EXCLU WEB: The Social Network, une fiction de génie
5 octobre 2010
À Harvard, en 2003, Mark Zuckerberg a une idée de génie: Facebook. En l’espace de quelques mois, le réseau social est né.

Dans son film The Social Network, librement adapté du roman The Accidental Billionaires: The Founding Of Facebook, A Tale of Sex, Money, Genius, and Betrayal de Ben Mezrich, David Fincher romance la naissance du célèbre réseau social Facebook et surtout l’histoire de son fondateur, Mark Zuckerberg. David Fincher s’amuse dans The Social Network à brouiller les limites entre la réalité et la fiction, ce qui n’a apparement pas vraiment plu aux créateurs de Facebook, ainsi qu’à divers critiques qui s’offusquent d’une histoire pas assez fidèle à la réalité. Le réalisateur de Seven et de The Curious Case of Benjamin Button livre pourtant avec The social network une fiction filmée de main de maître et servie par des comédiens hors pair qui se distinguent tous par leur excellence.

Mark Zuckerberg, protagoniste incroyablement complexe et incernable, est magistralement interprété par Jesse Eisenberg qui fait osciller son personnage entre magnat ambitieux, méprisable et jeune adolescent incroyablement intelligent. Socialement inapte, Mark semble presque être autiste (même si ce n’est jamais vraiment assumé par la réalisation), ne réalisant pas les conséquences de ses actes dès les premières minutes du film. Dans la première scène, Mark expose à sa petite amie, Erica, sa volonté de faire partie d’un final club, un de ces clubs américains secrets qui font envie à un grand nombre d’étudiants en quête de reconnaissance et de réussite. Non seulement ne se rend-il pas compte qu’il blesse Erica qui ne peut avoir accès à ces clubs de par son statut social, mais il ne réalise pas l’impact des insultes qu’il finit par lui adresser publiquement sur son blogue. Excellente scène introductive, cette discussion montre que Mark est un jeune homme complexe et non un être sans cœur. Il est pris entre des considérations propres à son âge, sa résolution de mettre sur pied Facebook et un génie qui le tient nécessairement à l’écart des autres.

Ces autres, ce sont notamment Eduardo Saverin, talentueusement interprété par Andrew Garfield, que l’on a pu apercevoir dans Lions for Lambs, The Other Boleyn Girl et Boy A, et Armie Hammer qui réussit l’exploit de jouer chacun des jumeaux Winklevoss, Cameron et Tyler. Ces jeunes acteurs sont définitivement à surveiller, puisqu’ils parviennent à rendre leur personnage secondaire essentiel à l’intrigue. À souligner aussi, la performance de Justin Timberlake qui sert admirablement ses partenaires à l’écran, et ce malgré son rôle assez peu flatteur.

Grinçant et amusant, The Social Network est un excellent divertissement hollywoodien, un film de qualité qui raconte avec efficacité une histoire dont il n’importe pas qu’elle soit fidèle ou non à la réalité, contrairement à ce que s’obstinent à croire certains critiques. Et au fond, si le film réussit pour certains à brouiller la limite entre la réalité et la fiction, ce n’est qu’une réussite de plus à accorder à ce film puisqu’il reflète ainsi fidèlement le fonctionnement même de Facebook.

 
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