Les mots s’offrent en spectacle
20 septembre 2011
Vendredi dernier s’ouvrait la dix-septième édition du Festival international de la littérature, une célébration annuelle où le plaisir de lire devient plaisir de voir et d’écouter.

Olivier Kemeid entre en scène accoutré d’une queue-de-pie et d’un nœud papillon écarlate. Il délaisse sa place habituelle dans les coulisses afin de jouer les maîtres de cérémonie. C’est le Cabaret pas tranquille, et la soirée d’ouverture du Festival international de la littérature.

Gracieuseté du Festival international de littérature

Le Cabaret pas tranquille, c’est un spectacle littéraire qui reprend les mots de romanciers, poètes, penseurs et chansonniers du Québec des années soixante et soixante-dix. La sélection des textes ne prétend pas faire un survol –ni même présenter les classiques– mais s’arrête à quelques pièces d’intérêt, en glissant d’un registre à l’autre, de l’émotion intense au rire franc. Aux espoirs nationalistes des «tranquilles» se succèdent les mots provocateurs des poètes de la contre-culture. Les interprètes se succèdent sur scène, donnant au final une production fort réussie qui évite de tomber dans le nostalgique pour se contenter de célébrer joyeusement.

Le Cabaret pas tranquille a été présenté pour la première fois l’hiver dernier, durant la Nuit blanche du festival Montréal en lumière. Le spectacle avait alors duré six heures, réunissant sur scène une quarantaine d’artistes. En ouverture du FIL, vendredi dernier, une version raccourcie était présentée. Soulignons l’interprétation exemplaire d’Alexis Martin et de Céline Bonnier dans l’Hiver de force de Réjean Ducharme, ainsi que du comédien Marc Béland, qui a joué un texte tiré de L’Asile de la pureté de Claude Gauvreau en révélant dans les mots fous du poète une émotion foudroyante. Ont ainsi défilé une poignée d’interprètes de talent, parmi lesquels Sébastien Ricard, Marie-Thérèse Fortin, Monia Chokri et Évelyne de la Chenelière. Le spectacle s’est clos sur un Stéphane Crête déluré et déchaîné, qui a entonné la Chanson d’amour de cul de Michel Garneau.

Le Cabaret pas tranquille n’était présenté qu’une seule fois dans le cadre du FIL, mais le ton a été donné. Cette année encore, le Festival se donne pour mission de mettre la littérature en mouvement : de la fêter, de la partager, de la proclamer. La lecture, activité solitaire par excellence, se donne ici à voir et à entendre. Que ce soit lors d’un «concert littéraire» alliant littérature et tango, de lectures publiques ou d’un spectacle coquin sous le thème du libertinage, la littérature est toujours reine. Cette année, les «Midis littéraires», ces lectures publiques où le spectateur est invité à apporter son propre lunch, mettront en vedette des textes d’Anne Hébert. Un hommage à Dany Laferrière est également dans les cartes, ainsi que des expositions, quelques projections et plusieurs autres spectacles littéraires.

Ceux qui auraient été séduits par la formule du Cabaret pas tranquille doivent à tout prix assister à l’une des trois représentations de l’incomparable Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent. Avec les années, cette initiative du metteur en scène Loui Mauffette est devenue le spectacle-signature du FIL, et avec raison. C’est une véritable fête littéraire, une orgie de mots qui résonnent, qui touchent, qui donnent le frisson, qui font pleurer ou rire. La poésie n’aura jamais paru aussi belle que dans la bouche des Francis Ducharme, Pascal Montpetit, Benoît McGinnis et autres «passeurs de poésie». Cette année, la mythique Diane Dufresne fera également partie de la distribution. Cela s’annonce mémorable.

Pour plus d’informations et pour la programmation complète, visitez festival-fil.qc.ca

 
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