Souveraine résurgence
5 avril 2011

Ceux qui effleurent l’onde des rivages endormis
Et qui embrasent la terre d’une lumière de vie;

Ceux qui exhalent les vices de l’Ancien Monde
Par leur gueule pourrie de carences,
Puis s’éteignent, litanie aux lèvres,
Au sein des grèves mornes;

Ceux qui enflent le torse dans la pureté du blizzard,
Leurs membres exsangues dévorés par le froid corrosif;

Ceux qui déflorent la terre à coups de pioche
Pour faire jaillir les premiers flux d’abondance
Des entrailles fertiles de la Terre maternelle;

Ceux qu’on mène à la potence
Pour avoir remué les braises d’un feu déjà éteint;

Ceux qui se noient à contre-courant dans l’océan des barbarismes
Et qui hurlent leur oppression à grands coups de silence
Dans l’atrophie de leur langue arrachée;

Ceux qui abattent les digues aux frontières du monde
Et laissent se déverser des flots de sans-papiers
Qui noient l’idéal sous une mer révulsée;

Celui qui fracasse les rêves épars des esclaves endormis
En sonnant trop fort le gong des vérités;

Ceux qui en crèvent d’envie,
Ceux qui s’abreuvent d’espoir,
Ceux qui dressent l’étendard sur les torrents d’azur;
Ceux qui attisent les forges du Nouveau Monde,
Puis s’enflamment dans les nuées ardentes;
Ceux qui renaissent dans un berceau de cendre
Puis suivent le phénix dans son envol;

Ceux-là vivront jusqu’à demain,
Et ceux-là
Auront une langue pour le raconter.

Raphaël Dallaire Ferland

 
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