La révolte du dominé
20 mars 2012
La tension était palpable entre le SPVM et les manifestants lors de la manifestation annuelle contre la brutalité policière.

La présence médiatique dans une manifestation représente la seule estafette entre le spectateur et la «réalité». On ne peut ressentir une peur fondée et étalée sur trois heures dans une vidéo de deux minutes réalisée par des journalistes.

Nicolas Quiazua | Le Délit
Ces journalistes sont enclins à jeter la première pierre aux «va-t-en-guerre» belliqueux et sans cervelle, profitant supposément de la manifestation pour s’adonner à de la casse aléatoire. Ils s’arment d’arguments fallacieux et s’adonnent à la dépolitisation de ces manifestants masqués. Les Black Bloc sont soi-disant une «menace pour la société». Ils ne sont rien d’autre que des individus participant à des groupes éphémères de démocratie directe.

Parallèlement, les victimes de la répression policière et leurs défenseurs s’étonnent de l’utilisation de la matraque qui ne semble appartenir à personne alors que la pierre lancée dans la vitrine du BCBG elle, appartient à 2 000 personnes. D’où l’importance de comprendre l’action politique d’un Black Bloc à travers une manifestation, pour la sécurité des autres manifestants. La police justifie son pouvoir coercif et sa répression particulièrement oppressante du 15 mars par les actions des quelques manifestants s’étant adonnés au vandalisme anticapitaliste.

Nicolas Quiazua | Le Délit
C’est après vingt minutes de marche que des policiers à cheval ont décidé de se ruer sur les manifestants en signe d’intimidation, déclarant la manifestation illégale à cause d’un projectile lancé. De nombreux étudiants ne voulant se faire associer au Black Bloc étaient donc contraints de subir les tactiques du SPVM qui, ce soir-là, semblait «occuper» Montréal en entier.

Les  étudiants, confrontés à la myriade ahurissante de policiers présents, n’étaient plus libres de marcher pour faire la critique de la répression policière dont ils sont souvent victimes. L’ambiance sonore suffisait à se sentir dans un autre pays; des bombes à quelques secondes d’intervalles, le bruit étouffant des hélicoptères, les cris des manifestants enragés, des gyrophares, et le tout dans un périmètre encerclé infranchissable à moins de piétiner un mur de policiers s’adonnant à du profilage.

C’est cela l’impuissance du révolté, la stérilisation de la mobilisation.

 
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