Feu sur la souveraineté
12 février 2013 - Image par Camille Chabrol
Le Parti Québécois dévoile son plan d’action

Le Conseil national du Parti Québécois (PQ) s’est déroulé les samedi 9 et dimanche 10 février à Drummondville. Ce genre de conseil vise à ce que les membres du parti débattent sur diverses propositions adoptées par les circonscriptions afin de décider si elles deviendront on non des positions officielles du gouvernement.

L’élément vedette à l’ordre du jour du Conseil de cette fin de semaine était la mise en place du plan d’action pour la promotion de la souveraineté du Québec, plan qui vise à orienter les actions du parti vers la promotion de celle-ci. Ce plan a été approuvé majoritairement par les délégués du Conseil national. Selon Ariane Lefebvre, vice-présidente aux communications du Comité national des jeunes du Parti Québécois (CNJPQ), le plan «n’inclut pas que les campagnes de pub payées par le PQ, et il n’y a pas que des réseaux sociaux; il y a des projets à long terme». Le PQ organisera notamment des Conseils nationaux thématiques sur la souveraineté et une école d’été des jeunes souverainistes sera mise en place par le CNJPQ, mentionne Mme Lefebvre en entrevue téléphonique avec Le Délit. Bien que le plan de promotion de la souveraineté ait été adopté par le Parti Québécois, il ne reflète pas encore la direction que le gouvernement entreprendra dans les années à venir.

Mathieu Côté, responsable des communications du Mouvement des Étudiants Souverainistes de l’Université de Montréal (MÉSUM), croit que le plan d’action du gouvernement Marois est une bonne initiative. Il écrit dans un courriel adressé au Délit que «pour le Parti Québécois, s’il y a plus de souverainistes, il y a plus de personnes susceptibles de voter pour lui […]. Pour l’indépendance, plus on en parle, plus il va y avoir de souverainistes».

Par rapport à la question des droits de scolarité, les membres du Parti Québécois ont adopté une résolution en faveur d’un gel des frais et contre toute mesure augmentant l’endettement étudiant. Toutefois, Pauline Marois, chef du PQ et première ministre, explique ce qu’elle entend par un gel dans un point de presse: «Pour moi, indexation égal gel». Elle considère que si les frais de scolarité n’augmentent pas en symbiose à l’inflation, on parle d’une réduction des frais de scolarité. Le Comité national des jeunes du Parti Québécois appuie pour sa part le gel des frais de scolarité. Mme Lefebvre soutient que le gel est en ce moment la priorité pour le CNJPQ, mais que l’avenir souhaitable est la gratuité scolaire.

C’est sous haute surveillance policière que le Conseil s’est déroulé. Plusieurs manifestants se sont donnés rendez-vous afin de scander leur déception face à la non-tenue de diverses promesses faites par le PQ. Des contrôles d’identité avaient également lieu à l’entrée des salles de réunion  afin de prévenir l’accès à des personnes indésirables, selon La Presse du 5 février.

 

Les jeunes Québécois et la souveraineté 

Selon Ariane Lefebvre, les jeunes du Québec sont toujours intéressés par la souveraineté du Québec. Elle dit par ailleurs que «le projet de pays du Québec servira entre autres aux générations futures et les jeunes doivent contribuer à construire le pays où ils seront vraiment maîtres chez eux. Il faut inclure les jeunes si on veut actualiser le projet d’indépendance».

Jean-François Daoust, président du MÉSUM, est également d’avis que le milieu universitaire a un rôle important à jouer quant à la question nationale. Par rapport à la popularité de la souveraineté du Québec en général, il écrit: «Durant les mois qui précédaient le référendum de 1995, les firmes de sondages prévoyaient une victoire écrasante du «non». On a prédit la mort du souverainisme! Et pourtant, le résultat final a été très serré (49,4%). Aujourd’hui, alors que la souveraineté se maintient  autour de 40%, le mouvement souverainiste partirait d’une meilleure position qu’en 1995».

 

Place aux jeunes péquistes

Le Comité national des jeunes du Parti Québécois (CNJPQ) fêtait ses 25 ans lors du Conseil, le samedi après-midi. Un cocktail était organisé pour l’occasion, auquel ont pris part des anciens du CNJPQ ainsi que Pauline Marois.

Le CNJPQ, l’aile jeunesse du PQ, détient 33% des voix lors des votes dans les instances du parti, selon les propos de la vice-présidente aux communications, Ariane Lefebvre. Le Comité peut également apporter ses propositions pour qu’elles soient débattues lors des Conseils nationaux. Le CNJPQ possède trois missions, comme on peut le lire sur leur site Internet: «Défendre les intérêts de la jeunesse à l’intérieur du parti», «être les porte-parole du Parti Québécois auprès des jeunes de 16 à 30 ans» et «recruter et former les jeunes militants de la souveraineté».

Ariane Lefebvre mentionne qu’il est de plus en plus difficile pour les partis politiques d’aller sur les campus universitaires, tant les directions d’établissements deviennent strictes à ce sujet. Elle soutient par ailleurs qu’il existe une «cellule souverainiste à l’Université McGill où le Parti Québécois est représenté», mais le Délit n’a pas réussi à se mettre en contact avec une telle organisation.

 
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