Les grands ballets de l’Univers
18 octobre 2010
En ce début de millénaire, la tradition commune est issue du monde scientifique, dans lequel la religion et la mythologie perdent du terrain... jusqu’à être relégué au statut de tabou?

Le mythologue Joseph Campbell a passé ses deux derniers étés à discuter avec le journaliste de télévision Bill Moyers à propos de mythologie. Le résultat: un documentaire et un livre d’accompagnement intitulé Joseph Campbell et le pouvoir du mythe, qui tente d’explorer la nature des grands principes, des idées et des mystères dans lesquels l’humain a toujours vécu. Cette œuvre, explique Campbell dans l’entretien, ont trait aux «problèmes internes profonds, les mystères internes, et les seuils internes du passage.»

Campbell décrit la mythologie comme «la chanson de l’univers» au rythme de laquelle nous dansons tous, même si nous ne nous en rendons pas nécessairement compte. Nous faisons tous partie de la mythologie; c’est une manifestation naturelle de l’expérience humaine.

S’il est vrai que la mythologie imprégnait plusieurs facettes du quotidien des anciennes civilisations et cultures, est-elle toujours présente dans les rouages de la société moderne? Le monde change à une vitesse étonnante, et l’innovation technologique est sans répit. Face à ces changements, l’Homme peut-il encore danser? La mythologie est-elle en voie de devenir taboue dans notre société moderne, ou l’est-elle déjà ?

«La mythologie est un puits de réponses, de la même façon que la religion ou la science le sont» rapporte Whiteside, étudiant à McGill et à Concordia. «En même temps, du point de vue de la mythologie en tant qu’histoires, je pense que c’est une manière valide d’y penser et de divorcer avec l’abstrait de la réalité.» À McGill, Whiteside passe ses heures d’études à traduire des œuvres grecques et latines. Il explique également que la mythologie est une source d’inspiration pour ses gravures.

«Je ne crois pas personnellement que les réponses apportées par la technologie entrent en contradiction avec celles issues du monde mythologique» explique Margaret Palczynski, professeur d’études classiques à McGill, dans une entrevue électronique. «Le mythe est une (it)expression naturelle(it) de notre humanité, tandis que la technologie est une conséquence naturelle de notre (it)capacité(it) humaine. Cette première contribue de plusieurs façons à la création, la préservation et la dispersion des mythes, anciens et modernes.» Depuis 15 ans, Madame Palczynski dispense le cours Introduction to Classical Mythology à des étudiants qui viennent de tous département académiques. Madame Palczynski commence maintenant à intégrer dans son cours une exploration de l’origine des mythes et de leur importance dans certaines sociétés.

«À mon avis, explique Palczynski, la mythologie est un phénomène qui nous permet non seulement de nous exprimer, de comprendre, et d’apprendre beaucoup sur la signification du fait humain à travers les âges et les sociétés.» Le professeur ajoute que la mythologie y est aussi pour nous en apprendre sur le vivre-ensemble.

De cette ère globale, des nouveaux mythes émergeront-ils, demandait Moyers en concluant l’entretien? Campbell répond que, sans doute, si un nouveau mythe avait à naître, il aurait assurément trait à la nouvelle imperméabilité des frontières, et à l’union de toutes les nations.

 
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