Sa Sainteté à Montréal
13 septembre 2011
La deuxième conférence mondiale sur les religions du monde: pour se souvenir et garder espoir après le 11 septembre 2001.

Au Palais des Congrès de Montréal le 7 septembre, le dalaï-lama prenait la parole pour rappeler à la foule rassemblée que les religions ne devraient pas diviser mais plutôt réunir les habitants de la planète Terre. «La religion est censée être un remède aux maux des humains», assume d’emblée sa Sainteté, peu après avoir commencé son discours d’une quarantaine de minutes.

Victor Tangermann

D’un naturel jovial, le dalaï-lama portait une casquette sur son crâne dégarni et plaisantait à la fois avec l’audience et les animateurs. Bianca, étudiante en génie à McGill, commente: «Je l’ai trouvé très amusant, très divertissant; je comprends maintenant pourquoi il est si reconnu!». En effet, le chef spirituel sait rallier les foules autant par ses paroles empreintes de foi que par son humour.

L’auditoire prenait diverses formes: des étudiants curieux aux jeans troués aux adeptes du bouddhisme aux yeux fermés et aux doigts joints, ils étaient nombreux à venir saluer la venue du moine bouddhiste.

En cette deuxième conférence mondiale sur les religions du monde après le 11 septembre, le message véhiculé par sa Sainteté s’appuyait sur la philosophie de paix, de tolérance et d’honnêteté prônées par le bouddhisme, mais aussi par toutes les religions. «Toutes les religions ont du bon. Aucune religion ne véhicule des valeurs de corruption par exemple. Les gens corrompus ne sont pas très sérieux dans leur foi, leurs croyances. Et beaucoup de non-croyants sont très honnêtes.»

Par ce discours de paix, le dalaï-lama prêche à la fois un retour à une plus grande spiritualité et à une plus forte tradition religieuse, mais surtout à un monde sans préjugés entourant les religions.

«Le problème majeur avec les religions survient lorsque ses adeptes croient qu’elle est la seule et unique vérité, clamait-il, dans un monde où tout est si connecté et complexe, nous devons apprendre à cohabiter.» Après son allocution, le leader bouddhiste répondait à des questions envoyées par courriel par des membres du public. En réponse à «Comment puis-je sauver le monde?», le dalaï-lama invitait les membres de l’assemblée à réfléchir à l’une des principales valeurs du bouddhisme, l’altruisme. L’enseignant qui avait posé cette question profondément troublante se vit conseillé de trouver la paix intérieure, puis, de l’enseigner aux autres.

Deepak Chopra, reconnu pour sa pratique de la médecine traditionnelle et pour son écriture prolifique, prenait la parole après le dalaï-lama pour parler avec vigueur de religion et des réseaux sociaux, soit Facebook, Twitter, Youtube et tous les autres. «La religion relie les corps et les esprits des pratiquants partout dans le monde. De même, les réseaux sociaux connectent les gens à l’échelle mondiale. Nous devons partager cette expérience par les réseaux sociaux et créer une conscience universelle.»

La conférence d’une journée sur les religions du monde, si elle a su attirer les foules et réjouir les critiques, a été bien courte en temps et plutôt empreinte de lieux communs. Un peu décevant vu le prix des billets et la renommée des conférenciers.

 
Sur le même sujet: