Lever le voile sur les non-dits
21 janvier 2013 - Image par Ixion communications
David Lambert signe une co-production franco-canado-belge.

Le désir et le désarroi amoureux sont des sujets souvent abordés au cinéma. Toutefois, Hors les murs, le premier long-métrage du réalisateur belge David Lambert trouve le moyen d’aborder ces thèmes différemment, avec un vent de fraîcheur. Cette coproduction France-Canada-Belgique nous présente Paulo (Matila Malliarakis) et Ilir (Guillaume Gouix), deux jeunes hommes qui font connaissance après une soirée bien arrosée dans un bar. Ils n’ont rien en commun, et pourtant, sont attirés l’un par l’autre.
Si ce scénario semble à priori banal, c’est dans les détails et les subtilités qu’il arrive à se démarquer et à en toucher plus d’un. Le film est empreint d’un humour léger et attachant, notamment dans une scène au supermarché où Ilir s’amuse à déclarer à qui voudra l’entendre qu’ils comptent faire l’amour tout l’après-midi. Pourtant une trame dramatique intense se dévoile également. Le spectateur est amené à se questionner sur les événements qui s’y déroulent et à remettre en question sa propre façon de vivre et de percevoir les sentiments humains. Le réalisateur développe une importante réflexion sur le désir et la dépendance amoureuse, ainsi que sur les conséquences que peuvent avoir ces émotions.
La performance livrée par les deux acteurs principaux laisse sans voix. Ils arrivent tous deux à incarner des personnages profonds et complexes. Dans ce film, beaucoup d’informations passent par le non-dit, par les regards et les gestes des deux hommes. On peut également voir dans le film la québécoise Mélissa Desormeaux-Poulin, qui y incarne la petite amie de Paulo, un peu désemparée par toute cette histoire.
La deuxième moitié du film contraste violemment avec la première. Les personnages se délitent dans une atmosphère sombre qui pèse sur le spectateur. Certains trouveront le rythme un peu lent, mais ce ton demeure justifié et apporte un aspect nouveau et bouleversant à l’histoire.
David Lambert s’attaque à plusieurs tabous et joue le tout pour le tout en abordant des thèmes tels que l’amour entre hommes et le sadomasochisme. Il est d’ailleurs rafraîchissant de voir ces tabous disparaître lentement d’année en année. Les plans visuels sont bien travaillés, mais la caméra se fait tout de même très discrète, histoire de laisser toute la place à l’interprétation et à l’émotion. Au départ, Lambert n’avait pourtant pas prévu de réaliser le film, il n’en écrivait que le scénario. Hors les murs est son premier long-métrage. Il a été sélectionné pour la Semaine de la critique du Festival de Cannes et également nominé pour la prestigieuse Caméra d’Or, décernée par le jury pour le meilleur premier film.
Hors les murs vient tout juste de sortir en DVD au Québec et vaut la peine d’être vu. Il s’agit d’un film différent amenant une introspection intéressante ainsi qu’une vision nouvelle des sentiments de désir et de dépendance amoureuse.

 
Sur le même sujet: