Avec une meilleure éducation…
15 novembre 2011
Le 10 novembre, les étudiants se mobilisaient contre la hausse des frais de scolarité et scandaient les tenants de leur frustration.

Qu’on le veuille ou non, le rassemblement de plusieurs milliers d’esprits en ébullition donne certainement des résultats marquants. Lors de la manifestation du 10 novembre 2011, quelques uns des slogans scandés, dansés ou écrits s’inscriront dans l’histoire. Regard sur ce qui a capté l’attention du Délit.

La grande cacophonie de la rencontre. Une symbiose émotive et fracassante entre la foule sur Sainte-Catherine et la masse qui se rend vers le parc Émilie-Gamelin. Au son de l’harmonica, les manifestants scandent avec force «Students will never be defeated».

Toutes les régions, toutes les facultés sont représentées par des slogans comme:
«C’est pas parce qu’on est danseuse, qu’on est niaiseuse» (danse)
«Pas besoin de sexe, on s’fait fourrer» (sexologie)
«Un calcul non justifié, ça vaut rien dans un examen» (génie)
«Beauce en beau calice»
«Les étudiants de Rimouski en beau maudit» (régions)

«Angry Anglos en grève», une pancarte ironiquement tenue par des étudiants en Littérature française. Ils commentent: «Nous sommes très surpris que McGill soit aussi présent dans les rues aujourd’hui. Nous n’aurions jamais cru cela possible!» Guillaume, en deuxième année en littérature française à McGill ajoute: «C’est libérateur de manifester. Tant pis les conventions sociales, on crie notre mécontentement!»

Les traditionnels «Education is a right», côtoyaient les slogans de mauvais goût «Charest on aura ta peau».

«Aux îles-de-la-Madeleine, si les frais de scolarité augmentent, aller à l’école va nous coûter deux fois plus cher qu’ailleurs» rappelle une jeune femme qui brandit le slogan «Les Madelinots vont manquer le bateau». En effet, pour pallier à l’augmentation, les Madelinots risquent de ne plus choisir le système d’éducation québécois, mais plutôt de passer directement du secondaire à l’université anglophone du Nouveau-Brunswick.

Des affiches telles que «I left British Colombia for that?!?» rappellent la diversité des manifestants dans les rues.

Aux fenêtres d’un immeuble, de jeunes enfants à la garderie regardent avec curiosité la foule dans la rue, alors que les étudiants leurs envoient la main et hurlent en chœur: «C’est pour eux qu’on est là!».

Des opportunistes scandent un «Occupy Montreal» qui détonne.

«Now we can’t afford to go to Hogwarts» «L’UQAM est plus chère que Poudlard»… De tous les slogans, le meilleur est sans conteste «Avec une meilleure éducation on aurait des slogans moins cons».

 
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