Bang! Bang! Lucky Luke
2 février 2010
Un Lucky Luke incarné par Jean Dujardin qui sait bien donner vie au personnage qui tire plus vite que son ombre.

Curieux mélange entre le Far West sale et poussiéreux du XIXe siècle et l’Europe d’aujourd’hui, le film fait rire et glousser dans le temps qu’il faut pour dire «BANG!».

Reconstituant fidèlement l’univers de- Morris et Goscinny dans une toute nouvelle aventure, celui à qui l’on doit notamment Brice de Nice et Hellphone nous entraîne dans les souvenirs de Luke, expliquant le pourquoi et le comment du cowboy solitaire, et ficelant solidement sa biographie autour d’une comédie western nouveau genre.

Plusieurs années après qu’il ait vu mourir ses parents, fauchés par le plus redoutable gang de l’Ouest, Lucky Luke est invité par le président des États-Unis à débarrasser Daisy Town de méchants envahisseurs empêchant la construction du chemin de fer transcontinental.

Le héros prend alors un tout nouveau visage: il abat le sheriff au cours d’un duel, lui qui s’était juré de ne jamais tuer. L’histoire dégénère en une véritable remise en question pour le cowboy qui gère la situation en abandonnant le colt pour la fourche.

La belle brochette de personnagesqui se donnent la réplique tout au long de l’histoire ajoute un air de fête à l’aventure. Calamity Jane (Sylvie Testud), la mec-femme aux sentiments blessés, Jesse James (Melvil Poupaud), l’acteur qui cite maladivement Hamlet, et Billy the Kid (Michael Youn), le gamin aux canons-jouets meurtriers, apparaissent tous lorsque Lucky Luke décide de jeter les armes et de changer de vie. Fidèle à son interprétation dans OSS 117, Jean Dujardin se prête particulièrement bien au jeu. Le choix des acteurs n’aurait pu être mieux orchestré.

Toutefois, la liste des personnages semble, quant à elle, étonnamment succincte. Les Indiens et les incontournables Dalton, par exemple, ont malheureusement été tenus à l’écart tandis que Jolly Jumper, le bel étalon du héros, est insuffisamment exploité malgré le fait qu’il parle. L’humour décousu et absurde du film sera peut être difficile à gérer pour un fan de la bande dessinée.

Comment rire sans craindre de ternir l’image du héros autrefois sans faiblesse, quand un Lucky étonnement humain prend la vedette dans cette adaptation? Et Lucky Luke fermier, vraiment, quelle honte! Il reprend heureusement ses esprits lorsqu’il s’écrie, faisant fi de tous les tabous de langage: «Putain, c’est chiant d’être fermier!». Impossible de passer à côté de l’accent et du burlesque bien assumé qui pourront parfois irriter le puritain et le maniaque de films de cowboys bien américains.

Le grand souci esthétique du réalisateur est mis de l’avant par des prises de vue magnifiques et par les couleurs frappantes de l’Argentine, où se déroulait le tournage. Le montage cohérent, les décors fidèles aux bandes dessinées, la musique et les intentions dignes des longs-métrages de Sergio Leone: voilà ce que semble être la recette du nouveau genre cinématographique concocté par le réalisateur James Hunt. Ceux qui sauront apprécier ces scènes où des méchants se menacent en troquant fusils et couteaux pour sucettes et bananes retrouveront donc avec plaisir leur héros d’enfance.

 
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