Un peu de bon sens
22 novembre 2011
RAPPEL! La France, comme une grande partie des pays développés, a la tête sous l’eau.

Le pays est submergé par la crise. François Hollande, candidat socialiste à l’élection présidentielle ne semble pas saisir l’importance de cette situation. La semaine passée, il a signé un accord avec les Verts, principal parti écologiste en France, pour réduire la part du nucléaire dans l’économie française et ce dans l’espoir d’unifier les Français. Est-ce vraiment la direction à prendre?

François Hollande s’est engagé auprès des électeurs des Verts à réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2030 et d’arrêter vingt-quatre centrales sur les cinquante-huit en fonctionnement aujourd’hui d’ici 2025. Selon l’Institut Montaigne, le surcoût pour l’État s’approcherait de 125 milliards d’euros. La cerise sur le gâteau? Suppression de 160 000 postes d’ici 2030.

Je ne sais pas si François Hollande est en train d’essayer de perfectionner un New Deal à la française, mais cela, me semble-t-il, risque d’accroître le chômage. Environ 10% de la population active est déjà sans emploi. Bien entendu, la suppression de postes entraînera une restructuration de l’économie de l’Hexagone, et par conséquent une mise en péril des emplois à long terme. Le seul hic est que la France ne peut tout simplement pas se permettre de penser au long terme; car sa santé économique reste fragile.

Créer des emplois, oui. En supprimer, surtout pas. La crise des subprimes de 2008 et la crise de la dette ont affaibli la performance de la France, et sont toujours d’actualité. Il ne sert à rien de se tirer une balle dans le pied. Les Français doivent déjà vivre avec un taux de chômage monstrueux, et une dette qui commence à être difficile à évaluer; n’en rajoutez pas s’il vous plaît.

Il semblerait que François Hollande dévoile subtilement son idée directrice: améliorer l’aspect «social» de la France. Quelle bonne idée cela aurait été quand la France se portait bien! Pour sortir de la crise, il est pourtant indispensable de sauver l’économie en premier lieu. Ensuite il sera possible de penser au «social».

Cela fait des années que le monde affronte une crise colossale. Cela fait des années que le monde la combat de la même façon. Peut-être y a-t-il une leçon à en tirer. Pensez-vous qu’il soit normal que l’aéroport le moins apprécié au monde –Roissy-Charles-de-Gaule– soit le septième aéroport le plus fréquenté du monde, accueillant plus de cinquante-huit millions de passagers chaque année? Avec un service lamentable et une infrastructure qui n’enchante pas, cet aéroport symbolise en quelque sorte la situation actuelle. La France doit sortir de cette crise moderne. Moderne dans le sens qu’elle doit être plus créative.

Nicolas Sarkozy, à mon sens, manque de cet esprit créateur. Pour pouvoir aller plus loin dans ses réformes, dans son travail, il doit innover. En étant constructeur d’une France plus ouverte au changement il permettrait à la cinquième puissance économique mondiale de se renforcer et de maintenir cette position face aux nouvelles puissance, comme le Brésil, la Russie, l’Inde ou la Chine. Le statu quo n’a jamais permis un développement durable. C’est le chemin le plus direct pour aller au gouffre.

Ce qui manque à la France c’est un esprit visionnaire. Malheureusement, aucun candidat ne semble avoir une image de la France dans cinquante ans. Et cela est le véritable problème.

 
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