Illuminations montréalaises
16 février 2010
La onzième édition du Festival Montréal en Lumière est à nos portes. L’espace de quelques jours, la ville s’animera d’une foule d’activités culturelles et artistiques qui auront tôt fait de dissiper la froideur de l’hiver.

Le Festival Montréal en Lumière est un îlot de chaleur au coeur de l’hiver. C’est la ville des festivals qui cesse d’hiberner et qui sort de sa torpeur pour retrouver le dynamisme et l’effervescence des mois d’été. Une grande fête hivernale qui illumine de mille feux l’éternelle grisaille de l’hiver montréalais. Les festivités prennent d’assaut la cité, quartier par quartier: si la toute nouvelle Place des Festivals accueillera nombre de visiteurs cette année, il demeure que le coeur névralgique de la fête se trouve sur les Quais du Vieux-Port et dans les rues du Vieux-Montréal. Une belle occasion de redécouvrir la métropole sous un autre jour!

La musique classique sera à l’honneur au festival de cette année avec la présence, entre autres, de Kent Nagano et de l’OSM.

Sur les planches

Une foule de spectacles seront présentés dans de nombreuses salles. D’abord, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, on aura droit cette année à des événements de marque. Le chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin est de retour dans la métropole et fera un concert le dimanche 21 février avec l’Orchestre philarmonique de Rotterdam qu’il dirige depuis peu. La musique classique disposera donc d’une place de choix dans la programmation, puisque l’Orchestre symphonique de Montréal tiendra également deux représentations, les 23 et 24 février avec l’interprétation d’oeuvres de Brahms et de Beethoven. Toujours à la Place des Arts, le public montréalais aura la chance de voir ou de revoir sur scène les interprètes de l’acclamé 12 Hommes rapaillés, un album qui a eu un succès critique époustouflant, célébrant, à travers certaines des plus belles voix du Québec, les textes du grand poète Gaston Miron. Les planches de la salle Wilfrid-Pelletier recevront parallèlement, le 26 février, des invités de marque: les membres du Buena Vista Social Club débarqueront pour nous procurer une bonne dose de chaleur cubaine.

Dans les autres salles montréalaises, le temps sera à la fête. En plus des nombreuses découvertes que le Festival propose, plusieurs grands noms seront de la partie. Le Métropolis accueillera plusieurs d’entre eux, dont le slammeur français Grand Corps Malade, qui nous rendra visite le 19 février prochain. Le lendemain, ce sera au tour de Yann Perreau, l’excentrique favori des Québécois, de nous y faire la démonstration de ses talents. Les Trois Accords, quant à eux, monteront sur les planches le jeudi 25 février pour nous faire découvrir les succès de leur plus récent album, Dans mon corps.

Parmi les autres artistes qui se produiront au Festival, on note la présence de Chloé Sainte-Marie le 27 février au Gesù, de Ian Kelly le 25 au Club Soda, de Jorane les 18 et 19 dans le magnifique décor du Lion d’Or et finalement de Papagroove le 19 à la Maison du Festival. Les airs de fête s’étendront même vers l’est jusque dans les locaux de la Tohu, où la célèbre troupe Les 7 doigts de la main offrira une série de spectacles.

L’Événement Lumières

Après le succès de la première édition de l’événement, qui s’est tenue l’an dernier dans le Vieux-Montréal, les organisateurs du Festival récidivent en investissant cette fois l’espace tout neuf de la Place des Festivals. On ne sait pas grand chose du programme de la soirée mais, chose certaine, ça promet: pas moins de soixante artistes seront de la partie, dont le très en vogue DJ Dee. On nous assure que les festivaliers en auront plein la vue! L’Événement Lumières se tiendra le samedi 20 février, et il est à parier qu’on pourra le voir de loin.

