Plaidoyer pour l’engagement
10 novembre 2010
L’homme qui a serré la main du diable est venu à Concordia éclaircir la problématique des enfants-soldats et promouvoir l’engagement social.

C’est dans le grand auditorium de Concordia que l’Honorable Lieutenant-Général et Sénateur Roméo Dallaire est venu offrir une conférence axée sur l’engagement de la jeunesse dans le monde aux chanceux qui ont réussi à se tailler une place assise, dans un fauteuil ou sur les marches.

Avec une aisance déconcertante sur scène, M. Dallaire est venu sensibiliser l’auditoire à la question des enfants-soldats dans les pays victimes de guerres civiles et de guérillas. Il a dénoncé l’utilisation des enfants par les groupes armés comme une arme de guerre. Ainsi, il a présenté l’organisation qu’il chapeaute: Zero Force, qui cherche à bannir l’utilisation des enfants comme armes de guerre.

M. Dallaire est venu souligner que le Canada avait beaucoup à donner au monde entier. Il rappelle à l’auditoire les exploits du Canada lors de la Deuxième Guerre mondiale où un million de jeunes hommes et jeunes femmes sont allés défendre la liberté en Europe. M. Dallaire a décrit la période actuelle comme une période de révolution où l’avenir est entre nos mains: «The future is yours to shape not to survive; are you participating in the shape or surviving the future?» a-t-il lancé à l’auditoire déjà conquis.

M. Dallaire a demandé aux jeunes étudiants universitaires présents d’harceler leur député fédéral pour ne pas abdiquer devant les politiciens: «You hold the balance of power this great democracy that is Canada». Il a dénoncé le manque de vision des affaires étrangères du Canada affirmant que les politiques étrangères n’étaient pas considérées lors des élections et que le statu quo (au niveau de la politique étrangère) était synonyme de régression dans cette ère de changement et d’incertitude. Aussi a-t-il porté le message de la nécessité pour le Canada d’avoir une vraie et concrète politique étrangère.

L’esprit vif et accrocheur, M. Dallaire a exhorté les jeunes présents à prendre les choses en main:  «Leadership will always produce results well above what the science of management predicts as possible; where leadership will influence human beings and there is no limits to human beings». C’est dans cette optique de prise en main que M. Dallaire a décrit le nouveau désordre mondial où 80% de la population mondiale vit dans la pauvreté: les nettoyages ethniques et génocides sont plus fréquents qu’avant, la peur du terrorisme a embrasé la planète et il existe toujours au moins 27000 ogives nucléaires connues et 3000 non répertoriés. Tout cela dans un contexte où on ne sait plus qui sont les gentils et qui sont les méchants comme lors de la Guerre Froide. Il a vivement dénoncé le fait que les enfants sont devenus la principale cible des guerres civiles où désormais 60% des enfants utilisés comme enfants-soldats sont des garçons et que 40% sont des filles.

M. Dallaire n’a pas pu esquiver la question du Rwanda, mentionnant que l’ONU n’avait pas laissé tomber le Rwanda, mais qu’il s’agissait bien des états souverains dans le monde qui avaient laissé tombé le Rwanda. Il a décrit l’inaction comme une action.

En conclusion de son exposé, M. Dallaire a rappelé à l’auditoire que le monde avait besoin d’une nouvelle génération de leaders, en faisant référence aux jeunes dans la salle. Au long de la conférence, M. Dallaire avait demandé à plusieurs reprises si un enfant né au Canada valait plus qu’un enfant né en Afrique; et si les pays riches laissaient passer la menace des enfants-soldats dans les pays en guerre, alors oui un enfant né au Canada valait plus qu’un enfant né en Afrique aux yeux des dirigeants qui laissaient cette situation continuer. Il a ré-enchérit et conclu en disant que «All humans are human and therefore every child born in the world has the same value

 
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