un contrôle de l’intention qui pousse les manifestants à se rassembler. L’intensité a aussi fait l’objet de débats concernant la façon de définir l’intensité maximale qu’une manifestation pourrait atteindre sur le campus avant l’intervention des forces de l’ordre.

Au final, il en a été déduit qu’il était nécessaire de clarifier les deux termes. Les membres de l’administration qui étaient présents se sont engagés à les revoir pour les rendre plus concrètes.

 
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