Spécial BD: La fin du monde
6 septembre 2011
Dans la cinquième saison des Notes, Boulet aborde la fin du monde sous de multiples angles.

Depuis près de sept ans, Boulet livre sur son blog (Bouletcorp.com) sous la forme de billets d’humeur des réflexions sur de multiples questions d’actualité. Son sens de l’observation et son imagination dévoilent depuis lors une vision intelligente et piquante du monde actuel.

Gracieuseté des Éditions Shampooing
Pour son nouveau tome intitulé Quelques Minutes avant la fin du monde écrit entre juillet 2008 et juillet 2009, Boulet a choisi comme fil conducteur la fin du monde, thématique très actuelle, voire trop souvent explorée ces dernières années. L’artiste cherche à conserver une certaine fraîcheur dans ses bulles qui interrogent l’évolution de l’Homme et de la société tantôt avec sérieux, tantôt avec humour. Ces planches alternent avec des charmantes et parfois cocasses anecdotes plus quotidiennes. La longueur et le ton des planches varient pour créer un équlibre plutôt réussi entre les passages philosophiques et humoristiques. L’alternance noir et blanc/couleur est agréable et sert admirablement les récits.

On apprécie de retrouver Boulet en format papier puisque ses histoires se prêtent bien à une lecture patiente et attentive que le web tend parfois à précipiter. Le dessin toujours très détaillé, la fréquente abondance de texte ainsi que la longueur de certaines notes –voire leur complexité– semblent en effet destinés à être davantage appréciés sur papier. Si lire les notes de 2008-2009 donnent quelque peu l’impression d’avoir quelques années de retard sur l’actualité de l’auteur, les sujets ne vieillissent pourtant pas: la technologie et les énergies, les relations sociales et amicales, le quotidien en milieu urbain, etc.

On apprécie un peu moins le thème de l’album, peu original puisque visité et revisité par de nombreux artistes depuis quelques années. La fascination actuelle pour la fin du monde et ses traditionnels personnages (zombies et autres monstres divers) semble en effet pousser l’auteur à développer des histoires dont la complexité –ou l’imagination peut-être finalement trop intense– finit par perdre le lecteur. Les anecdotes quotidiennes du bédéiste semblent plus efficaces, par leur format plus court et leur originalité plus constante et touchante.

 
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