La fois où j’ai fait de l’introspection
29 mars 2011
Vous savez que je ne fais pas dans la délicatesse, que je ne m’exprime que rarement avec nostalgie et émotions autrement que pour me tourner en dérision la phrase d’après.

Ainsi, pour bien vous dilater la rate, je vais vous offrir, en guise d’introduction, le discours convenu de la «dernière chronique». Exercice de style.

C’est avec grand regret et non sans une certaine nostalgie que je vous annonce que cette chronique sera la dernière que je publierai cette année dans les pages de notre cher Délit. Je crois que nous avons passé une bonne année ensemble et je m’ennuierai de vos commentaires réfléchis, éloquents et émouvants. Je profite également de cet instant de confession pour vous annoncer tristement que je ne réécrirai pas pour Le Délit. Après mûre réflexion, j’ai constaté qu’il était temps pour moi de quitter cette publication et, en même temps, ma zone de confort, pour relever de nouveaux défis. Je me mords les lèvres pour retenir mes pleurs à la pensée que je ne serai plus publiée par Le Délit, que je n’écrirai plus pour mes trois fidèles lecteurs.

Afin de m’aider à ravaler le petit vomi qui vient de me remonter dans la gorge après avoir écrit tant de mots doux et sucrés, je vais simplement passer à autre chose; je n’écrirai certainement pas 500 mots sur la tragique et triste fin de ma chronique, même si je pourrais le faire, si Gaston Lepage m’en lançait le défi.

L’automne dernier, je vous avais parlé brièvement –mais si votre consommation de psychotropes ou de barbituriques en tout genre est aussi élevée que celle de Pete Doherty, vous ne vous en souviendrez probablement pas– du dernier roman de Bret Easton Ellis, Imperial  Bedrooms (la traduction française s’intitule Suites impériales). À ce moment-là, j’avais un peu écrit ma recommandation comme Slavoj Žižek écrit certaines critiques de films, c’est-à-dire sans en avoir lu plus que la quatrième de couverture. Pour être complètement honnête, parce qu’au fond, les derniers mots que je profère aujourd’hui sur mon lit de mort déliite ne peuvent qu’être empreints de sincérité et d’honnêteté, je n’ai pas encore lu Imperial Bedrooms.

Si je vous en parle, c’est parce que je l’ai commandé quasi aléatoirement la semaine dernière sur Amazon, dans le but de profiter du «Super Saver Free Shipping», et que, quelques jours avant de recevoir ladite commande, j’ai lu un billet délicieux de Bret Easton Ellis, intitulé «Notes on Charlie Sheen and the End of Empire», qu’il a sans doute rédigé après avoir lu dans mes pensées, ou quelque chose comme ça. Parce que je ne peux me priver, pour une dernière fois, de transgresser un peu les règles implicites de l’écriture de la chronique, je ne vous ferai pas le résumé de ce texte; seuls les happy few adeptes d’Ellis comme moi  pourront partager le plaisir de la connaissance avec moi. En ce moment, Imperial Bedrooms repose sur ma table de salon et, ayant goûté de nouveau à sa plume avec son texte pour The Daily Beast, je suis comme une morveuse qui a entraperçu les cadeaux que sa mère va mettre pour elle sous le sapin de Noël: ça me démange de le lire ici et maintenant (surtout que je ne peux me le permettre, pour cause de fin de session), ne me dérangeant de ma lecture que pour répondre à mes besoins primaires, comme celui de m’arroser le fond de la gorge avec un verre de Pepsi ben frette.

M’accordant, cette fois en guise de conclusion, un paragraphe autoréflexif sur ma pratique de la chronique, je pense que j’ai bien bouclé la boucle, en vous reparlant de ce dont je vous avais parlé dans ma première chronique, à savoir mon amour brûlant et inextinguible pour le Pepsi et Bret Easton Ellis. Ah, et Lance et Compte. Et Twin Peaks aussi. Si je veux faire de mes textes un tout circulaire et cohérent, il faut bien que je les mentionne avant de me la fermer une fois pour toutes.

OK, ciao la gang.

 
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