Écrire pour ne pas oublier
3 avril 2012
Il ne faut cesser d’écrire. Que ce soit pour transmettre son opinion et ses idées ou pour dénoncer, démystifier et provoquer.

Écrire pour que les injustices et les controverses demeurent dans la conscience de la population. Écrire pour les futures générations. Bref, écrire pour ne pas oublier.

Trop souvent, nos gouvernements commettent des actes amers, salés ou sucrés, qui quelques jours plus tard s’enfouissent sous une marée de silence. Ensuite, quand vient le temps de réélire un gouvernement, ils refont surface dans les médias sans trop de remous, car la conscience, elle, les a foutu au large.

En 2012, j’aimerais qu’on ne cesse d’écrire. Qu’on ne cesse de discuter, de débattre et de se rappeler tous nos mécontentements à l’égard du monde politique. Même si cette collaboration prend fin sous peu, je continuerai à faire valoir mes positions. Et il serait absolument idéal que chacun fasse de même.

Après un mandat minoritaire, le gouvernement Harper a réussi à se faire réélire et ce, malgré tous ses détracteurs. Après un second mandat similaire, la vague d’impopularité du premier ministre a semblé prendre une tournure de tsunami suite à son outrage au parlement. En vain: les Conservateurs ont repris les rênes du navire.

À ce rythme-ci, le Harperland risque de devenir un réel royaume nébuleux et l’équation n’est pas difficile à équilibrer.

Depuis quelque temps, les médias rapportent sporadiquement les dénouements dans l’affaire des Robocalls. Pourtant, Élections Canada ne dérougit pas. La nouvelle semble ainsi s’estomper, emportant avec elle la conscience des Canadiens.

Je réitère donc: il FAUT préserver le débat. Discuter, se prononcer, jusqu’à ce que conséquence s’en suive. Le Robogate a tout pour devenir le «scandale des commandites» du Parti conservateur. C’est à nous de faire en sorte qu’il éclate.

Puis, à ce niveau-là, nous sommes choyés. Disons que la feuille de route du premier ministre comporte plus d’un point noir. L’abolition du registre des armes à feu, le retrait du protocole de Kyoto, l’achat de F-35 avec l’argent des contribuables, l’endurcissement du système pénal et carcéral, l’ouverture à la torture afin d’obtenir des renseignements en or, le projet de loi C-30 obstruant le respect à la vie privée des internautes, l’enlèvement de fonds pour les programmes d’avortement dans les pays en voie de développement, le traitement de faveur aux industries minières et pétrolières, pour ne nommer que ceux-ci.

Bref, notre gouvernement est loin d’être premier de la classe.

Alors comment se fait-il qu’avec un tel bulletin il parvienne à diriger le bateau canadien sans tempête menaçante? Clairement, la population canadienne est atteinte d’une passivité exemplaire.

Le 22 mars dernier, le mouvement étudiant a pris la rue à Montréal pour manifester contre le gouvernement provincial. Malgré ma participation à cet événement (historique), je n’ai pu m’empêcher d’espérer voir naître en ce mouvement une mobilisation nationale contre le gouvernement fédéral. Pourquoi sommes-nous à ce point passif quand vient le temps de dénoncer Harper? Pendant qu’on compare Charest à un dictateur, on parodie Harper comme un «mangeux de Tim Hortons». Un peu de logique s’il vous plaît.

Ce pourquoi je ne cesse d’écrire; pour que les actions indignes de notre premier ministre canadien ne restent pas sans contestation. Écrire pour éveiller la conscience. Écrire pour qu’il règne une aura de détresse dans la Chambre des communes.

Bref, j’écris pour que Stephen Harper comprenne la démocratie. Pour qu’il sache que nous ne sommes pas un mur de silence. J’écris pour ne pas me taire. Et pour que notre démocratie soit enfin digne d’un peuple soucieux de son avenir.

 
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