Mumford & Sons à Montréal
1 novembre 2011
Le groupe britannique a gagné son pari: ils ont fait du Centre Bell une salle intime et survoltée.

Le groupe britannique a gagné son pari: ils ont fait du Centre Bell une salle intime et survoltée.

Le groupe de rock indépendant londonien était de passage dans la métropole pour une deuxième fois depuis le succès de leur premier album Sigh No More, sorti en 2009. Lors de  leur première visite, ils s’étaient produits dans la salle du National. Il faut admettre que cette fois-ci, le défi était de taille: le Centre Bell est davantage reconnu pour ses mégaproductions telles que Lady Gaga ou Coldplay que pour des groupes plus modeste comme Mumford & Sons, habitués à de plus petites salles qui rendent l’ambiance plus chaleureuse et intime.

Après deux premières parties et un interminable entracte, le groupe est finalement arrivé sur scène, dans la pénombre, et a entamé le concert avec «Roll Away Your Stone». La foule a accueilli le refrain en sautillant, chantant les paroles et dansant au rythme de la musique. Dès les premières minutes, le défi était relevé. L’immensité du Centre Bell était oubliée: on était transporté dans un concert intime et authentique.

Crédit photo: Morgan Hotston
À la fin de la première chanson, Marcus Mumford, le chanteur de la formation, a profité de l’occasion pour pratiquer son français, qu’il maîtrise correctement: «Bonsoir Montréal! On va danser ce soir! Oubliez qu’on est dans un aréna: danser et amusez-vous!» Les dames étaient séduites.

Si le groupe a interprété toutes les grandes pièces de leur premier album, il a aussi profité de l’occasion pour jouer quelques morceaux à paraître en février 2012. Les fans ont d’ailleurs été charmés par les nouvelles chansons, pour la plupart des ballades fidèles à leur style emblématique. Ils ont aussi donné une saveur canadienne à leur concert en interprétant leur version de «Dance, Dance, Dance», un succès du célèbre Neil Young.

L’acoustique était excellente, le piano, les guitares, banjos et ukulélés ont résonné avec candeur, mettant au premier plan les cuivres pour les pièces telles que «Winter Winds» et «The Cave». On allait assister à une performance sans anicroche, jusqu’au moment où le groupe a entamé une nouvelle chanson. Après quelques secondes, le chanteur s’exclame «Can we start it again? I just broke a string!», une anecdote loin de déplaire a l’audience, qui a applaudi avec entrain. C’est d’ailleurs ce qu’on apprécie: l’authenticité du groupe et leur réel plaisir à être sur scène.

Vers la fin du spectacle, la performance de Marcus Mumford à la batterie pour la chanson de «Dustbowl Dance» a épaté le public et a véritablement prouvé le talent brut que possède chaque membre du groupe. À l’heure du rappel, des chandails du Canadien ont été remis aux membres du groupe. «Ils ont gagné hier, n’est-ce pas?» a demandé Marcus Mumford. En étant au courant des scores de hockey, c’était maintenant au tour des hommes d’être charmés. Le spectacle s’est terminé sur «The Cave», la chanson que tout le monde attendait impatiemment. Au moment de quitter la salle, on a bien senti la gratitude et la reconnaissance du groupe. Si Mumford & Sons avait séduit la foule, Montréal avait certainement séduit le groupe.

 
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