La tasse est archi pleine
28 septembre 2010
Le débat sur l’Arch Café investit le Sénat mcgillois.

Sauvons l’Arch Café! C’est le cri de ralliement des quelques centaines d’étudiants qui s’étaient réunis devant les portes du Sénat de McGill pour réclamer la révision de la décision de l’administration. L’annonce de la fermeture de l’Architecture Café par Morton J. Mendelson, «premier vice-principal exécutif adjoint études et vie étudiante», avait déclenché la mobilisation de plusieurs centaines d’étudiants sur le réseau social Facebook.

Rendez-vous était donc pris pour le mercredi 22 septembre, devant le bâtiment Leacock, pour faire entendre aux Sénateurs la voix des étudiants mécontents. Si le nombre de manifestants était loin d’atteindre les 1500 participants ayant confirmé en ligne leur présence, l’enthousiasme ne manquait pas. Armés de multiples instruments et des pancartes bigarrées proclamant «Rendez-nous notre/Give us back our Arch Café» imprimées par The McGill Daily, les manifestants ont tenté de se faire entendre jusque dans l’enceinte du Sénat, sans grand succès.

L’administration avait prévu un impressionnant dispositif de sécurité. En plus de la dizaine d’agents Securitas, les cadres du service étaient présents. Au motif qu’il n’y avait que vingt places assises disponibles dans l’enceinte du Sénat, le nombre d’observateurs a été limité. C’est donc depuis des bancs à moitié vides, et sous surveillance d’un agent de sécurité (là encore, fait exceptionnel) que Le Délit a pu assister à cette séance un peu particulière.

Après avoir pris soin de rappeler qu’il est interdit de procéder à l’enregistrement sonore et/ou vidéo des débats du Sénat, Heather Munroe-Bloom (HMB) a ouvert la séance, ne faisant à aucun moment mention des événements extérieurs.

Quand est venu le tour de la question des Sénateurs étudiants concernant l’Arch Café, M. Mendelson a expliqué que le déficit substantiel de l’université ne lui permettait pas de subventionner le repas de quiconque. Will, coordonateur du tout jeune site consacré à l’actualité du campus, thebubble.ca, souligne avec humour mais non sans justesse que «l’université a financé un barbecue géant gratuit lors de la semaine de la sécurité à quelques mètres seulement de l’Arch Café».

Évoquant les pertes financières de l’établissement, M. Mendelson a indiqué que la situation du café n’était pas viable, d’un point de vue financier autant que managérial. Le vice-principal, que d’aucuns appellent Voldemort depuis qu’un Sénateur a osé la comparaison, a maintenu son refus de publier les détails de la comptabilité du café. Position qui ne manque pas d’attiser l’inimitié à l’égard d’un homme qui semble être régulièrement placé en première ligne lorsqu’il s’agit de prendre des décisions impopulaires.

La tentative du président de l’AÉUM, Zach Newburgh, de soumettre une résolution au vote du Sénat a été rapidement avortée par un très sec «ce n’est pas à l’ordre du jour» de HMB, avant même qu’il n’ait eu le temps de la lire. A quoi l’étudiant a répondu par la sollicitation d’un vote du Sénat pour s’opposer à la décision de la présidente du Sénat, HMB en l’occurrence, pour non respect des procédures.

Vaine tentative. En effet, s’il a emporté l’unanimité des huit Sénateurs étudiants, Zach Nemwburgh n’a reçu comme autre soutien que l’abstention de deux autres Sénateurs, le reste de la cinquantaine de Sénateurs présents ayant voté contre.

S’en est suivi un débat entre la représentation étudiante menée par Josh Abaki, vice-président aux affaires universitaires de l’AÉUM et M. Mendelson. «Tout ce que demandent les étudiants, c’est de la consultation». À quoi l’administrateur a répondu. «Il s’agit d’une décision administrative. La gestion de points de restauration par les étudiants a généré un certain nombre de problèmes sur lesquels je ne souhaite pas m’étendre. L’université n’a pas l’intention de revoir sa position.»

Le Bureau des Gouverneurs statuera sur le sort de l’Arch Café ce mercredi 29 septembre.

 
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