Sur les traces de la troisième dimension
27 septembre 2011
Modernisme et maquettes au Centre d’architecture de Montréal.

Le modernisme paraît déjà bien loin de nos jours, mais c’est sans compter le riche patrimoine architectural qu’il nous a légué et qui nous entoure quotidiennement. C’est en effet pendant cette période que se développe une nouvelle perception du volume, de la maquette et de l’architecture en général. Vendredi dernier, le Centre Canadien d’Architecture (CCA) proposait aux mordus d’architecture, comme aux simples curieux, de découvrir des travaux miniatures qui sont à l’origine de projets colossaux comme celui du monument à la troisième Internationale à Petrograd.

Photographe inconnu.Gracieuseté du Centre Canadien d’Architecture, Montréal; Don de Howard Schikler et de David Lafayille

Deux salles ont suffi pour accueillir cette exposition modeste mais finement mise en forme. Parmi la centaine de personnes présentes, beaucoup de jeunes griffonnent, bloc-notes à la main. Quelques imprimés rouges sur les murs accompagnent les différentes photographies de maquettes signées Le Corbusier ou encore Buckminster Fuller. Une des œuvres principales de ce dernier se nomme la «Dymaxion House», conçue pour réaliser d’importantes économies lors de la production en chaîne des maisons mais aussi de garantir un environnement moderne et confortable au client. Les photographies des maquettes exécutées par Le Corbusier révèlent quant à elles le génie de l’architecte à travers le concept du «système modulaire d’unité d’habitation». Dispersés sur tout le Vieux Continent, ce sont en fait de grands bâtiments à la fois fonctionnels et design, une véritable révolution à la fin des années quarante.

Au-delà de l’aspect purement lié à l’architecture, l’expo souligne également une «visibilité nouvelle du travail en maquette qui coïncide avec l’avènement de la photographie», selon l’introduction de l’exposition écrite sur un des murs. Ces photographies reconstituent les différentes étapes de construction de la maquette, illustrant ainsi le véritable processus à la fois artistique et mécanique. Par un jeu minutieux de cadrage et de composition, la maquette est transposée dans un champ visuel où elle semble flotter, libre de toute gravité. La photographie de maquette permet donc de représenter l’œuvre sur un arrière-plan neutre à une échelle ainsi indéfinie que seul le spectateur peut déterminer. Il s’agit de laisser courir son imagination et son interprétation personnelle tout au long de l’exposition.

Les propos du commissaire Davide Deriu lors d’une conférence aux alentours de dix-neuf heures suggère également un lien fort entre le traumatisme de la Première Guerre mondiale, l’apparition de médias importants et ces photographies singulières et décalées. La société en général est en pleine période de transition ainsi que son art et ses artistes. Ils découvrent et innovent, permettant ainsi à la plupart des édifices photographiés de s’approprier des formes jusque là inimaginables. On croise donc des formes insolites, ovales ou pointues et l’usage de matériaux et de techniques qui rompent totalement avec les normes de l’époque.
Sur un ton un peu plus détendu, le CCA accueillait également le duo de DJs Leboeuf et Laviolette dans le cadre de l’exposition.

Mélange réussi d’un style musical contemporain et d’Art moderne dans un bâtiment chaleureux. Le vernissage de Modernisme en miniature avait donc de quoi attirer l’attention des amateurs d’événements culturels de la métropole montréalaise, quels que soient leurs intérêts.

Modernisme en miniature
22 septembre 2011 au 8 janvier 2012
Centre Canadien d’Architecture

 
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