Charisme, éloquence et élections
17 janvier 2012
Nouvelle chronique, nouvelle année. Même thème: l’avenir. Et quoi de mieux qu’un début de janvier pour spéculer sur les saisons à venir?

Avec un Canada (et un Québec!) pris en otage par notre meilleur ami, ce charmant monsieur Harper, je me contente de me concentrer sur la scène politique québécoise.

Pourquoi? Parce qu’en raison d’une écœurantite aiguë, les décisions de Stephen Harper ont cessé de faire écho à mes oreilles. Mais d’abord et avant tout parce que c’est une année d’élections au Québec. Alors voici mon diagnostic des trois partis principaux.

Les Libéraux. Grandes vedettes de la télé-réalité québécoise 2011 sur la saga de la construction, ils ont un chef calme, détendu, mais peu éloquent. À mon avis, les libéraux sont tels des napperons sur une table. Parfois sales, parfois propres, on les garde jusqu’au jour où on en trouve de plus beaux. D’ici-là, on les utilise par nécessité et stabilité. À la grande surprise de tous, ils survivent aux sondages. La raison est simple et miraculeuse: ils offrent la seule option fédéraliste québécoise, tel qu’entendu dans le temps des fêtes: «Je ne suis pas souverainiste, donc je vote Charest.» Amen.

Les Péquistes. Go Pauline! Go Gilles! Qui sait? Aurons-nous droit à une volte-face par laquelle le Parti Québécois troquera Pauline pour Gilles? Un petit conseil pour celle-ci: retour à la réalité exige, il serait temps de laisser sa place à un ou une autre. Implosion, défections, démissions et élections ne font pas bon ménage. Certes, il faut savoir mettre l’orgueil dans sa sacoche en se rappelant les sages paroles de Bernard Landry dans La Presse: «Le parti avant les individus, et le pays avant le parti.»

Les Caquistes Coalisés. La palme d’or du parti le plus attendu aux élections 2012 revient certainement à la Coalition Avenir Québec. L’intrigue de cette soirée électorale où je serai nez à nez avec ma télévision des années 90 demeure entre les mains de celle-ci. Les spéculations à son sujet sont plutôt difficiles à émettre en raison des incertitudes et des «on verra», caractéristiques primaires de son aura politique. Chose certaine, la CAQ risque de faire fureur sur la planche de serpents et échelles. Ceci dit, on ne peut nier la popularité de ce parti, qui se dit être partisan du changement politique québécois. Ne le somme-nous pas tous?

Bref, si la politique n’était qu’un jeu de hasard, je poserais mon vote électoral après avoir chanté «ma p’tite vache a mal aux pattes…». Heureusement, comme nous avons pu le voir le 2 mai dernier au niveau fédéral, la politique n’est pas une simple comptine d’enfants. Si nous voulons préserver du mieux que nous pouvons notre société distincte en évitant de la transformer en Harperland II, il est primordial de se faire une idée claire et nette des partis politiques de notre province.

Sur ce, je souhaite à tous une année politique remplie de rebondissements, de discours enflammés (gardons espoir), de débats constructifs et d’un peu de charisme à tous nos chefs politiques, car Dieu sait qu’ils en auront besoin!

 
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