La Nuit blanche

Le clou du festival, année après année, demeure la tenue de l’incontournable Nuit blanche durant laquelle la ville se tient en éveil jusqu’à l’aube. Cette année, elle aura lieu dans la nuit du samedi 27 février, et une myriade d’activités est prévue pour l’occasion. Encore une fois, les festivaliers n’auront aucun mal à combattre le sommeil! Du Vieux-Montréal au centre-ville en passant par les rues du Plateau, la ville ne fermera pas l’oeil de la nuit. De nombreuses expositions et projections auront lieu, en plus de quelques ateliers et rassemblements, créés dans le but de promouvoir la vie artistique et culturelle montréalaise. Les portes seront ouvertes jusqu’au matin dans bon nombre de galeries et musées de la ville dont le Musée des Beaux-arts, le Musée d’Art Contemporain, le Centre Canadien d’Architecture, le Musée de Pointe-à-Callière et plusieurs autres. Les curieux pourront également visiter la Tour de la Bourse et l’hôtel de ville en pleine nuit, de même que se payer une visite au Planétarium ou, pourquoi pas, au Biodôme. Le Studio Juste pour rire proposera quant à lui trois spectacles d’humour et la Ligue Nationale d’Improvisation tiendra un match spécial au Complexe Desjardins. La Grande Bibliothèque sera l’hôtesse de plusieurs activités originales, de même que les locaux de la Cinémathèque québécoise, de la SAT et de l’ONF. Si les spectacles musicaux sont plus rares cette année qu’ils ne l’étaient par les éditions précédentes, les fêtards se feront toutefois un plaisir de passer par le Métropolis, où se tiendra jusqu’à l’aube un bal masqué organisé par l’équipe de Bande à part. Seront présents entre autres: Xavier Caféine, Misteur Valaire et Duchess Says. Plusieurs théâtres se joindront à la fête, notamment le TNM et La Licorne. Certaines institutions montréalaises participeront aussi à l’effervescence de la nuit, parmi lesquelles le Laïka, le Santropol, l’Ex-Centris et de nombreuses adresses du boulevard Saint- Laurent.

Dans l’assiette

Montréal en Lumière, c’est également une célébration de la gastronomie. Partout à travers la ville, certains des plus grands chefs du monde profitent de l’occasion pour ravir vos papilles.

Cette année, avec pas moins de vingtet- un chefs invités, le Festival nous offre un double hommage au Portugal et à la Nouvelle-Orléans. Aucun doute possible, les Montréalais auront l’occasion de faire de belles découvertes. Si votre budget étudiant ne vous permet pas de passer par l’un des Repas du Festival, pour lesquels il faudra généralement débourser une ronde somme, arrêtez-vous au Carrefour des saveurs du Complexe Desjardins, un marché où les gourmands pourront goûter et acheter des produits d’ici. Les organisateurs du Festival vous proposent également «46 façons d’atteindre son plaisir» avec un carnet d’adresses gastronomiques des plus alléchants. Si certains classiques s’y trouvent, comme Toqué, c’est assurément une belle occasion de découvrir une bonne table.

Pas un rond?

Malajube lancera le bal sur les Quais du Vieux-port jeudi prochain.

Les festivaliers qui auraient un budget plus serré n’auront pas à se priver avec la foule d’activités gratuites que propose Montréal en Lumière. En plus des événements tenus dans le cadre de la Nuit blanche, qui sont pour la plupart gratuits, il y aura moyen de s’amuser sans trop dépenser. Cette année, les activités seront d’ailleurs encore plus nombreuses, puisque la Place des Festivals est venue se joindre au bal et proposera, entre autres, des soirées animées par des conteurs. Les arts de la rue seront à l’honneur avec d’innombrables animations originales venues réchauffer le coeur des passants frigorifiés. Patinage, atelier de tricot, glissades, flambeaux et feux d’artifice, musique et danse pour les noctambules, il y en aura pour tous les goûts. Près des Quais, une grande roue dominera la fête et un labyrinthe géant accueillera les plus téméraires.

Ne manquez pas l’exposition gratuite des croquis du mythique Leonard Cohen, qui aura lieu à la Maison du Festival. Des dessins qui proposent un regard intime et particulier sur l’oeuvre de l’artiste montréalais. Peut-être reconnaîtrez-vous la silhouette de Suzanne dans l’une des esquisses.

Notez que plusieurs spectacles gratuits auront lieu sur les Quais du Vieux- Port. La Patère Rose et les excellents We Are Wolves y seront, les 19 et 26 février pour réchauffer l’atmosphère. La soirée d’ouverture du Festival, quant à elle, a été confiée à nul autre que Malajube, qui montera sur scène le jeudi 18 février pour amorcer les festivités. Quoi de plus naturel que de convier la formation qui, avec son «Montréal -40°C», a créé un véritable hymne aux hivers montréalais?

Avec une telle programmation, les montréalais auront de quoi patienter en attendant la saison estivale. Enfilez donc des combines sous vos skinny jeans, armez- vous de vos caches-oreilles et de vos mitaines, et prenez l’hiver d’assaut!

 
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